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50 ans déjà : De Tomaso Mangusta

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De Tomaso… Marque singulière s’il en est, et associée au mieux dans l’imaginaire collectif à la Pantera, berlinette au style italien et au cœur ricain. Pourtant, quatre ans avant, le mythe autour de la marque avait commencé avec un autre spécimen ; la Mangusta. Objectif assumé ? Devenir la bête noire de la Cobra de Carroll Shelby, tout comme la mangouste est la terreur du serpent du même nom…

Exilé de son Argentine natale, Alejandro De Tomaso commence par être pilote de course pour les frères Maserati, puis pour OSCA. Mais en marge de la compétition, il crée sa propre marque, et dévoile en 1963 la Vallelunga, qui tire son nom du célèbre circuit italien, motorisée par un quatre cylindres d’origine Ford. Déjà.

Lee Iaccoca, le père de la Mustang, a en effet commencé à tisser des liens avec l’Argentin, en lui promettant notamment de lui fournir des moteurs pour ses futures créations. Après la Vallelunga, produite à 53 exemplaires, De Tomaso va présenter au salon de Turin 1966 (le 26 novembre 1966 très exactement) sa nouvelle création, la Mangusta.

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Initialement prévu pour la compétition, le prototype 70P renommé Mangusta en vue de sa commercialisation va être habillé par le talentueux styliste Giorgetto Giugiaro, fraîchement recruté par la carrozzeria Ghia. Racée, la ligne se voit sublimée par la cinématique de son capot moteur, qui s’ouvre en deux parties. Les traditionnelles jantes Campagnolo, typiques à l’époque sur les sportives italiennes, viennent chausser le bolide.

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Avec un moteur V8 Ford 289 c.i. de 4,7 litres et 305 chevaux, inutile de dire que les performances sont au rendez-vous : optimisme de l’usine ou non, la Mangusta abat(trait ?) le kilomètre départ-arrêté en 24 secondes et atteint(drait ?) 260 kilomètres-heure en pointe… Du moins pour la version européenne, car le modèle commercialisé aux Etats-Unis recevra un V8 de 302 c.i. ne développant ‘que’ 230 chevaux… C’est un certain Kjell Qvale qui s’occupe alors de l’importation de la voiture chez l’Oncle Sam, et c’est lui qui reprendra à son compte, plus de trente ans plus tard, la commercialisation de la De Tomaso Bigua, renommée Qvale Mangusta, Alejandro De Tomaso s’étant entretemps retiré du projet.

Fidèle à ses liens avec la course, et suivant les doctrines de Lotus et d’Alpine, De Tomaso adopte un châssis poutre en Y, qui permet non seulement d’améliorer la rigidité mais également de gagner du poids (on se rappellera de la fameuse maxime ‘light is right’ du créateur de Lotus, Colin Chapman…). L’intérieur est quant à lui spartiate, mais sans pour autant être dépouillé !

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Si l’on se reporte aux données techniques d’époque, son poids contenu permet à la Mangusta de n’afficher, malgré le lourd V8 Ford, que 1300 kilogrammes sur la balance, et d’adopter un comportement pour le moins dynamique et enthousiasmant. Pour autant bien sur que l’on aime et que l’on puisse maîtriser les inévitables dérobades du train arrière !

Prélude à la Pantera qui suivra quatre ans plus tard, la Mangusta marque le début des supercars, tout comme la Lamborghini Miura. Et si l’italienne reste célèbre pour son rôle dans L’Or se Barre, l’italo-américaine prendra sa revanche longtemps plus tard, en apparaissant comme monture de l’infâme Bill (incarné par David Carradine) dans Kill Bill 2

Illustrations : De Tomaso

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4 Commentaires sur "50 ans déjà : De Tomaso Mangusta"

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Invité

Décidément, Ford faisait feu de tous bois à l’époque…

Invité
Thomas Roux
Invité

Merci ; cette marque a déjà passé trop de temps aux oubliettes de l’histoire, pourtant son passé est extrêmement riche…

Rowhider
Invité

Une voiture toujours aussi spectaculaire et une ligne magnifique.
Sa tenue de route particulière la rend quasi inexploitable sur route ouverte: c’est fait pour cruiser sur la croisette ^^

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