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Utiliser son propre casque en stage pilotage, possible ?

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casque médiéval

Un cadeau pour votre anniversaire ou pour Noël, et vous voilà en route pour un stage de pilotage automobile. Le port du casque y est obligatoire et vous vous demandez si vous pouvez amener votre propre casque ? On vous dit tout.

Quels sont les différents types de casques ?

On distinguera trois types de casques : les ouverts ou « jets », les fermés ou « intégraux », et les modulables qui sont des intégraux qui peuvent se transformer en jets et vice-versa. Les casques jet protègent la tête, mais sont largement ouverts sur le devant, ne protégeant pas le menton. En plus de la visière casquette qui protège du soleil, une « bulle » peut être ajoutée pour protéger les yeux. Ce type de casque peut être utilisé dans un véhicule fermé ou bien protégé type « targa ».

En revanche, un casque intégral va protéger toute la tête et la face avant. Une mentonnière protège la partie basse du visage et une visière vient se plaquer sur le casque pour protéger les yeux. C’est typiquement le casque qui se porte dans un véhicule ouvert type monoplace, barquette ou spider. C’est également le casque à privilégier à moto. Enfin, les modulables sont à la croisée des deux autres types avec une mentonnière que l’on peut relever pour transformer son casque en jet. Attention toutefois, les modulables n’offrent pas tous la même sécurité par rapport à un intégral.

Tous les casques n’ont pas non plus la même forme. Certains intégraux par exemple ont une mentonnière qui va être plus proéminente que sur d’autres, or, votre menton ne doit pas toucher cette partie. Vous n’avez pas envie que votre mâchoire reçoive une partie de l’énergie d’un choc frontal. De plus, un casque doit serrer un minimum pour bien protéger et rester en place. Enfin, la jugulaire doit toujours être serrée, pour ne pas voir son casque partir si un accident survient.

Est-ce que mon casque de moto est utilisable en stage de conduite moto ou auto ?

Pour des raisons d’hygiène et de confort, on est souvent tenté de prendre son propre casque lors d’un stage de pilotage. Mais est-ce possible de prendre un casque de moto intégral, modulable ou jet ?

Difficile de répondre à cette question simplement par oui ou non. En effet, la plupart des écoles de pilotage acceptent sans trop de difficulté que l’on apporte son propre casque auto ou moto, du moment qu’il est récent, en bon état et homologué. La seule restriction sera l’interdiction du « jet » en monoplace ou véhicule ouvert. On ne saurait trop vous conseiller de vous renseigner avant de prendre votre casque pour savoir si c’est bien autorisé ou non.

Cependant, certaines écoles ou centres de pilotage sont plus stricts sur les normes et homologations. Ainsi, votre casque moto, bien qu’homologué, pourra être recalé en stage pilotage auto. Pourquoi ? Car les normes pour les casques moto et les casques auto ne sont pas les mêmes.

Quelles sont les différences entre un casque moto et un casque auto ?

Déjà, un casque intégral moto aura une ouverture plus importante au niveau de la visière. La position d’un motard sur sa motocyclette, souvent allongé vers l’avant, impose d’avoir une hauteur de visière plus grande. A contrario, un pilote automobile est positionné plus droit, voire en arrière et la hauteur de la visière peut être restreinte sans gêner la visibilité. La visière est un « point faible » du casque intégral et n’offre pas la même résistance à l’impact que le reste du casque. Plus la hauteur de la visière est faible, meilleure est la protection en cas de percussion par un objet.

Mais, surtout, un casque pour automobile homologué FIA est ignifugé. Il doit résister au feu pour que le pilote ait le temps de s’extraire de sa voiture ou monoplace en cas de départ d’incendie. En outre, les casques pour la compétition automobile disposent d’attaches spécifiques pour le système de retenue HANS. Obligatoire en compétition, le Hans est une protection pour les cervicales et la tête lors d’un choc avant. Ne mégotez pas sur la sécurité : il en va de votre vie.

Les normes d’homologation FIA (1) ou SNELL (2) changent régulièrement pour être de plus en plus sévères et protéger au mieux ceux qui portent les casques. Actuellement, plusieurs normes existent, mais certaines comme la « FIA 8860-2010 » ne le seront plus après le 31 décembre 2020. Si l’école de pilotage impose un casque homologué FIA ou SNELL, il vous faudra vérifier à chaque fois que l’homologation n’est pas périmée.

En l’absence de règle précise, c’est à l’école de pilotage d’édicter ses règles. Renseignez-vous avant le stage de pilotage, par un coup de téléphone ou par mail. Si vous pensez faire plusieurs fois de tels stages dans une école demandant un casque automobile homologué, l’investissement peut valoir le coup.

Enfin, si vous envisagez plutôt la balade en cabriolet et les « rallyes » entre gentlemen drivers, il existe de très beaux casques jet « vintages » qui seront parfaitement complétés par une paire de lunettes néo rétro.

Peut-on peindre un casque auto/moto sans danger ?

Les casques « réplica » qui reprennent les couleurs et les dessins de casques de pilotes célèbres sont plutôt onéreux. De plus, ils sont souvent réservés à une marque de casque dont la forme peut ne pas vous aller. Bref, vous vous demandez si vous pouvez peindre, ou faire peindre, votre casque pour avoir votre propre réplica ?

Là encore, il faut faire très attention. En effet, les peintures contiennent des solvants qui peuvent attaquer la coque extérieure du casque et le fragiliser. Des peintures spéciales existent, vérifiez ce que vous utilisez. Mais, même en prenant toutes les précautions, le fabricant du casque peut considérer que la garantie est caduque en cas de peinture.

Le mieux est encore de prendre un modèle vierge prêt à peindre. Sauf que tous les fabricants de casques ne le proposent pas. Passez ensuite par un peintre (ou quelqu’un qui maîtrise l’aérographe) professionnel pour un résultat optimal. Toutefois, vous risquez d’en avoir pour bien plus cher qu’un réplica officiel… mais c’est sans doute le prix à payer quand on veut le casque d’une légende qui ne se trouve plus en magasin.

(1) FIA Fédération Internationale Automobile
(2) Pete « William » Snell était un pilote populaire dans les années 50 aux USA. En 1956, il se tua dans un accident quand sa voiture se retourna. Son casque ne le protégea pas des traumatismes létaux. Depuis, une fondation, la « Snell Memorial Foundation » édicte des normes pour différents casques dont ceux pour le sport automobile.

Illustration : 2-Nat Lockwood