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    Terres rares : réduire la dépendance à la Chine, un défi complexe

    Elisabeth StuderElisabeth Studer8 septembre 202010 commentaires
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    L’ambition des États-Unis et de l’Europe de stimuler la production de terres rares utilisées dans les véhicules électriques et les éoliennes et de réduire ainsi leur dépendance à l’égard de la Chine se heurte à des obstacles, notamment des coûts plus élevés et des préoccupations environnementales.

    Le Congrès et le sénat US veulent réduire la dépendance aux terres rares chinoises

    Deux membres du Congrès américain viennent d’introduire une législation bipartite visant à réduire la dépendance à la Chine pour les terres rares, un texte similaire à celui que le sénateur Ted Cruz a présenté en mai. Une initiative qui intervient alors que les pays occidentaux redoublent d’efforts pour tenter de restreindre leur dépendance aux importations chinoises dans le domaine.

    Au printemps dernier, le sénateur texan Ted Cruz membre de la commission sénatoriale des relations étrangères, avait présenté le Onshoring Rare Earths Act ou ORE Act, une loi visant à mettre fin à la dépendance des États-Unis à l’égard de la Chine pour les éléments de terres rares et autres minéraux utilisés pour fabriquer les technologies de défense et les produits de haute technologie en établissant une chaîne d’approvisionnement pour ces minéraux aux États-Unis, en exigeant notamment que le département américain de la Défense (DOD) s’approvisionnent en ces minéraux US.

    Anticiper une éventuelle menace de blocus chinois

    Rappelant que ces éléments des terres rares et les minéraux critiques associés étaient extraits, raffinés et fabriqués presque exclusivement en Chine, le sénateur avait alors mis l’accent sur les dangers d’une telle situation. « Tout comme le Parti communiste chinois a menacé d’interrompre les États-Unis contre les médicaments vitaux fabriqués en Chine, le Parti communiste chinois pourrait également nous couper l’accès à ces matériaux, menaçant considérablement la sécurité nationale des États-Unis » avait-il prévenu. Ajoutant que la loi ORE contribuera à garantir que la Chine n’ait jamais cette opportunité en établissant des terres rares et chaîne d’approvisionnement en minerais aux États-Unis  » .

    Liste de minéraux critiques

    En décembre 2017, un décret présidentiel a chargé le ministère de l’Intérieur (DOI) de coordonner avec d’autres agences exécutives pour publier une liste des minéraux critiques. En mai 2018, le ministère de l’Intérieur a publié une liste de 35 minéraux critiques.

    Figurent dans cette liste 17 éléments de terres rares (REE), qui sont principalement utilisés dans des applications de haute technologie et militaires et en particulier pour les aimants, et 4 autres minéraux critiques qui sont devenus nécessaires pour répondre à la demande de véhicules électriques (cobalt, graphite, manganèse et lithium).

    Incitations et subventions

    La loi ORE est conçue pour réduire la dépendance des États-Unis vis-à-vis de la Chine et établir une chaîne d’approvisionnement US pour les éléments des terres rares et les minéraux critiques Plus précisément, la législation fournit des incitations fiscales pour l’industrie des terres rares. dans le Tax Cuts and Jobs Act, oblige le DOD à s’approvisionner en terres rares et éléments critiques aux États-Unis, et accorde des subventions pour des programmes pilotes visant à développer ces matériaux aux États-Unis.

    L’UE redouble d’effort pour freiner sa dépendance aux terres rares chinoises

    L’ Union européenne redouble d’efforts quant à elle pour limiter sa dépendance en matières premières importées chinoises, la Commission européenne affichant même sa ferme volonté de créer une alliance des matières premières d’ ici la fin de l’année en raison de leur importance dans les industries en pleine croissance.

    La création d’une chaîne d’approvisionnement indépendante se heurte à des obstacles

    Les préoccupations concernant la forte influence de la Chine dans le domaine ont gagné en importance à mesure que les tensions commerciales s’intensifiaient entre les États-Unis et l’Empire du Milieu. Selon les analystes, le coût, l’accès aux matières premières et les préoccupations environnementales peuvent être les principaux obstacles à la création d’une chaîne d’approvisionnement indépendante.

    Une chaîne d’approvisionnement coûteuse et difficile à maintenir

    Les experts en gestion des risques de la chaîne d’approvisionnement estiment néanmoins qu’une telle chaîne d’approvisionnement est très difficile et couteuse à maintenir.

    La création d’une chaîne d’approvisionnement locale, nécessite en effet d’onéreuses dépenses liées à la formation de la main-d’œuvre et à l’obtention des matières premières dans le cas où celles-ci ne seraient pas disponibles dans la région d’implantation.

    Or, les grandes multinationales dépendent fortement de petits fournisseurs qui ont accès à des matières premières localisées qu’elles ne pourraient peut-être pas obtenir ailleurs.

    La Chine a représenté 80% du total des importations américaines de composés de terres rares et de métaux l’an dernier. Donald Trump a ordonné au département américain de la Défense de stimuler la production d’aimants en terres rares, car la guerre commerciale entre les deux pays a suscité des craintes que la Chine restreigne les exportations de ces produits.

    Des incitations fiscales …. pour une technologie longue à développer

    Si les projets de loi présentés à la Chambre et au Sénat américains offrent des incitations fiscales, rendant l’industrie US plus compétitive, il n’en demeure pas moins qu’il faudra du temps aux pays pour développer la technologie et l’équipement localement.

    Des obstacles environnementaux à prendre en compte

    D’importants obstacles environnementaux seront également à prendre en compte, notamment en ce qui concerne l’exploitation minière et l’exploration, qui peuvent causer des dommages importants.

    Les experts estiment ainsi que les États-Unis – qui sont riches en ressources en terres rares mais ont des coûts de production élevés, y compris la main-d’œuvre et l’énergie – doivent peser ces coûts environnementaux par rapport aux avantages d’une industrie onshore.

    Besoin de n’acquérir qu’une part du marché selon les experts

    Les dirigeants des sociétés minières de terres rares considèrent quant à eux qu’ils n’ont besoin que d’acquérir une partie du marché pour pouvoir construire des industries nationales prospères.

    «Il n’est pas nécessaire que ce soit l’ensemble de l’industrie, mais simplement une partie importante de l’approvisionnement», a déclaré Jim Litinsky, le nouveau PDG de MP Materials , le seul mineur de terres rares aux États-Unis.

    Reste que MP Materials doit expédier ses matières premières en Chine pour le traitement final, car c’est le seul pays doté de capacités de raffinage. Si les États-Unis et d’autres pays ramènent la production chez eux et réduisent la part de la Chine à 60% de la chaîne d’approvisionnement, la Chine n’aura plus ce type de contrôle, a déclaré Litinsky.

    Notre avis, par leblogauto.com

    Reste aussi que la Chine sait placer ses pions … En avril dernier, le département américain de la Défense (DoD) a attribué à LynasBlue (une coentreprise entre Lynas et Blue Line) et MP Materials des contrats pour développer un approvisionnement basé aux États-Unis en produits de terres rares. Malgré des débuts prometteurs, ces contrats ont été suspendus en mai dernier, après un débat sur «les mérites de l’approvisionnement des États-Unis, des alliés américains et d’autres sources». Le DoD n’a donné aucune indication sur la durée pendant laquelle les contrats resteront en suspens, déclarant que la décision avait été «mise en attente jusqu’à ce que d’autres recherches puissent être menées».

    Les deux contrats attribués par le DoD constituaient pourtant la première étape vers le développement d’une chaîne d’approvisionnement nationale en terres rares, assurant la sécurité d’approvisionnement pour les applications militaires et industrielles critiques aux États-Unis.

    Mais des inquiétudes concernant la participation mineure de la société chinoise Shenghe Resources dans MP Materials et les opérations de Lynas Corporations en Malaisie ont été soulignées et des sénateurs, dont le sénateur Ted Cruz, ont suggéré que les contrats ne soient attribués qu’à des projets de terres rares aux États-Unis.

    Sources : Bloomberg, Roskill

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    10 commentaires

    1. retrouvé le retour on 9 septembre 2020 8h55

      C’est le azara si le pingouin cubain Cruz à fini Baptiste du Sud !! Inutile de dire qu’il cherche les terres rares, juste à cause de l’adjectif !! Mais soyons rassurés il ne creuse pas à mains nues. Pour le moment ses « troopes » font cause commune avec les Turcs contre notre marine !! Si ES pige qu’elle n’hésite pas a nous faire part de sa lumière.

      Reply
      • emma__ on 9 septembre 2020 15h39

        @ retrouvé le retour : tout à fait d’accord.
        Ce à quoi j’ajouterais qu’il faut que nous ayons une bonne idée pour les mettre à disposition de notre pays pour les chercher dans ce cas ou alors il faudra faire des actions de façon très efficace. Mais on peut se faire une petite mise en vente sur Internet pour info sur les réseaux de câble.

        Reply
        • SGL on 9 septembre 2020 16h00

          Moi, j’aimerais être aussi d’accord…mais je n’ai pas de décodeur et je n’ai pas tout compris. 😉

          Reply
          • newsfyx on 10 septembre 2020 12h39

            Oui ema_, si ton décodeur est Open-Source, merci de le partager °-(

            Reply
    2. georges on 9 septembre 2020 14h34

      On a été content de refiler le sale bébé à la Chine, sauf que la Chine fait en sorte que ça lui serve….. .
      Il est certains que l’on aura toutes les ONG, lobbyistes et parties écolos contre nous si on reouvre l’exploitation des terres rares en Europe, moins au EU (est pas que pour l’argent) … , mais il faut savoir ce que l’on veut.
      Comme la Chine n’est pas un pays aussi altruiste que le France, il faut que l’on fassent changer les choses à temps.

      Reply
    3. SGL on 9 septembre 2020 15h40

      Le rare domaine où je pourrais être pro-Trump…c’est malheureux de dire ça !?

      L’erreur historique des pays occidentaux d’avoir déménagé les usines « sales » là-bas.
      Comme l’erreur de faire rentrer la Chine dans l’OMS
      Historiquement, cela viendrait à l’origine de Clinton !?
      …enfin, tout ça à propulser la Chine d’un pays moyenâgeux 20e puissance au monde a une super puissance ultra-moderne qui sera bientôt la 1re puissance.

      Reply
      • vVDB on 9 septembre 2020 17h16

        Les industries sales ont été ise la bas car les écolos ici n’en voulait pas/plus.
        C’est comme les centrales atomiques, on n’en veut plus, on désindustrialise sous la pression.
        Sur ce sujet j’espère que l’on arrêtera rapidement l’uranium/plutonium pour revenir au Thorium.

        Reply
      • beniot9888 on 9 septembre 2020 18h20

        C’est « la faute aux zécolos » ? Ça devait bien être aussi un peu moins cher, sur les bords.

        Reply
        • SGL on 10 septembre 2020 10h47

          Moi, je dirais que c’est la combinaison des envies des capitaines d’industrie de faire plus de gains dans leur intérêt personnel et de leur soi-disant pour le bien des prolos en leur permettant de mettre à leur disposition des TV, smartphone, etc. à des prix que jamais ils n’auront pu les avoir ces 20 dernières années.
          Par contre le chômage et la pauvreté, l’insécurité, ont explosé ces 20 dernières années.

          Reply
      • jesaistout on 9 septembre 2020 23h54

        On sait déjà que les prolos et les GJ votent avec le c.. (c’est pour cela d’ailleurs que les élections restent encore légales) mais ils ne sont même pas capables de voter avec leur C.B.

        Reply
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