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La startup Heetch (VTC) ravit les taxis en renonçant à son appel

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Heetch, condamnée en 2017 pour exercice illégal de la profession de taxi, vient de désister de son appel. Ou quand un bon business vaut mieux qu’un mauvais procès. A la plus grande joie de la fédération des taxis. La start-up positionnée initialement sur le secteur du transport entre particuliers, est devenue depuis une plate-forme de VTC.

Désistement de la procédure en appel : condamnations définitives

Plusieurs sources concordantes ont ainsi indiqué que Heetch s’était désistée de son appel.

Le désistement de la société et ceux de ses cofondateurs – Teddy Pellerin et Mathieu Jacob – rendent ainsi leurs condamnations définitives. Ils avaient été condamnés le 2 mars 2017 pour complicité d’exercice illégal de la profession de taxi, pratique commerciale trompeuse et organisation illégale d’un système de mise en relation de clients avec des chauffeurs non professionnels.

Une lourde condamnation

En mars 2017, le tribunal correctionnel de Paris avait infligé une amende de 200.000 euros dont 150.000 euros avec sursis à la société, et 10.000 euros d’amende dont la moitié avec sursis à Teddy Pellerin et Mathieu Jacob.

Start-up française fondée en août 2013, Heetch  développe au départ une application mobile de covoiturage de nuit. Mais après la décision de justice de 2 mars 2017, l’entreprise suspend son service historique en France. Elle redevient opérationnelle 2 semaines plus tard, sous une forme plus traditionnelle et délaisse le covoiturage de nuit pour se transformer en entreprise de VTC disponible 24 heures sur 24.

L’application est développée pendant l’essor de l’économie de partage. Elle s’inspire de plusieurs sites internet comme Airbnb ou Drivy.

À l’origine, Heetch souhaite rendre la nuit plus accessible et s’adresse surtout aux jeunes qui rentrent de soirée. L’application n’est en effet utilisable alors qu’à partir de 20h du jeudi au samedi. 80 % des utilisateurs sont des jeunes de moins de 25 ans et deux tiers des trajets se font en banlieue. L’application est dans un premier temps utilisable dans les villes françaises de Paris, Lyon et Lille. Organisant un système de covoiturage, elle met ainsi en relation les particuliers avec les conducteurs non professionnels.

Mais reconnus comme ayant entretenu la « précarisation » et l' »angoisse » des chauffeurs de taxi, Heetch et ses fondateurs avaient été condamnés en mars 2017 à leur verser 441.000 euros au titre du préjudice moral. Soit l’équivalent d’une somme de 300 euros pour chacun des chauffeurs ou associations de chauffeurs parties civiles, un ensemble de plus de 1.400 plaignants. Les accusés avaient dû également régler les frais de justice des plaignants, d’une valeur globale de 91.000 euros.

L’avenir de Heetch désormais lié aux VTC

« On n’a pas envie de perdre du temps sur l’historique » a expliqué Teddy Pellerin, pour expliquer ce qui a conduit les dirigeants à renoncer à l’appel. Laissant ainsi entendre qu’après avoir démarré sur un concept sujet à controverse, la start-up avait redémarré sur la base d’une plate-forme mettant en relation des chauffeurs VTC avec des particuliers. Une affaire qui roule selon lui.

La société souhaite ainsi tourner la page sur son historique malencontreux. Indiquant que la condamnation était liée au fait que la plate-forme initiale «  permettait de mettre en relation des conducteurs qui sont des particuliers et des passagers pour se déplacer la nuit dans un principe d’économie de partage ».

Les taxis ravis de la nouvelle

La Fédération Nationale du Taxi s’est réjouit d’une telle nouvelle.  « Nous nous félicitons de cette nouvelle, et espérons que les autres acteurs qui font du transport de personnes à titre onéreux illégalement respecteront enfin la réglementation », a réagi Jonathan Bellaïche, avocat de la Fédération Nationale du Taxi et de la Fédération Française des Taxis de Province, parties civiles dans ce dossier.

L’avocat a toutefois profité de son intervention pour annoncer qu’une prochaine « action collective en indemnisation » serait intentée par « les chauffeurs de taxi impactés par l’activité illicite qui avait été déployée par Heetch et qui n’ont pas encore été indemnisés ».

La nouvelle plate-forme conçue par Heetch devra tout de même s’avérer bien rentable pour pouvoir absorber ces lourdes charges… mais la société a semble-t-il bien prévu les choses …

Programme de souscription d’actions pour ses chauffeurs indépendants

En septembre 2018, la start-up a lancé un programme de bons de souscription d’actions (BSA). Objectif affiché : permettre à ses travailleurs indépendants d’être intéressés (et intimement liés ) à son avenir. Ce qui devrait permettre au passage de les fidéliser. Elément non négligeable …

Depuis le 1er janvier 2019, la société a ouvert environ 5 % de son capital sur 8 ans à ses chauffeurs travaillant en indépendants.

Ces bons de souscription d’actions (BSA) leur seront accessibles dès à partir du 100e trajet qu’ils auront réalisé pour l’application.

Sources : AFP, Wikipedia, Heetch, Les Echos

Crédit Illustration : Heetch

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