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Interview : Loïc Duval, champion de Formula Nippon 2009

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Si le titre de champion de l’Euro F3 2009 obtenu par Jules Bianchi a été largement médiatisé, il convient de ne pas oublier qu’un autre pilote français a obtenu un titre important en monoplace en 2009 : Loïc Duval, qui a remporté le titre de champion de Formula Nippon. Un titre obtenu avec la manière puisque Loïc a remporté 4 victoires en 8 épreuves. Il a bien voulu nous accorder un entretien à Tokyo au lendemain de la remise de son trophée où il nous parle de sa saison passée, de sa carrière de pilote professionnel au Japon et de ses perspectives à l’orée de la saison 2010.

Avant d’entamer la discussion, rappelons brièvement le début de carrière de Loïc. Né à Chartres en 1982, il a effectué un parcours classique en commençant par le kart de 1992 à 2001 avant d’aligner dans la foulée le titre de Formule Campus en 2002 puis le titre de Formule Renault France en 2003. Intégré dans le Renault Driver Development il effectue ensuite deux saisons en Euro F3, 11ème en 2004 puis 6ème en 2005. A l’issue de la saison 2005 il intègre l’écurie ASM pour le Grand Prix de Macau où il fait la pole position devant des gens comme Robert Kubica ou Sebastian Vettel. La performance du Français attire l’attention de l’ex-pilote Honda Satoru Nakajima, venu observer la course de son fils Kazuki, qui lui propose d’intégrer son écurie pour la saison 2006 en Formula Nippon et Super GT. Sans garanties sur son avenir en Europe Loïc accepte et à l’issue d’un parcours en progression constante depuis lors remporté le titre de Formula Nippon cette année. Outre son programme japonais, il a également piloté pour le team France en A1 GP de 2006 a 2008 et a couru les 24 heures du Mans en 2008 pour Oreca, un team qu’il a retrouvé en octobre dernier pour la course d’Asian Le Mans Series à Okayama.

Bonjour Loïc, merci de nous accorder cet entretien. Ta saison 2009 en Formula Nippon a été parfaite, non ?

« Oui. On avait déjà fait une très bonne seconde demi-saison en 2008, et en 2009 tout s’est parfaitement déroulé. On était prêt des le début de saison, et on a été aussi aidé par le fait que l’écurie Impul qui nous avait battu en 2008 a été relativement en retrait cette année. Au-delà de mon titre personnel, c’est vraiment le fruit du travail de toute l’équipe. »

On sait que Satoru Nakajima est très proche de Honda, est-ce qu’on peut considérer son écurie comme l’écurie d’usine Honda ?

« Non. S’il est vrai que Satoru Nakajima a pas mal d’influence chez Honda, en Formula Nippon le constructeur ne fait que fournir les moteurs. c’est Nakajima qui fait le choix des pilotes et prend toutes les décisions. Ce titre est avant tout celui de l’équipe Nakajima. »

Au classement du championnat tu termines devant Benoît Tréluyer (NDLA : champion 2006 de la discipline) et André Lotterer. Comment tu expliques cette domination des pilotes étrangers au championnat cette année ?

« Intrinsèquement, je ne crois pas que les Japonais soient moins bons. Il y a des pilotes vraiment rapides. Je dirais que ce qui fait la force des pilotes étrangers qui courent au Japon c’est la grande capacité d’adaptation que l’on est forcé de développer en Europe. Dès le kart on se retrouve à courir l’Europe, à changer de pays et à côtoyer des tas de pilotes. Pour arriver au Japon aussi, il a fallu s’adapter. En plus, en Europe tu es toujours jugé sur ton dernier résultat, alors il faut tout donner à chaque fois. Les pilotes qui ont fait leur carrière au Japon n’ont pas forcément toute cette expérience. Cette année, la voiture était nouvelle alors cette capacité d’adaptation a joué à plein. »

Quels sont les pilotes japonais qui t’ont impressionné cette année ?

« Mon coéquipier Takashi Kogure a été le plus dangereux pour moi. Il peut être le meilleur sur une course mais il a fait quelques erreurs sur la longueur de la saison qui l’ont empêché d’être dans la course au titre. Parmi les jeunes, Tsukakoshi et Izawa sont redoutables. »

Comment compares-tu la Formula Nippon avec l’A1GP puisque tu as l’expérience des deux disciplines ?

« Le niveau des pilotes en A1GP est élevé, mais la Formula Nippon est une discipline plus complète et plus professionnelle. Il faut gérer les pneus, les ravitaillements et la stratégie de course comme en F1. Cela donne en plus des courses animées. »

Comment as-tu trouvé la nouvelle voiture 2009 ? Et le système Push to Pass instauré cette année ?

« La nouvelle voiture était très physique au début. Ca s’est amélioré au long de la saison, mais c’est resté assez dur. Surtout quand il fait plus froid, à cause du grip. Sur certaines séances d’essai, tu voyais plein de pilotes rater leurs trajectoires en fin de séance, à cause de la fatigue physique… Pour ce qui est du Push to Pass, il n’était pas vraiment exploitable en l’état. Ca n’était jamais décisif. C’est nettement mieux sur la voiture d’A1GP, ou tu libères plus de puissance. C’est à revoir pour la saison prochaine. »

Quelles ont été les retombées du titre pour toi ?

« Au Japon, il est évident que cela donne du poids. J’ai reçu des offres des trois constructeurs pour la saison 2010 grâce à ça. En Europe, les gens ne se rendent pas vraiment compte de ce qu’est le sport auto au Japon, le niveau de professionnalisme, la compétitivité. Cela dit, quand on a un titre comme Benoît, André ou moi, on est reconnu dans le milieu. Les gens te reçoivent. »

En Super GT, par contre, ta saison a été pour le moins difficile. Quelle en était la raison ? La NSX n’était plus compétitive ?

« Plus qu’avec la voiture elle-même, on a surtout eu de gros problèmes de pneus. A cause du changement de règlementation aéro en 2009, les Dunlop n’étaient pas au niveau cette année, sauf circonstances particulières comme lors de la course de Fuji en septembre où je fais la pole sous la pluie. Quand tu enchaînes les mauvais résultats, au bout d’un moment tout le monde est démotivé. Les dernières courses ont été plus des séances d’essai qu’autre chose. »

Un mot de ton équipier Yuhki Nakayama ?

« Il ne s’est pas mal débrouillé mais c’est difficile de débuter dans ces circonstances. Quand tu arrives, tu as du mal à faire entendre ta voix, mais là encore plus ».

Quel est ton programme 2010 ? Tu remets ça en Formula Nippon et en Super GT ?

« Oui. Maintenant que j’ai gagné le titre en Formula Nippon, mon objectif majeur est le titre de Super GT. Je continue en Nippon aussi bien sûr, parce que j’aime beaucoup la course en monoplace, mais je vais surtout me concentrer sur le Super GT. »

Depuis cette interview, la présentation des équipes Honda pour 2010 a eu lieu et Loic intègre pour la saison à venir l’écurie Dome où il fera équipe avec Takashi Kogure. Nous avons contacté Loïc pour avoir ses impressions à l’issue du premier test avec sa nouvelle équipe et la nouvelle voiture, la Honda HSV-010 :

« Je suis très satisfait. La voiture est facile a conduire, elle apparait bien née. Mon association avec Kogure devrait donner de bons résultats. Nous n’avons pas de problèmes relationnels et nous avons des réglages compatibles pour l’essentiel. »

Tu as des projets en Europe ?

« Je veux refaire Le Mans. C’est une course fantastique. Cette année la course d’Okayama avec Oreca c’était super aussi. Je pense vraiment que l’endurance a un grand avenir, avec de nouvelles solutions technologiques en vue. J’ai bien l’intention de m’y consacrer dans quelques années mais pour l’instant je suis bien au Japon. En ce moment en Europe c’est difficile pour les pilotes, il s’est instauré un mode de fonctionnement étrange où, à part dans de très rares cas, les pilotes doivent payer pour rouler. Ça n’est pas ma conception des choses. Je suis un pilote professionnel, je développe et je pilote la voiture, c’est le service que je fournis, pas la recherche de sponsors ou je ne sais quoi. Au Japon je suis payé pour faire mon métier, je suis écouté, je suis reconnu, je m’y sens à l’aise. A l’issue de la saison 2005, la décision a été difficile mais j’ai le sentiment que j’ai fait le bon choix pour ma carrière. »

Merci Loïc, et bon courage pour une saison 2010 que nous suivrons comme chaque année pas à pas sur le blog auto. Les fans de Loïc Duval peuvent également suivre son actualité sur son site loicduval.com, et profitons-en pour signaler à ceux qui veulent en savoir plus sur la Formula Nippon le très dynamique et très bien renseigné formulanippon-fr.com.

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