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Hydrogène : le PDG d’Air Liquide appelle à la coordination

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Alors que le gouvernement met en avant l’hydrogène comme une des énergies du futur, et ce, à grand renfort de discours et de politique de soutien – histoire de tenter de relancer la croissance et de faire face à la crise économique engendré par la Covid19 – le PDG d’Air Liquide se veut quant à lui plus prudent.

Benoît Potier a ainsi appelé mercredi à la mise en place d’un comité national très « opérationnel » pour organiser la montée en puissance de l’hydrogène en France.

Nécessité de fédérer les efforts et les investissements au plan national

Le déploiement de l’hydrogène « vert », utile pour décarboner notamment l’industrie et les mobilités lourdes, « tout ça n’arrivera que si on est capable à l’échelle nationale de fédérer les efforts et les investissements », a dit Benoît Potier devant la commission des affaires économiques du Sénat.

Allier l’opérationnel à la réflexion

« Il faut qu’au niveau national on devienne à la fois opérationnels – avec un comité national capable d’agir et de prendre des décisions pragmatiques – et aussi qu’on ait une capacité à réfléchir, à un niveau peut-être différent, sur les directions à prendre, les budgets à allouer : industrie, mobilité, recherche… », a par ailleurs estimé le PDG d’Air Liquide, souhaitant que des organes de l’État y participent, pour que ça se fasse « au bénéfice du pays ».

Certes, il faut plancher sur des études et prévoir à plus ou moins terme en mettant tous les élément sur la table … mais sans oublier le coté opérationnel et l’application concrète de ce qui aura été décidé laisse-t-il ainsi entendre.

Le gouvernement a quant à lui récemment annoncé la mise en place prochaine d’un Comité national de l’hydrogène présidé par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et réunissant des entreprises de la filière.

Ne pas dépenser pour dépenser

Flairant les motivations très politiques du gouvernement, Benoît Potier s’est certes félicité des budgets promis ces derniers mois au secteur, tant au niveau français (7 milliards d’euros dont 3,4 milliards d’ici 2023) qu’européen …. estimant qu’il s’agissait d’un défi … et que les sommes ne devaient pas être dépensées pour dépenser, ».

« On a mis l’argent, on a la volonté de faire, les industriels sont moteur. Ce que je souhaite est qu’on n’investisse pas n’importe où et n’importe comment » … juste histoire de s’acheter une stature écologique, avant d’importantes élections, 2022 et la Présidentielle arrivant à grands pas.

L’orchestration doit être coordonnée

« La production sera décentralisée, oui, mais l’orchestration doit être coordonnée » prévient encore le dirigeant. Pointant le risque que chaque ville fasse sa station.

A l’heure actuelle, les véhicules et les stations sont déployés là où il y a de la demande indique l’AFHYPAC (L’Association Française pour l’Hydrogène et les Piles à Combustible ). Objectifs : atteindre une charge correcte de la station dès son ouverture et réduire le besoin d’investissement et le risque d’une station peu chargée.

Une stratégie de mise en œuvre qui fait apparaître la notion de CLUSTERS (flottes captives « multiclients » autour d’une zone définie et une ou plusieurs stations de recharge hydrogène).

Communes, agglomérations, territoires intéressés à déployer une infrastructure et des véhicules électriques à hydrogène sont invités à se faire connaître auprès de l’AFHYPAC, prévient l’Agence.

Réflexion à mener sur la captation de valeur

Selon le PDG, une réflexion devra également être menée sur le bénéficiaire de la valeur de l’hydrogène, Il estime ainsi que le pire serait de reproduire ce qui s’est produit avec les panneaux photovoltaïques : subventionner, sans retour en termes de captation de valeur ».

De 880 000 tonnes actuelles à 1,35 million à horizon 2030

Aujourd’hui, 880 000 tonnes d’hydrogène industriel sont produites en France (utilisé notamment pour le raffinage pétrolier ou la fabrication d’engrais chimiques), mais il est à 95% issu d’énergies fossiles, indique France Hydrogène, dans son bilan 2020.
À horizon 2030, la filière vise 1,35 million de tonnes, pour des usages étendus et décarbonées à 52% (issues d’énergies renouvelables, voire nucléaire ou fossile avec capture du carbone). Elle évalue les besoins d’investissements à 24 milliards d’euros. Forte de 2 000 emplois, elle dit espérer en générer 50 000 à 150 000 d’ici 10 ans.

Sources : AFP, Air Liquide

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5 Commentaires sur "Hydrogène : le PDG d’Air Liquide appelle à la coordination"

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SGL
Invité

Hier j’avais écrit ça : « … Enfin tout ça pour dire qu’en Allemagne l’hydrogène, on en parle peu, mais on le met concrètement en service à grande échelle… en France on en parle énormément et on le fait qu’avec des multiples petites initiatives éparpillées peu efficaces. » … Comme quoi !?
Je ne suis pas trop à l’Ouest sur le sujet.
😉

Bizaro.
Invité

« Elle évalue les besoins d’investissements à 24 milliards d’euros. Forte de 2 000 emplois, elle dit espérer en générer 50 000 à 150 000 d’ici 10 ans. »

Donc pour ne même pas doubler la production, la « fillière » réclame 24 milliards d’aide. Oui ok. Elle promet surtout de multiplier par 20 voir 75 les emplois de la filière de production, juste pour ne même pas doubler la production.

Nepote Vesino
Invité
La fusion nucleaire doit etre acceleree et non freinee par les pays producteurs de petrole. Jamais De Gaulle aurait accepte un consortium de 35 pays. Il aurait senti et compris l’interet de cette recherche operationnelle et il àurait decide comme il l’a fait pour le gaz oil qui fut une excellente solution en son temps ou les applications nucleaires qui ont assure l’independance energetique de la France et sa securite. Certes ces options sont aujourd’hui obsoletes mais sa vision et sa determination au benefice de la France et non en vue de sa reelection devraient orienter les francais dans le… Lire la suite >>
Legendre
Invité

Un grand monsieur Mr Potier ,il parles vrai et ne veut pas que les milliards investi le soit pour rien qu’il gère la croissance de h2 et surtout que les politiques n’y mette pas le petit doigt sinon rien ne sera fait et beaucoup de copains deviendront riche

Ulrich S
Invité

Je ne connais pas la source de la carte qui illustre l’article mais il y a déjà dix stations en Normandie. Et plus également dans d’autres territoires.

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