Ford : Jim Farley répond aux critiques de Ted Cruz

Jim Farley, PDG de Ford, répond aux attaques de Ted Cruz après le report d’une audience sur l’accessibilité des voitures neuves.

Le report d’une audition parlementaire aux États-Unis a donné lieu à un échange tendu entre le sénateur républicain Ted Cruz et le PDG de Ford Motor Co., Jim Farley. Accusé par l’élu texan d’avoir évité de témoigner devant le Congrès, le dirigeant du constructeur automobile américain a choisi une réponse mesurée, mettant en avant ses priorités industrielles et un calendrier particulièrement chargé autour du Salon de l’automobile de Detroit.

Une réponse mesurée du PDG de Ford

Interrogé par des journalistes en marge du Salon de l’automobile de Detroit, Jim Farley a balayé les critiques du sénateur Ted Cruz sans entrer dans la polémique. « Franchement, je dirige une entreprise automobile et c’est ma priorité », a déclaré le PDG de Ford. Il a ajouté que la semaine en cours était particulièrement dense à Detroit, faisant référence à l’organisation du salon automobile, événement majeur pour l’industrie automobile nord-américaine.

Le dirigeant a souligné que son absence à Washington n’était pas motivée par une volonté d’éviter le Congrès, mais par des contraintes d’agenda liées à des événements stratégiques pour le groupe. Selon lui, ce n’était « pas le bon moment pour être à Washington, D.C., quand nous avons tant à faire à Detroit ». Cette prise de position vise à recentrer le débat sur les responsabilités opérationnelles d’un PDG de constructeur automobile, dans un contexte de profondes mutations du marché.

Une audition reportée sur fond de tensions politiques

L’audience en question devait porter sur l’accessibilité financière des automobiles, un sujet sensible alors que les prix moyens des voitures neuves aux États-Unis ont dépassé les 50 000 dollars. Ted Cruz avait convoqué les dirigeants de l’industrie automobile à Washington afin qu’ils expliquent les raisons de cette hausse et détaillent les mesures prises face à ce qu’il qualifie de crise d’accessibilité du secteur.

Cependant, Jim Farley avait indiqué qu’il ne pouvait pas être présent en raison de conflits d’emploi du temps avec l’ouverture du Salon de l’automobile de Detroit. Le report de l’audience a été décidé plus tôt ce mois-ci. Aucune nouvelle date n’a, à ce stade, été annoncée.

Le format même de l’audience a également suscité des réticences. Tesla Inc. devait être représenté par son ingénieur en chef, tandis que Ford, General Motors et Stellantis NV étaient invités à envoyer leurs PDG. Jim Farley se serait montré peu enclin à participer dans ces conditions. La PDG de General Motors, Mary Barra, a exprimé une position similaire, estimant qu’une audition équitable devrait réunir uniquement des PDG, ce qui impliquerait la présence d’Elon Musk pour Tesla.

Accusations sur les véhicules électriques et les aides fiscales

Après le report de l’audience, Ted Cruz a vivement critiqué Jim Farley lors d’une interview accordée le 6 janvier à Politico. Le sénateur a accusé le dirigeant de Ford d’avoir fait perdre 19,5 milliards de dollars aux actionnaires en raison de charges liées à des actifs de véhicules électriques jugés sous-performants. Il a également reproché au constructeur de tenter de « tromper les contribuables américains ».

Ces accusations font référence à un plan, depuis abandonné, qui visait à prolonger les crédits d’impôt fédéraux de 7 500 dollars pour les consommateurs de véhicules électriques. L’idée consistait à permettre aux concessionnaires de continuer à proposer ces avantages fiscaux sur les véhicules loués. Ted Cruz a présenté cette initiative comme une tentative de contourner l’esprit de la réglementation en vigueur.

Dans ses déclarations à Politico, le sénateur est allé plus loin, affirmant que « pour une raison ou une autre, il semble que Jim Farley était terrifié de témoigner devant le Congrès ». Des propos que le PDG de Ford n’a pas directement commentés, préférant insister sur ses obligations professionnelles et sur l’importance des événements organisés à Detroit.

Parmi ces priorités figuraient notamment la présence du président des États-Unis, la tenue du Salon de l’automobile de Detroit et le lancement du programme Formule 1 du constructeur. Autant d’éléments que Jim Farley a cités pour justifier son absence à Washington et souligner le contexte exceptionnel de la semaine.

Notre avis, par leblogauto.com

Cet échange illustre les tensions croissantes entre responsables politiques et dirigeants de l’industrie automobile autour des prix des véhicules et de la transition électrique. La réponse de Jim Farley reste factuelle et centrée sur les impératifs industriels de Ford. Le report de l’audience met aussi en lumière les désaccords sur la représentation des constructeurs, notamment face à Tesla. Enfin, les critiques sur les véhicules électriques montrent que ce segment reste un enjeu économique et politique majeur aux États-Unis.

Crédit illustration : Ford.

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