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Essai Lotus Evora IPS: Reine d’Angleterre

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Chers lecteurs. Depuis le temps que vous lisez Leblogauto, vous avez certainement du identifier les différents bloggueurs ainsi que leur domaine de prédilection. Pour certain il s’agit de la Chine, d’autres de Mercedes ou encore du sport auto… Pour ma part ça serait les sportives et plus spécialement les sportives légères! Alors quand l’invitation pour l’essai de l’Evora IPS à Hethel est tombée à la rédaction du Blogauto, mon sang n’a fait qu’un tour!Quand on a exerce le métier de journaliste, on en devient parfois « blasé ». On oublie l’immense chance que l’on a de conduire de telles voitures au quotidien. Néanmoins, il y a des évènements qui vous remettent les pieds sur terre et la tête sur les épaules. Essayer une lotus est déjà un très beau cadeau en soi. Mais la tester au quartier général à Hethel! C’est un peu comme un enfant qui rentre dans un magasin de jouet… Magique

La légende pèse, et l’on prend soudainement conscience du privilège que nous avons. C’est avec un certain pincement au coeur que je franchis le portail d’entrée de la firme d’Anthony Colin Bruce Chapman. Là, sur le parking, ce n’est qu’une succession d’Elise, Evora qui n’attendent que de quitter le lieu pour retrouver leur futur propriétaire. Au détour d’un bâtiment, je tombe nez à nez avec une Esprit V8 SE au son démoniaque. Le programme s’annonce bien!

« I » comme Intelligent

Nous sommes directement conduits au briefing afin de connaître les spécificités de la nouvelle boîte IPS (Intelligent Precision Shift)à 6 rapports. Tout comme le V6, cette boîte automatique est issue de Toyota. Mais comme le moteur, elle a été revue par les ingénieurs de Lotus. Relativement légère, (le surpoids total n’est que de 40kg), l’IPS possède le nom « intelligent » pour sa capacité à s’adapter à la conduite du pilote. Par exemple, lorsque l’on coupe le contact, la boîte passe directement en mode parking; ou encore en mode automatique, elle rétrograde plus ou moins vite en fonction de la pression exercée sur la pédale de frein. Il est important de noter que nous ne sommes pas ici en présence d’une boîte double embrayage mais d’une boîte classique.

Au niveau présentation, Lotus s’est inspirée de Lamborghini ou encore Ferrari, en supprimant le levier de vitesse de la colonne centrale. On retrouve donc 5 boutons : R, N, D, P, Sport

Le mode D peut être à la fois piloté en mode automatique et en mode manuel. Pour changer, il suffit de maintenir la palette + ou -, 2 secondes. Si au bout de 10 secondes   les palettes ne sont pas utilisées, alors la boîte repasse automatiquement en mode automatique.

Le mode sport quant à lui n’est pas qu’une appellation marketing. Les bénéfices sont vraiment présents. En premier lieu, le passage des vitesses s’effectue uniquement via les palettes, rendant les passages plus rapides et renforçant l’esprit sportif. Ensuite, le mode sport vient modifier les paramètres de l’accélérateur. Les accélérations sont plus franches, les montées en régime plus rapides. Nous verrons lors de notre essai que le changement est radical.

L’option IPS est proposée à 2000€ et uniquement disponible sur la version Evora classique pour le moment. Les performances sont en diminution avec un 0 à 100Km/h abattu en 5,5 secondes versus 5,1 secondes pour la version standard et une vitesse de pointe de 249Km/h versus 260Km/h. Enfin la consommation est en légère hausse avec une consommation de 12,2 litres en cycle urbain, 6,6 litres sur autoroute et 8,8 en cycle mixte.

« P » comme Précision

Si il existe bien un mot pour qualifier une lotus c’est bien le mot précision. Châssis strict, direction vive, accroche directe… une arme sur circuit. Si nous sommes plus habitués à la Lotus Elise, référence en terme de véhicule sportif léger, l’Evora n’est pas en reste.  Le design aussi est précis. Mélange de courbes et d’arrêtes saillantes, l’Evora mixe les styles et les genres.

Contrairement à l’extérieur, l’intérieur de la voiture est plutôt sobre, voir consensuel. Les sièges Recaro sont superbes et offrent un très bon maintien. L’ensemble est plutôt bien fini, même si nous ne sommes pas au niveau des productions allemandes…

Si l’Evora semble elle aussi pouvoir être affublée du mot « Précision », il n’en est pas de même pour son GPS. Peu précis, et d’un graphisme d’une autre époque, le GPS fait tâche dans le décor. En fait c’est tout l’ensemble multimédia Alpine qui fait désordre. Peu intuitif et peu lisible, on préférera baisser la fenêtre et se contenter du son du V6!

« S » comme Shift

Il est maintenant temps de prendre le volant de la belle Anglaise. C’est une boucle autour d’Hethel d’environ deux heures qui nous est proposée pour découvrir cette boîte IPS. Au programme petite route de campagne et autoroute anglaise. Bien assis dans le baquet, je tourne la clé de contact qui ébroue le 6 cylindres. Relativement discret, malgré les imposantes sorties d’échappement, le moteur cache bien son jeu et son tempérament sportif.  Il me faut quelques minutes de roulage pour m’habituer à la circulation à contre sens. Pas facile de conduire une anglaise avec un volant à gauche! Surtout pour les dépassements! Les sensations découvertes lors des Pirelli Days du mois d’Octobre reviennent, et je retrouve une voiture au comportement sain, joueur, à la direction précise, et au grip phénoménal (NDLR: Les Pirelli P-Zero développés spécialement pour Lotus, n’y sont certainement pas étrangers). La boîte en mode drive est très douce, les rapports passent sans que l’on s’en aperçoive vraiment. Du tout bon. Mais on pourra faire la même critique que pour la boîte manuelle, à savoir que les rapports sont bien trop longs. Le mode manuel permet de combler cela, cependant, on reste frustré de ne pas pouvoir monter plus dans les tours alors que le moteur ne demande que ça.

Après une vingtaine de kilomètres, il est grand temps de passer en mode sport. Une pression sur le bouton « P » de la console centrale et la voiture se voit transformée. D’un coupé sportif relativement confortable, on passe a une vraie voiture de sport. La réactivité de l’accélérateur est accrue, le moteur devient plus mélomane, les montées en régime plus franches. On se régale de sauter de virage en virage. La direction efficace couplée à l’adhérence monstrueuse des pneus, donnent confiance et poussent le pilote vers ses limites.

Ces deux heures s’écoulent à un rythme effréné, et il est très difficile de rendre les clés. Malgré ses réelles qualités, la boîte IPS possède deux défauts. En mode Drive, avec utilisation des palettes, il est un peu déstabilisant de repasser 10 secondes plus tard en mode automatique si les palettes ne sont pas sollicitées. Un mode tout manuel aurait été préférable. Le deuxième point négatif intervient lorsque la boîte rétrograde. A chaque tombée de rapport, les gaz sont relancés, à la manière d’un double débrayage, afin de faciliter la reprise. Ici, la boîte reste trop longtemps dans les tours, et le léger coup d’accélérateur devient un peu trop présent à la longue.

Le dernier point négatif se situe au niveau de la visibilité arrière. Elle est quasiment nulle, et il faudra vraiment veiller à utiliser les grands rétroviseurs extérieurs.

Verdict

Cette voiture bluffe par sa capacité à passer d’un comportement de routière à celui de sportive. On est vraiment en présence d’une voiture à deux faces. Certes elle n’est  la meilleure dans aucun des domaines (NDLR: on préférera une Elise pour le circuit, plus légère, plus facile à amener) néanmoins, elle saura satisfaire son propriétaire, capable de le transporter dans la vie de tous les jours, et capable de lui offrir quelques sessions mémorables de circuit, un peu à la manière d’une Porsche Cayman…

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14 Commentaires sur "Essai Lotus Evora IPS: Reine d’Angleterre"

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Tibo35
Membre

« un peu à la manière d’une Porsche Cayman »
Sauf que le Cayman est un strict 2 places (contre 2+2 à l’Evora). D’ailleurs avez-vous tentez les places arrières?

Merci pour l’essai et le photos (veinard 😛 )

ticazoé
Invité

Merci pour ce très bon test.

J’avais entendu que malgré une diminution des performances au 0 à 100 et en vitesse de pointe par rapport à l’Evora classique, cette Evora IPS apporterait beaucoup plus de sensations et le son du moteur était réellement plus aggressif?
Je ne sais pas si vous aviez testé l’Evora Classique et si oui, si vous aviez également eu ces mêmes impressions?

thanks

scharley
Invité

Uue boite plus lente, des chronos en berne, une conso en hausse, et un mode automatique qui s’enclanche toutes les 10 sec…
L’inverse d’une PDK en somme … disponible sur …. le Cayman Porsche… Donc NEXT!!!

l’Elise / Exige a une vrai raison d’être (vous le confirmez d’aileurs). Cette Evora malhreusement une alternative non satisfaisante aux autos plus haut de gamme que l’Elise, à savoir le Cayman, la 370Z, la TT-RS…

Dommage, parce qu’elle est vraiment très belle (je trouve:))

Bises

r.burns
Membre

Il faut souligner que cette Evora n’est pas exactement un poids léger, étant plus lourde que la Cayman concurrente…

r.burns
Membre

Tu essaieras un Cayman S donc, une entrée de gamme fut-elle chez Porsche a toujours un caractère un peu moins sportif, il n’y a pas que le moteur qui change…

Marcel
Invité

mon commentaire a été enlevé,est- ce que c est parce que je montre ceci: http://www.venomgt.com/gallery/videos/

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