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    Accueil » Rétro F1 – France 1994 : Nigel Mansell is back !
    Formule 1

    Rétro F1 – France 1994 : Nigel Mansell is back !

    Nicolas AnderbeganiNicolas Anderbegani17 juin 20196 commentaires
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    Il faut sauver le soldat Williams

    Avec 5 victoires en 6 courses et leur principal rival tragiquement parti, le tandem Schumacher-Benetton écrase le début de la saison 1994. De son côté, Williams et Renault cherchent un remplaçant solide à Ayrton Senna. Le jeune David Coulthard a fait l’intérim à Barcelone et au Canada mais il est encore bien jeune pour épauler son équipier Damon Hill, qui n’est pas au mieux psychologiquement. Traumatisé par la mort de son chef de file, le fils de Graham doit affronter les critiques des médias, qui le jugent pas assez rapide et trop tendre, ainsi que le manque de confiance de sa propre équipe, qui ne le juge pas capable de revêtir l’habit de leader.

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    Williams fait feu de tout bois : les vétérans Derek Warwick, Thierry Boutsen et même Riccardo Patrèse sont contactés, en vain. Les jeunes Rubens Barrichello et Heinz-Harald Frentzen, plutôt fringants en ce début de saison 1994, ont été approchés mais leurs contrats sont en béton. Poussée par Renault et Bernie Ecclestone, l’écurie anglaise se tourne alors vers la seule vraie « star » disponible : Nigel Mansell. Le vieux lion et Frank Williams s’étaient quittés fâchés fin 1992, à l’issue d’une saison qui avait été pourtant triomphale. Le champion du monde britannique avait vécu comme un affront le « manque de reconnaissance » de Williams (entendez une trop faible revalorisation salariale), qui faisait les yeux doux à Alain Prost et Ayrton Senna.

    « il leone » pour remonter les audiences ?

    Nigel Mansell s’est expatrié avec succès aux États-Unis, remportant en 1993, dès sa première saison, le championnat Indycar avec l’équipe Newman-Haas. Une arrivée sensationnelle qui tourne pourtant au vinaigre en 1994. La Lola-Ford est dépassée en performance par les redoutables Penske-Ilmor et le caractère difficile de Mansell commence à faire des étincelles, d’autant plus que l’anglais se montre moins vaillant en piste. Son équipier Mario Andretti ne le supporte plus et son patron Carl Haas est prêt à revendre son contrat, qui court pourtant jusqu’en 1997 !

    Par l’entregent d’Ecclestone, les discussions sont rondement menées et un accord est conclu pour le grand prix de France : avec une coquette somme à la clé, Mansell disputera les courses qui ne chevauchent pas le calendrier Indycar. Carl Haas n’est pas mécontent non plus de revendre le contrat de la « diva ». Fin juin, quand Mansell effectue des tests à Brands Hatch pour s’acclimater à la FW16, les journalistes se bousculent et plusieurs milliers de spectateurs se massent dans les tribunes ! Du jamais vu pour des essais privés. De son côté, l’anglais n’est pas serein. Il avouera plus tard avoir ressenti une sensation « horrible » en s’installant dans la monoplace laissée vacante par Senna. Mansell s’entendait bien avec la brésilien et avait été très affecté par sa mort.

    Beaucoup de bruit…pour rien ?

    Quand il arrive dans le paddock de Magny-Cours, Mansell est l’attraction des médias. Ecclestone peut se frotter les mains, la « hype » ou le « buzz », comme on dirait de nos jours, marche à plein régime. Reste à savoir si Mansell, à 41 ans, a réellement conservé son coup de volant et pourra tenir la cadence. Les F1 ont bien changé depuis les « Airbus » bourrés d’électronique des années 92-93 et les monoplaces Indycar sont moins difficiles physiquement à conduire. La preuve, les « papys » Mario Andretti (54 ans !) et Emerson Fittipaldi (48 ans) sont encore dans le coup.

    Aux essais, les doutes semblent levés puisque Mansell se place en première ligne, aux côtés de Damon Hill. En course, ce sera une autre histoire. Après s’être fait enrhumer au départ par Schumacher, l’anglais navigue à la 3e place avant d’abandonner au 45e tour. Le célèbre moustachu est convaincu d’avoir encore une chance en F1, mais ce n’est pas l’avis de tout le monde…Le calvaire de sa saison Indycar et sa laborieuse prestation au Grand Prix d’Europe laisseront beaucoup d’observateurs assez dubitatifs, voire taquins. Les deux derniers grands prix, au Japon (duel homérique avec Jean Alesi sous la pluie) et en Australie (victoire par élimination) feront illusion. Mais ce ne sera rien à côté de la farce du début de saison 1995 chez McLaren !

    Damon Hill, pour sa part, encaisse ce désaveu. L’écurie de Grove cultive sa réputation d’équipe peu soucieuse des pilotes. Frank Williams le confirme quand il déclare à la presse avant le grand prix d’Angleterre: « J’ai eu dans l’écurie les plus grands pilotes de ces dernières années: Nelson Piquet, Nigel Mansell, Alain Prost et Ayrton Senna. Mais je ne me pardonne pas d’avoir laissé filer en son temps Michael Schumacher… »

    Images : wikimedia commons, Williams, Indycar

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    Nicolas Anderbegani
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    Petit-fils de "Citroëniste" et fils de "Béhémiste", je suis tombé dans la potion magique automobile tout petit. Charmé avant tout par les belles Italiennes, je suis passionné par les sports mécaniques, Formule 1 en pole position évidemment. Toujours prompt à dégainer mon appareil photo, je suis de près l'actualité sous toutes ses formes, aimant "shooter" des bolides en mouvement et faire des montages vidéos. Mes champs de prédilection sont l'actualité produit des marques Italiennes et des sportives en général, le sport automobile et les évènements historiques, qui recoupent ma profession d'enseignant d'Histoire. Je retranscris ma passion enfin dans l'écriture d'ouvrages.

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    6 commentaires

    1. Rowhider on 17 juin 2019 22h45

      Mansell sauvera la face avec une victoire quand même mais sa prestation restera poussive.
      Faut avouer que jamais une voiture n’aura été autant adaptée à son pilotage bourrin que la Fw14B, la toujours difficile FW16B était nettement moins docile.

      Reply
      • Fred21 on 18 juin 2019 10h34

        J’aimais bien ce pilote « bourrin » où tout pouvait arriver.

        Reply
        • Rowhider on 18 juin 2019 11h22

          Moi aussi ^^
          Son année 92 aura été incroyable mais elle l’aura aussi surcôté.

          Reply
    2. lataupe2B on 18 juin 2019 11h30

      La conduite de Mansell était un peu rustre, le pilote avait le pied droit cette très lourd et la réflexion courte mais il était un des pilotes qui respectait le mieux sa mécanique. En tout cas des pilotes comme lui manque aujourd’hui mais aurait il eu sa place en F1 de nos jours ? On a rarement vu un policier bénévole aller aussi vite sur l’île de Man

      Reply
    3. AXSPORT on 18 juin 2019 17h30

      Sympatoche !!
      🙂

      Reply
    4. Scal on 18 juin 2019 21h39

      En complément, je vous conseille l’excellente autobiographie d’Adrien Newey. Il décrit de l’intérieur cette phase assez trouble. Chez Williams avec un retour aux suspensions classiques qui posaient problème, mais aussi à la concurrence, Benetton en particulier …
      Bouquin bien documenté et agrémenté de nombreux croquis. Bref, une fois attaqué, on ne le lâche plus !

      Reply
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