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Essai Renault Clio IV TCe 90

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Le constructeur au Losange, au même titre que la maison sochalienne et la 208, n’a pas d’autre destin que le succès avec sa nouvelle Clio 4. L’Histoire parle pour elle, avec des chiffres de ventes qui s’établissent au bout de 22 ans à 12 millions d’unités environ. La vieillissante Clio 3 tire donc sa révérence alors qu’elle se défendait bien, encore dans le haut du classement en France comme en Europe. Contrairement à d’autres, Renault adopte la stratégie du renouvellement radical pour son best-seller. Bon ou mauvais choix ?

La concurrence s’étoffe et surtout s’affûte au point d’attirer des clients du segment supérieur vers celui de la Clio et de ses compétitrices. Renault a également fait cette analyse, et s’est donc attaché à développer une voiture avec un style plus affirmé, un habitacle plus cossu, toujours plus d’équipements et des moteurs frugaux. Cela donne en réalité une petite auto qui ne l’est plus vraiment, avec des cotes qui ont grandi dans toutes les dimensions. Du coup vu les surfaces disponibles, on a le sentiment que les designers pouvaient s’adonner à des coups de crayons plutôt inhabituels sur ce type de véhicule, avec des ailes ciselées et gonflées et une face avant plutôt massive à l’image des gros feux. La nouvelle identité Renault se manifeste ici par la calandre noire avec les ailes de Batman, sans les oreilles entre les deux phares, où trône au milieu le logo hypertrophié de la marque.

Disponible uniquement en 5 portes

Si de face on peut encore détecter un semblant de filiation avec l’ancien modèle, Renault a dessiné un arrière inédit avec notamment des petits feux et un béquet donnant une allure sportive assez inattendue. Heureusement, pour éviter les interrogations chez les suiveurs, est apposé sous le logo un imposant « CLIO ». Pour le profil, l’équipe de Laurens Van Den Acker a voulu donner une allure de coupé à cette carrosserie unique, puisque la française ne sera disponible qu’en 5 portes. Pour cela, des baguettes à la base marquent l’enfoncement des portières vers le milieu, mais surtout les poignés des ouvrants arrière ont été « camouflées ». Vu le jaune vif de notre modèle d’essai, l’astuce n’apparaît pas très convaincante. Il en ressort des petits détails que certains trouveront étranges, comme la minuscule vitre de custode qui ne sert ni la luminosité, ni la visibilité.

A l’intérieur, Renault a cherché à nous donner un aperçu des options de personnalisation possibles. Nous avons donc eu droit à des placages laqués sur le volant et au niveau du levier de vitesse notamment, pour donner une ambiance plus sportive à l’habitacle. Heureusement les adeptes de la sobriété trouveront aussi leur compte dans le catalogue, pas d’inquiétude. Les compteurs au dessin très moderne apparaissent comme l’une des plus belles pièces de cet habitacle. Autour du grand compteur numérique dédié à la vitesse s’articulent deux plus grands cadrans dont à gauche le compte-tours et à droite l’autonomie. Simple, élégant et efficace ! Le revêtement principal de la planche de bord qui recouvre un plastique dur nous a semblé difficile à identifier. Au dessus de la boîte à gants on trouve un renfoncement au matériau grip où peut prendre place un portable et que nous avons immédiatement testé. Essai concluant, l’appareil n’a pas bougé d’un millimètre durant tout l’essai, même sur les bosses.

Renault promet une Clio connectée

La console monobloc laquée et très épurée intègre toutes les commandes de confort. Comme Peugeot pour la 208, Renault a également fait le choix de la centralisation des équipements multimédia sur un écran tactile. Malheureusement nous n’avons pu tester que le système MediaNav « limité » à l’audio et à la navigation. Néanmoins Renault promet le déploiement d’un appareil complet intégrant le R-Link qui fait de cette Clio une voiture connectée. Déjà sur la Twingo était prévu un système évolué avec des applications mobiles, à la mise au point laborieuse. Nous verrons donc si sur la Clio cet équipement particulièrement aguichant intégrera vite le catalogue.

La petite Renault a beau arriver la dernière, la finition, bien que correcte, ne fait pas d’elle la plus moderne et on le regrette. Le bond en qualité perçue par rapport à la précédente génération est toutefois significatif mais ne suffit pas tout à fait à l’inscrire dans le milieu des petites citadines chic et tendance malgré la customisation possible. A l’inverse les deux principales places arrière et la garde au toit, étonnamment généreuse pour une citadine, ne font pas de la Clio une égoïste. En outre, les 300 dm3 de son coffre la rapprochent plutôt d’une compacte.

Une consommation maîtrisable

Sous le capot de notre voiture d’essai Renault nous a proposé le trois cylindres essence TCe de 90 ch et 135 Nm de couple. De premier abord, les performances et la consommation font de ce petit bloc un bijou qui réconciliera le marché français avec le Super Sans Plomb. On apprécie son silence de fonctionnement à allure normale, et sa douceur de fonctionnement associée à une boite manuelle à 5 rapports. En jouant les ânes sans carotte, une consommation maitrisée autour des 5 litres, même en centre-ville congestionné fut facile à tenir. Le mode éco dans les périphéries des villes, qui impose une baisse du couple à l’accélération, permet même d’atteindre sans forcer un chiffre entre 4 et 5 litres. Mais il y a un revers de la médaille, à plusieurs faces même pourrait-on dire si cette construction géométrique était possible.

D’abord, en jouant maintenant les jockeys un dimanche de tiercé, la Clio dans l’arrière-pays de Toscane nous a gratifiés d’une valeur moyenne au-delà des 7 litres, en étant complètement déraisonnable on le concède. Le plus dérangeant toutefois pour une voiture qui espère attirer des clients du segment C réside dans sa capacité à être terriblement avare en agrément au volant sur les petites routes. La faute à un cruel manque de vigueur dès que l’on monte dans les tours, malgré pourtant un couple impressionnant à bas régime mais qui s’essouffle rapidement. Il faut alors anticiper les manœuvres de dépassement, et jouer beaucoup du levier dans la montagne lors des relances…le passage en première vitesse n’étant pas rare pour s’extirper des épingles montantes.

Le châssis n’atteint pas le dynamisme d’une 208 mais se rachète au profit d’un confort plus agréable notamment sur les routes dégradées. A noter que la Clio 4 tire sa plateforme de l’ancienne génération, avec des trains roulants élargis et améliorés. Sans faire appel à un petit volant, la direction de la Renault à assistance électrique a ce qu’il faut de consistance pour bien sentir l’avant. S’il en ressort un comportement au final plutôt quelconque, sa rigueur ne la rend pas déplaisante à conduire. A vrai dire, chaque fois qu’on la repoussait dans ces derniers retranchements, nous mesurions en chaque instant la marge de progression pour la future déclinaison RS, qui avec une base si neutre devrait se révéler détonante. Etrangement, la Clio s’apprécie presque plus en dehors des villes qu’en leur coeur. En effet, suivant sa position de conduite, on ne sait pas toujours où sont placées les limites de la voiture. Si l’habitude devrait rapidement palier cela, méfiance tout de même dans les premiers jours.

A découvrir dans les allées du Mondial de l’Automobile

Vendue dès 13 700 €, la nouvelle venue offre déjà le « minimum plus » si l’on peut dire, puisque la finition de base comprend un limiteur de vitesse avec fonction régulateur et un ESP notamment. Quant à notre version TCe 90, il faut débourser au moins 16 900 € (200 € de bonus à déduire), et avec nos options environ 18 500 €. Avec le jeu des remises, il devient presque sans intérêt de comparer les tarifs bruts par rapport à la concurrence. Toutefois pour soutenir le lancement, Renault dit se démarquer avec une garantie de 5 années, une offre limitée pour l’instant à quelques semaines.

La guerre civile peut désormais faire rage, chacune des deux marques françaises ayant dévoilé ses armes… Vivement les prochains mois de commercialisation communs à la 208 et la Clio 4, pour désigner le vainqueur de la première bataille. En attendant, rendez-vous dès la semaine prochaine au Mondial de l’Automobile à Paris pour une confrontation visuelle.

Lire également:
Première rencontre : Renault Clio IV

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42 Commentaires sur "Essai Renault Clio IV TCe 90"

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Bruce
Invité

Très sympathique clio
Une ligne latine avec un museau très marqué un profile soigné avec la poignée caché façon alfa Roméo et un arrière très typé seat 🙂
Des motorisation moderne avec un nouveau moteur 3 cylindre un peu poussif , mais saluons l effort de Renault pour aller dans la bonne direction des petits moteur comme Fiat avec le twin air et Ford avec l eco boost 🙂
Un intérieure branché façon Peugeot 208 >>>moderne et interactif

r.burns
Membre

Même problème que la 208, moteur poussif
Ils ont oublié le turbo en cours de route, enfin c’est ça de plus pouvoir faire de R&D
La honte par rapport au bien plus efficace tfsi 85ch sorti il y a un moment
Résultat comme il faut grimper dans les tours pour avancer, la consommation normalisée est plus que théorique… et ça prétend être une alternative au diesel avec ça… pas gagné
merci Peugeot merci Renault grace vous le diesel hélas encore un avenir

jurassix
Invité

Heu, TFSi 85cv, bonjour le veau, des rapports longs comme une journée sans pain et besoin de beaucoup jouer du levier pour pouvoir s’extirper d’un doublement. Pas pret de relouer ça…

Après, faut arreter avec vos moteurs poussifs : une auto qui fait de la ville a 90%, elle a pas besoin d’un moteur performant pour passer d’un feux à l’autre. Si on veut de l’agrément, on vise des versions plus grosses….

L’essentiel ici : moteur agréable et silencieux, distribution par chaîne, conso assez prometteuse (le 7L a priori dépassé en tirant dessus, mais en conduite normale ville, 5.5L d’après certains essais).

Jurassix
Invité

Vu l’acceuil de la presse etrangere et les commentaires des internautes, elle devrait avoir du succes, et ce serait merite!

Jean
Invité

La presse loue ce petit 3 cylindres mais déplore la qualité des matériaux. Ici, ça serait plutôt l’inverse. Curieux.

Kaizer sauzée
Invité

Normal, ces essais sont totalement subjectifs…
Ce qu’il faut retenir c’est que cette Clio a l’air réussie.
Par exemple les commentaires sur la tenue de route (« on ne sait pas toujours où sont placées les limites de la voiture »), ne servent à rien car la grande majorité des conducteurs resteront bien en-deçà des ces limites. Il faut des qualités de pilote pour pousser les voitures d’aujourd’hui dans leurs derniers retranchements. Déjà la Clio2 était impressionnante sur le sujet, surtout comparée à la 206.
L’important est le compromis tenue de route / confort qui , d’après cet essai, a l’air réussi.

Fabien
Invité

@Kaiser : Je ne suis pas d’accord, certaines voitures sont assez traitre avec un manque de remontée d’information qui fait que le conducteur peut avoir tendance a prendre confiance et finir par se faire peur sur routes mouillées par exemple. C’est jamais agréable de sentir une voiture dérapée de l’avant (pour ce genre de véhicule) dans un virage sans l’avoir senti venir même si c’est récupérable surtout avec l’esp.

Kaizer sauzée
Invité

@ Fabien : Quel âge as-tu ? Comment conduis-tu ? En conduite « normale » cela n’arrive jamais pour ainsi dire.
Pour avoir une Clio 3 dans le garage, quelle que soit la façon dont je la conduis (quand je suis pressé mes réflexes de mes années de rallye me reviennent…), y’a vraiment pas de soucis.
En plus comme tu dis, elle a l’ESP de série, alors pa ni pwoblèm !!!

Fabien
Invité
@Kaiser : Je ne conduis pas comme un fou. Mais j’avais une veille voiture très communicative (Civic 91) et avec ma nouvelle voiture (Ford fiesta 03′) il m’est arrivé une fois de sentir le train avant partir légèrement partir sur une bretelle d’autoroute détrempée. J’étais loin de me planter mais ça m’a fait peur parce qu’avec mon ancienne voiture j’aurais pu beaucoup mieux l’anticiper. Après, c’est vrai qu’il m’a fallu un gros orage et des pneus pas neufs pour le sentir, donc c’est sur que c’est pas hyper représentatif. Néanmoins, ce genre de commentaire dans l’article m’intéressent aussi parce que… Lire la suite >>
jurassix
Invité
+1 Fabien, c’est essentiel. Sentir dans le retour volant que l’avant approche de la limite bien avant que celle-ci- ne commence à décrocher est très sécurisant, surtout sous la pluie ou la neige. C’est une caratéristique essentielle d’une auto qui permet de conduire de façon plus sereine. A l’époque de la 206; l’arrière avait tendance a vouloir passer devant trop facilement, avec peu d’information. Ca se voit sur circuit ou j’ai vu pas mal de berets assez violents. Par contre, c’est de l’ordre du ressentit, et d’autres essais presse font plutot l’éloge du retour d’information. bref, mieux vaut se faire… Lire la suite >>
nono
Invité

+1 Bruce

Fun
Invité

Dans l’ensemble, la première impression est bonne!
Même si on retrouve des traits Seat à l’arrière.
Mais bon, dans toute voiture, on retrouve des similitudes avec d’autre marque…

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