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    Accueil » F1- 30 ans déjà : Interlagos 1991, les cris d’Ayrton
    Formule 1

    F1- 30 ans déjà : Interlagos 1991, les cris d’Ayrton

    Nicolas AnderbeganiNicolas Anderbegani9 novembre 20214 commentaires
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    Un grand prix qui lui échappe souvent

    Sur la lancée de 1990 et du titre mondial, la saison 1991 est prometteuse pour Ayrton Senna et McLaren-Honda. Le premier grand prix à Phoenix s’est achevé par une superbe victoire et la concurrence n’est pas encore assez affutée, entre une Ferrari complètement dans les choux et une Williams-Renault redoutable mais dont la fiabilité de la boîte de vitesses, digne d’une mitrailleuse Sten, est bien capricieuse. En arrivant à Interlagos, Magic Senna est un favori logique mais pourtant, son grand prix national ne lui jusqu’à présent jamais réussi. 2e en 1986 sur Lotus-Renault et 3e en 1990, Senna y a également subi 3 abandons et une disqualification ! Pis, son adversaire de toujours, Alain Prost, s’y est déjà imposé à maintes reprises. Ce flagrant manque de réussite est cependant compensé par une ferveur incroyable qui se manifeste bruyamment dans les tribunes. La « Sennamania » bat son plein !

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    Malgré des Williams très en forme, Ayrton Senna réalise une nouvelle pole position magistrale devant Ricardo Patrèse et Nigel Mansell. Le jour de la course, le ciel est très ménaçant et les nuages menacent de déverser des trombes d’eau sur le circuit d’Interlagos.

    Senna prend un excellent départ et mène la danse, avec Nigel Mansell à ses basques. Les deux premiers tiers de la course se résument à une course poursuite entre le brésilien et l’anglais, dont l’écart ne dépasse jamais quelques secondes. La Williams de Mansell est très efficace dans les virages, mais Senna peut compter sur la cavalerie de son V12 Honda pour le contenir.

    une course qui déboite

    Au 46e tour, Senna perd soudainement l’usage du 3e rapport de la boîte de vitesses mais, heureusement pour lui, Mansell subit une crevaison lente et doit passer aux stands une seconde fois. Qui plus est, les mécaniciens cafouillent et voilà « il leone » Nigel rélégué à 35 secondes du brésilien ! C’est gagné…sauf que…

    Sauf que Senna perd dans les tours suivants le 5e puis les 2e et 4e rapports de vitesses ! La fiabilité en 1991 n’est pas celle de 2021 ! Le brésilien n’a plus le choix : il ne doit plus toucher son selecteur de vitesses (la McLaren n’a pas encore la boîte semi-auto) sous peine de tout perdre et doit rester en 6e ! Cela s’annonce très difficile, car il n’aura plus de frein moteur et devra compter uniquement sur les freins pour décélérer, en luttant en plus contre le couple du V12 Honda ! La relance sera aussi très délicate dans les virages serrés en sous-régime.

    Entre les 58e et 60e tour, Mansell reprend plus de 15 secondes à Senna…mais la boîte de vitesses de la Williams lâche et l’envoie en tête à queue ! Le célèbre moustachu nous gratifie pour l’occasion d’un sprint à travers la piste dont seul lui avait le secret ! Senna dispose désormais de 40 secondes sur Patrèse, mais l’écart peut fondre très vite. Au 64e tour, l’écart passe à seulement 26 secondes. Il reste encore 7 tours à boucler mais, à raison de 5 à 6 secondes de perdues à chaque passage, cela risque de ne pas suffire !

    Senna souffre ! Il s’agrippe à son volant comme jamais. Lui qui est si croyant vit un calvaire, un chemin de croix ! Le couple du V12 Honda menace de le faire sortir de sa trajectoire, tandis qu’il doit freiner de toutes ses forces sans pouvoir compter sur le frein moteur. Patrèse revient à seulement 4 secondes à deux tours du but…mais l’italien est en proie à son tour à des soucis de boîte de vitesses et doit ralentir.

    Dernier tour ! La pluie arrive ! Les tribunes sont dans un délire sans nom, la piste est brutalement détrempée mais le brésilien se cramponne jusqu’au bout. Et la délivrance arrive enfin ! Au 71e tour, Ayrton Senna se permet même de creuser l’écart sur Patrèse et remporte enfin son grand prix national, avec seulement quelques secondes de marge sur l’Italien !

    La suite entre dans la légende de la F1.

    La communion de Senna et des brésiliens

    Senna hurle de joie et de douleur dans sa radio. Les cris stridents sont diffusés en direct. Il stoppe sa machine dans la ligne droite qui suit la Curva del Sol. Des commissaires lui proposent un drapeau brésilien qu’il n’a pas la force de saisir. Avec ses mains, il leur fait comprendre qu’il est à bout. Il repart, roule très lentement, salue difficilement le public en délire puis finit par caler au bout de la ligne droite. épuisé, il retire son casque, reste assis dans son cockpit et attend de retrouver la sensation de ses membres.

    Il a puisé au plus profond de lui-même, dans ses ultimes ressources, pour aller au bout de cette épreuve. Sid Watkins et les médecins l’entourent bientôt pour l’aider à se mettre debout et Senna rejoint finalement le podium dans une voiture officielle.Sur le podium, le pas est lent, le regard hagard, le nouveau dieu des brésilens chancelle quand il s’agit de brandir l’imposant trophée. Mais finalement, Senna peut savourer sa victoire. Drapeau Auriverde sur l’épaule, il peut écouter les yeux fermés l’hymne national, en communion avec des milliers et des milliers de fans. C’est en cet instant que l’on comprend pourquoi Senna a suscité autant de passion dans son pays, car, par ses triomphes, il avait redonné sa fierté à tout un peuple.

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    Nicolas Anderbegani
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    Petit-fils de "Citroëniste" et fils de "Béhémiste", je suis tombé dans la potion magique automobile tout petit. Charmé avant tout par les belles Italiennes, je suis passionné par les sports mécaniques, Formule 1 en pole position évidemment. Toujours prompt à dégainer mon appareil photo, je suis de près l'actualité sous toutes ses formes, aimant "shooter" des bolides en mouvement et faire des montages vidéos. Mes champs de prédilection sont l'actualité produit des marques Italiennes et des sportives en général, le sport automobile et les évènements historiques, qui recoupent ma profession d'enseignant d'Histoire. Je retranscris ma passion enfin dans l'écriture d'ouvrages.

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    4 commentaires

    1. Clément on 10 novembre 2021 9h17

      Pour info, le frein moteur n’est pas utilisé en pilotage (c’est même le contraire, le ralentissement d’une monoplace est tellement rapide que ce sont les freins des roues qui ralentissent le moteur). Raison pour laquelle les pilotes tombent les vitesses en fin de freinage.
      Donc Senna n’a pas eu besoin ‘de freiner de toutes ses forces’, sans quoi il aurait tout simplement bloqué ses roues.

      Reply
      • Thibaut Emme on 10 novembre 2021 9h59

        @Clément : c’était vrai il y a des années, et c’est encore vrai avec les série thermiques.
        Mais avec la Formule E ou la Formule 1, désormais les pilotes font du « lift&coast ». En gros on lève le pied avant le freinage pour lancer la régénération plus tôt et recharger la batterie avec le « frein moteur ». 🙂

        Quand ils cherchent à économiser le carburant (ce qui arrivait en F1 à l’époque), ils font cela aussi (mais sans recharge de batterie évidemment).

        Reply
    2. F1spirit on 10 novembre 2021 9h51

      Si Patrese avait voulu il aurait pu gagner je pense mais l’italien a toujours manqué de cette capacité à être agressif du début à la fin

      Reply
    3. Scott on 10 novembre 2021 16h32

      En tout cas il en avait bien bavé…30 ans déjà…

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