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Essai Nissan GT-R

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Après la 370Z récemment testée sur route, l’idée de prendre en main la version Européenne de la Nissan GT-R nous faisait frétiller comme des gardons sur une plancha espagnole. L’annonce d’un essai mixte sur route et sur le circuit de Folembray était un gros plus qui devrait nous permettre d’en tirer la quintessence, à moins que le bi-turbo de 485cv n’ait l’audace d’être surdimensionné par rapport à la piste…

Cette version européenne comprend effectivement quelques modifications, pas une révolution en soi par rapport au modèle Japonais mais l’on serait tenté de dire ‘peu importe’ tellement les spécifications initiales se suffisent à elles-même. Le V6 bi-turbo de 3.8L, déjà bien né, s’octroie 5ch de plus pour arriver à 485ch et conserve son impressionnant couple de 588Nm, de quoi mettre en pièce le moindre embrayage de tracteur en béton armé soviétique. Les autres modifications sont d’ordre cosmétique avec l’introduction du coloris Gun Metal sur les jantes, une série Black Edition à jantes noires ainsi que l’option couleur blanc lunaire.

D’un point de vue look la Nissan GT-R ne fait pas toujours l’unanimité chez les fans de supercars. Les goûts et les couleurs ne se discutant pas, nul besoin de s’attarder sur ce point qui sera sans nul doute débattu dans les commentaires. Toujours est-il que la GT-R semble avoir été dessinée pour la performance. Son CX de 0,27 est un des meilleurs du marché et contribue en partie à sa vitesse de pointe annoncée à 310km/h.

Une fois installé à bord, les avis tendent à converger et les superlatifs fusent aisément. La position de conduite est idéale et l’ensemble harmonieux, mêlant à la fois confort, sobriété et sportivité avec un mélange équilibré de cuir et d’aluminium. Le volant en cuir piqué  résolument sportif est affublé d’un signe GT-R qui annonce la couleur. Le ‘pilote’ n’a plus qu’à se concentrer sur ses trajectoires et la pression mesurée sur la pédale de gaz pour maitriser l’engin, aidé par une instrumentation unique en son genre,  d’un tableau de bord central digital conçu par l’équipe technique du jeu Gran Turismo qui regorge d’informations dont entre autres, un indicateur de Force G, c’est dire…

Il est temps de passer aux choses sérieuses avec un premier essai routier. Le V6 bi-turbo de 3.8L aidé de 4 échappements en inox ravira les mélomanes dès ses premières notes de musique mais c’est à haute régime qu’il donne toute sa mesure. A faible vitesse, la GT-R est un jeu d’enfant, à la fois souple et confortable grâce à ses suspensions à réglage électronique à 3 positions: R (pour la compétition), Sports et confort. La boite de vitesses est tout aussi agréable. La CR6, conçue spécialement pour la GT-R, à double embrayage et 6 rapports est à la fois facile d’utilisation et très rapide.

Cette quasi familiale à bas régime est en fait un leurre total qui devrait afficher un message de prévention du ministère de la santé sur sa carrosserie. La moindre prise de confiance injustifiée suivie d’une légère pression sur l’accélérateur vous fait passer du statut de conducteur lambda à celui du pilote de chasse capable de transpercer la couche en quelques secondes. N’oubliez donc pas lors de votre premier essai de laisser l’ESP branché, au minimum sur ‘R’, ce qui en soit est déjà audacieux.

Les routes nationales bordant le circuit sont sinueuses à souhait mais bien trop étroites pour pouvoir tester un tel engin. La GT-R se comporte néanmoins de façon agile tant qu’elle n’est pas sollicitée outre-mesure. Dans le cas contraire, les enfilades arrivent à une vitesse hallucinante, ce qui peut rapidement mettre son conducteur à mal, si ce n’est que son châssis reste très rassurant, ses freins sont un gage de sécurité et son ESP veille en fond de tache pour remettre tout ce beau monde dans le sens de la route au cas où.

Une fois sur la piste, les conditions sont plus propices à un véritable test de performance. Nous passons donc en mode  ‘R’ pour l’ESP et les suspensions permettant au châssis de se libérer un peu des contraintes électroniques. Le V6 bi-turbo de 3.8L peut respirer et s’exprime totalement à  6400t/mn dans une sonorité ambiante des plus agréables. La GT-R, qui est une transmission intégrale, est précise en entrée de courbe et semble littéralement collée au bitume jusqu’au point de sortie quelque soit le traitement que nous tentons de lui infliger. Les freinages appuyés sont mordants et ne semblent à aucun moment perturber le châssis qui garde son cap. Il est temps de faire le test sans aucun aide électronique, c’est donc le ‘R’ de l’ESP qui saute pour éliminer toute intrusion électronique, sans quoi la vidéo risque fort de ressembler à une pub pour la SNCF avec le TGV en vedette.

Les sensations sont alors beaucoup plus directes et l’on se met à regretter l’étroitesse de la piste. La GT-R une fois inscrite au point de corde se met à légèrement glisser des 4 roues à l’accélération tout en conservant le cap. La boite séquentielle  à 6 rapports au volant répond au doigt et à l’œil en partie grâce à son double embrayage qui présélectionne le rapport suivant et les Bridgestone Potenza RE070 qui transmettent les sensations du bitume au volant comme des racing à température.

On peut imaginer le plaisir éprouvé par le pilote sur le Nürburgring lorsque celle-ci a réalisé un temps de 7mn26s7 . Dirk Schoysman, pilote Belge pour Nissan était présent sur notre essai mais faute de temps, nous n’aurons pas le plaisir de constater à quel point nous étions encore loin de la limite.

Avec un prix de base de €84 930, la Nissan GT-R risque fort d’attirer bien au-delà des fanatiques historiques de la Skyline ou des adeptes de Gran Turismo et de faire sérieusement réfléchir les propriétaires de Porsche Carrera, Corvette ZR1 ou autre Lamborghini Gallardo. Comme en conclut le jury du World Performance Car 2009 qui venait de la sacrer reine « A ce prix là, il pourrait bien s’agir de la meilleure automobile de passionné qui soit au monde »

L’essai vidéo

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1 Commentaire sur "Essai Nissan GT-R"

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Laurent de Picardie
Invité

Au secours ! Je vois sur votre générique de fin, l’œuvre Carmina Burana attribuée à Richard Wagner ! C’est absolument faux, il s’agit de Carl Orff !

Référence pour votre gouverne : http://fr.wikipedia.org/wiki/Carmina_Burana_%28cantate%29

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