GM veut couper sa dépendance à la Chine d’ici 2027

General Motors demande à ses fournisseurs d’éliminer les pièces chinoises d’ici 2027 pour renforcer la résilience de sa chaîne d’approvisionnement.

GM accélère la relocalisation de sa chaîne d’approvisionnement

Le constructeur automobile General Motors (GM) a demandé à plusieurs milliers de ses fournisseurs de retirer progressivement la Chine de leurs chaînes d’approvisionnement. Selon plusieurs sources proches du dossier, GM souhaite que ses partenaires trouvent des alternatives pour leurs matières premières et composants, avec un objectif fixé à 2027 pour mettre fin à certains liens d’approvisionnement chinois.

Cette directive, initiée à la fin de 2024, a pris une nouvelle ampleur au printemps 2025 dans un contexte de tensions commerciales accrues entre les États-Unis et la Chine. Les dirigeants de GM affirment que cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de « résilience industrielle », destinée à sécuriser la production automobile face aux perturbations géopolitiques.

Les tarifs douaniers variables imposés par Washington, notamment sous l’administration Trump, ainsi que la volatilité des échanges sino-américains, ont profondément affecté les chaînes logistiques du secteur automobile. Ces incertitudes, combinées à des pénuries récurrentes de terres rares et de semi-conducteurs, poussent GM et d’autres constructeurs à repenser leur dépendance envers la Chine.

Un recentrage sur l’Amérique du Nord et la diversification des sources

L’initiative de GM cible principalement les pièces et matériaux destinés à la production en Amérique du Nord, région où le constructeur fabrique la majorité de ses véhicules. L’entreprise souhaite désormais s’approvisionner localement, privilégiant les fournisseurs nord-américains. Cependant, GM reste ouvert à des partenariats avec des producteurs étrangers, à condition qu’ils ne soient pas basés dans des pays sous restrictions commerciales américaines tels que la Chine, la Russie ou le Venezuela.

Déjà engagée dans la réduction de sa dépendance chinoise pour les matériaux de batteries et les puces électroniques, GM a multiplié les partenariats aux États-Unis. L’entreprise collabore notamment avec une société américaine de terres rares et a investi dans une mine de lithium au Nevada afin de sécuriser ses approvisionnements en matériaux critiques pour la production de véhicules électriques (VE).

Cette stratégie de relocalisation partielle s’inscrit dans une tendance plus large du secteur automobile américain, où constructeurs et équipementiers cherchent à reconstruire une base industrielle locale. Le responsable des achats mondiaux de GM, Shilpan Amin, a récemment souligné que le risque de ruptures d’approvisionnement imposait désormais de prioriser le contrôle et la transparence plutôt que la simple recherche de coûts bas.

Un contexte géopolitique instable et des défis logistiques majeurs

Les tensions commerciales entre Washington et Pékin restent un facteur de risque majeur pour l’industrie automobile. Malgré des discussions récentes entre Donald Trump et Xi Jinping ayant permis de lever certains droits de douane, les acteurs du secteur demeurent prudents. Les pénuries de pièces et les restrictions chinoises sur les exportations de terres rares ont mis en lumière la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales.

En avril 2025, la Chine a imposé de nouvelles restrictions sur les exportations de composants contenant des terres rares, essentiels à la fabrication de moteurs électriques et de systèmes électroniques automobiles. Puis, en octobre, Pékin a élargi ces limitations à d’autres éléments stratégiques. Cette situation a entraîné une course aux stocks chez les constructeurs, désireux d’éviter de nouvelles interruptions de production.

Fin octobre, un différend technologique et juridique entre les autorités chinoises et néerlandaises a aggravé les tensions : la Chine a suspendu les livraisons de puces électroniques Nexperia, largement utilisées dans l’électronique embarquée des voitures. Cette décision a ravivé les craintes d’arrêts d’usines et renforcé la volonté de GM de reconfigurer en profondeur sa logistique mondiale.

Cependant, déplacer une chaîne d’approvisionnement hors de Chine reste une opération longue et coûteuse. Le pays s’est imposé depuis des décennies comme un acteur incontournable dans la production de composants électroniques, d’éclairage et d’outillage industriel. Les dirigeants du secteur reconnaissent que remplacer cet écosystème nécessitera plusieurs années d’investissement et d’adaptation.

Notre avis, par leblogauto.com

La décision de GM reflète une évolution stratégique majeure dans l’industrie automobile mondiale. En cherchant à se désengager de la Chine, le constructeur américain tente d’anticiper les risques géopolitiques tout en renforçant la sécurité de son approvisionnement.
Cette politique de relocalisation, déjà amorcée avec les batteries et les semi-conducteurs, pourrait redéfinir la carte industrielle de l’automobile nord-américaine.
Néanmoins, la complexité des chaînes logistiques et la dépendance historique à la production chinoise laissent présager une transition longue et coûteuse pour GM et ses partenaires.

Crédit illustration : GM.

(2 commentaires)

  1. Ce sera sans doute plus simple à demander qu’à faire, mais c’est une sage décision que toute l’industrie auto occidentale doit prendre.

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