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    Accueil » Dossier : le point sur le Bonus/Malus écologique 2018
    Droit routier et Radars

    Dossier : le point sur le Bonus/Malus écologique 2018

    La rédactionLa rédaction16 février 2018Aucun commentaire
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    Concomitamment à l’élargissement de la prime à la conversion, le gouvernement a revu cette année en profondeur le barème du bonus/malus écologique. Si la méthode de calcul reste la même, les paliers changent drastiquement.

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    Le nouveau barème en détails

    Si la prime à la conversion s’assouplit, le bonus/malus quant à lui se durcit. Malgré les scandales liés au diesel qui ont fleuri ces dernières années, les rejets de particules fines et de NOx (oxyde d’azote) ne sont toujours pas pris en considération. Et c’est toujours le CO2 qui détermine le montant du bonus/malus. D’ailleurs, le seuil de déclenchement du malus, précédemment fixé à 127 grammes de CO2 par kilomètre parcouru, est abaissé cette année à 120 g/km. Pour le maxima, il est fixé à 185 g/km, contre 191 g/km précédemment.

    Concernant la structure même du barème, elle est identique à celle de l’an passé. A savoir que chaque gramme de CO2 supplémentaire fait grimper la note. Et puisqu’il faut parler chiffres, le palier, pour 120 g/km, se monte à 50 euros, tout comme en 2016. En revanche, il en coûtera 10 290 euros pour 184 g/km, tandis que le malus maximal, à 185 g/km et plus, se monte à présent à 10 500 euros contre 10 000 euros l’an passé. Autre changement, qui aurait pu passer inaperçu, est que la grille comporte désormais 67 niveaux. C’est un de plus qu’en 2017.

    Voici le barème complet en vigueur depuis janvier :

    Malus 2018
    Niveau d’émission de CO2 (g/km) Montant du malus (€)
    inf. à 119 0
    120 50
    121 53
    122 60
    123 73
    124 90
    125 113
    126 140
    127 173
    128 210
    129 253
    130 300
    131 353
    132 410
    133 473
    134 540
    135 613
    136 690
    137 773
    138 860
    139 953
    140 1 050
    141 1 153
    142 1 260
    143 1 373
    144 1 490
    145 1 613
    146 1 740
    147 1 873
    148 2 010
    149 2 153
    150 2 300
    151 2 453
    152 2 610
    153 2 773
    154 2 940
    155 3 113
    156 3 290
    157 3 473
    158 3 660
    159 3 853
    160 4 050
    161 4 253
    162 4 460
    163 4 673
    164 4 890
    165 5 113
    166 5 340
    167 5 573
    168 5 810
    169 6 053
    170 6 300
    171 6 553
    172 6 810
    173 7 073
    174 7 340
    175 7 613
    176 7 890
    177 8 173
    178 8 460
    179 8 753
    180 9 050
    181 9 353
    182 9 660
    183 9 973
    184 10 290
    sup. à 185 10 500

    Des tours de passe-passe entre bonus écologique et prime à la conversion

    Côté bonus, c’est principalement la disparition des 1 000 euros alloués lors de l’achat d’un véhicule hybride rechargeable qui est à noter. En revanche, le bonus de 6 000 euros consenti pour l’achat d’un véhicule électrique est pour sa part maintenu. Dans la limite de 27% du prix TTC du véhicule. En y ajoutant la prime à la conversion, l’aide totale peut atteindre 8 500 euros.

    Les deux, trois roues et quadricycles électriques (de puissance supérieure à 3 kW), sont pour leur part éligibles à un bonus de 900 euros. La baisse de 100 euros (il était de 1 000 euros en 2017) est ici intégralement compensée par une prime à la conversion du même montant. Du moins pour les foyers imposables, car pour ceux non-imposables, le total des aides passe à 2 000 euros (900 euros de bonus écologique et 1 100 euros de prime à la conversion). Enfin, leurs homologues de puissance inférieure à 3 kW voient leur bonus de 200 euros supprimé au 1er février. C’est également le cas pour les vélos électriques.

    En résumé, voici le comparatif des bonus 2017 et 2018 :

    Bonus 2017 (€) Bonus 2018 (€)
    Véhicule électrique neuf 6 000 6 000
    Véhicule hybride rechargeable neuf 1 000 0
    Deux, trois roues et quadricycles (puiss. < 3kw) 1 000 900
    Deux, trois roues et quadricycles (puiss. > 3kw) 200 0

    (depuis le 01/02/2018)

    Les gagnants et les perdants du Bonus/Malus écologique cuvée 2018

    L’abaissement du seuil de déclenchement du malus de 127 à 120g/km pénalise bien entendu les véhicules qui se trouvent entre ces deux valeurs. C’est par exemple le cas de la Citroën C3 Aircross. Dans sa version Puretech 110 EAT6 que nous avions pu essayer l’an passé, et qui rejette 126 grammes de CO2 par kilomètre. En 2017, elle se plaçait juste en-dessous de l’ancien barème. Mais de peu. Avec le nouveau, le malus s’élève à 140 euros.

    Le malus augmentant de façon exponentielle à chaque gramme supplémentaire, certains modèles sont plus pénalisés que d’autres. C’est par exemple le cas du Volvo XC60 D5. Et de ses 144g/km. L’an dernier, le malus dont il était affublé s’élevait à 773 euros. Relativement négligeable vu le prix de 49 100 euros de ce SUV. Mais cette année, la note a quasiment doublé, et s’élève désormais à 1490 euros!

    Et l’addition est toujours aussi salée pour les sportives émettant plus de 185g/km. Pour elles, le malus maximal augmente de 500 euros. Soit 5% d’augmentation par rapport à 2017. Parmi les modèles en-dessous en matière d’émissions, citons la Peugeot 308 GTI qui, avec ses 139g/km, écope de 953 euros de malus en 2018… Contre 410 euros l’an dernier, soit au final 132% d’augmentation !!!

    A noter que certains constructeurs, pour ne pas (trop) pénaliser les sportives de leur gamme, compensent tout ou partie du malus. C’est le cas de Subaru, qui offre sur sa WRX STI un avantage de 10 000 euros couvrant la quasi-totalité du malus. Ou de Nissan, qui le prend en intégralité à sa charge pour la 370Z et la GT-R.

    Concernant les voitures d’occasion, importées d’Allemagne par exemple, elles sont aussi pénalisées par le malus écologique, car il s’agit d’une nouvelle immatriculation en France. La taxe est dégressive en fonction de la date de première mise en circulation du véhicule importé.

    L’électrique qui rit, l’hybride rechargeable qui pleure

    Et la modification des bonus impacte aussi les hybrides rechargeables. Ainsi, la Toyota Prius Rechargeable perd non seulement le bénéfice de la prime de conversion, mais aussi celui du bonus 2017. Soit au total 2 000 euros. Bien entendu, les nouvelles règles sont là ont tout pour favoriser le développement du tout électrique. De cette façon, la Smart Fortwo électrique bénéficie à la fois de la prime à la conversion de 2 500 euros, et du bonus écologique maximal de 6 000 euros. Avec un tarif de base de 22 950 euros batteries incluses, cela place la puce des villes à 14 450 euros.

    Conclusion

    Un palier supplémentaire dans le barème, et un seuil minimum abaissé. Petits effets, grandes conséquences. Certes, les changements de cette année sont plus ténus que le grand chambardement intervenu entre 2016 et 2017. Mais ils tendent vers un seul objectif, la transition énergétique en matière de véhicules. Sans parler de la surtaxe additionnelle sur les véhicules de plus de 36 chevaux fiscaux.

    Si l’intention de départ est louable, il reste encore trop de zones d’ombres pour que le consommateur plébiscite le tout électrique en matière d’automobile. Quid du recyclage des batteries? Et de la production/fourniture d’électricité en quantité suffisante ? Enfin pourquoi exclure, dans une logique de transition, les hybrides rechargeables du dispositif bonus/malus, elles qui représentent un vrai trait d’union entre les énergies fossiles et l’électrique ? Beaucoup de questions, donc… Il sera intéressant d’ici quelques mois d’observer les courbes de vente des différents modèles pour connaître les effets du nouveau barème…

    Illustrations : Ministère, Renault, Le Blog Auto

    [Article avec lien sponsorisé]

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