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    Accueil » Art et Automobile : Championne Argentine 1985, César
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    Art et Automobile : Championne Argentine 1985, César

    Nicolas MeunierNicolas Meunier27 juillet 2008Aucun commentaire
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    L’exposition présentée à la Fondation Cartier est l’occasion pour revenir sur une partie « automobile » de l’uvre de César. C’est au début des années 1960 que l’artiste a entamé sa série de compressions. Les modèles les plus divers sont passés sous sa presse : Renault Dauphine, Facel Vega, Citroën ZX Et même des Peugeot 205 Turbo 16 !

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    Les premières uvres de César sont les fers, série de sculptures figuratives réalisées à l’aide de matériaux de récupération. César n’est alors pas le seul à avoir cette démarche de « ferrailleur », celle-ci étant une des signatures du Bâlois Jean Tinguely et ses machines bringuebalantes. En 1960, César découvre une machine américaine destinée à compresser les automobiles sous formes de parallélépipèdes. Il lui vient alors l’idée de la compression dirigée, réalisée sous ses indications. D’aucuns s’insurgent alors contre une renonciation de la main de l’artiste dans le processus plastique, ici entièrement dévolu à la machine. César a pourtant une influence dans l’aspect final de ses compressions, bien plus en tout cas que Duchamp sur ses ready-made, qui se contentait du choix de l’objet.

    L’appropriation de carcasses d’automobiles (objet du quotidien s’il en est) s’inscrit en plein dans les idéologies artistiques de l’après-guerre. Les Pop Artists, leurs initiateurs Robert Rauschenberg et Jasper Johns, ainsi que ceux qui ne s’appellent pas encore les nouveaux réalistes tendent en effet à rompre avec le nombrilisme forcené de l’expressionisme abstrait, emmené par Jackson Pollock. C’est donc tout naturellement que César est invité à signer le manifeste du nouveau réalisme (rédigé par le critique d’art Pierre Restany), le 27 octobre 1960 chez Yves Klein. Il ne répond pas à l’invitation, rejoignant le groupe en juin 1961, avec un second manifeste de Restany, « A 40° au-dessus de Dada ». La référence à Dada provoque la colère d’Yves Klein, qui quitte alors le mouvement.

    Dans la série des championnes, ce sont les Peugeot 205 Turbo 16 championnes de rallye en 1985 et 1986 qui sont l’objet de compressions. C’était alors la grande époque des groupe B. Des autos ultraperformantes, du fait d’une réglementation très libre. Tout ou presque était possible : matériaux composites, pas de limite de puissance, transmission intégrale autorisée Seule contrainte : produire 200 exemplaires d’une version de route. Un règlement apparu pour la saison 1983, dont les débuts furent placé sous la domination des Audi Quattro, premier modèle à tirer les bénéfices des quatre roues motrices. Les Peugeot 205 turbo 16 arrivent en 1984, pour seulement cinq courses, histoire d’apprendre (une politique reprise en 1999 avec la 206 WRC). Légères et très rapides, elles s’imposent au championnat constructeur les deux années suivantes, alors que les titres pilotes échoient à Timo Salonen en 1985 et Juha Kankkunen en 1986. La fin des groupe B eut lieu en 1986, après l’accident mortel d’Henri Toivonen au Tour de Corse sur sa Lancia Delta S4.

    Cette compression, Championne Argentine 1985, a été réalisé à partir d’une épave de 205 Turbo 16, donnée à César par Jean Todt, amateur d’art et alors directeur de l’écurie Peugeot Sport. Comme son nom l’indique, Il s’agit d’une des 205 ayant participé au rallye d’Argentine, et plus spécialement celle d’Ari Vatanen, ayant subi un grave accident lors de la deuxième spéciale. Peu avant le départ, la pluie avait raviné la piste et un nid de poule, absent lors de la reconnaissance, a surpris le pilote finlandais à plus de 190km/h. Sous la violence du choc, son siège fut brisé. Il s’en sortit miraculeusement vivant, mais avec des vertèbres fracturées, la cage thoracique enfoncée et une jambe assez gravement touchée. Sa convalescence l’empêcha de reprendre le volant pendant dix-huit mois. Son copilote, Terry Harryman fut beaucoup moins gravement blessé. C’est Timo Salonen, aussi sur Peugeot 205 Turbo 16, qui remporta l’épreuve.

    Cette uvre est exposée parmi de nombreuses compressions à la Fondation Cartier, 261 boulevard Raspail à Paris XIV°. Elle est présentée au sous-sol (le rez-de-chaussée étant réservé aux expansions, empreintes et fers), jusqu’au 26 octobre.

    Lien : histoire du rallye d’Argentine 1985 et source photos

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