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Super GT 2009 : présentation de la saison

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Comme chaque année, Le Super GT revient avec le printemps. Ce week-end s’ouvre à Okayama la saison 2009 du championnat vedette japonais. La crise économique qui touche durement le Japon n’a pas épargné la série, mais les dégâts sont moins importants qu’on aurait pu le craindre, et aucun des constructeurs engagés, Honda, Nissan et Toyota, n’a osé faire l’impasse sur ce championnat qui reste très populaire malgré la désaffection progressive des Japonais pour l’automobile. Un coup d’oeil rapide pourrait donner l’impression qu’on prend les mêmes et qu’on recommence, mais un examen plus approfondi révèle quelques différences et nouveautés significatives pour 2009.

Réglementations technique et sportive mises à jour

La grande nouveauté de la saison 2009 devait être un changement de réglementation technique majeur pour la catégorie reine, le GT500, avec l’objectif de limiter les coûts qui, comme à chaque fois que des constructeurs s’affrontent directement, sont devenus astronomiques. Le réglement prévoyait qu’un nouveau format de moteur commun avec la Formula Nippon, un V8 3,4l situé en position centrale avant soit adopté par les trois constructeurs. Mais la crise économique est passée par là et seul Lexus a adopté le nouveau moteur dans sa SC430 2009. Nissan et Honda ont préféré garder leur configuration 2008, avec le V8 4,5l pour la GT-R et le V6 3,4l pour la NSX, toujours en position centrale arrière dans cette dernière bien que Honda ait envisagé un moment de le passer à l’avant de l’habitacle. Sur le plan aérodynamique, par contre, la réglementation évolue et oblige les constructeurs à réduire l’appui de façon significative, et les trois voitures adoptent le changement de rapports via des palettes au volant.

Sur le plan de la réglementation sportive, les organisateurs ont revu le système d’attribution de lest pour éviter de générer à nouveau les incompréhensibles courses tactiques parfois vues en 2008. Le nouveau système, sur le papier du moins, n’apparaît pas beaucoup plus simple et on attendra de voir la pratique avant de déterminer si le but est atteint ou non.

GT500 : place aux jeunes

La Nissan GT-R dominatrice en 2008 repart avec l’intention de conserver le titre pilotes. Toutefois, ayant décidé d’entamer une campagne en FIA-GT en Europe, Nismo n’engage cette année en Super GT qu’une seule voiture sous sa propre bannière au lieu de deux habituellement. La voiture de Benoît Tréluyer et Satoshi Motoyama, les champions 2008, porte bien sûr le no1, et recevra à elle seule toute l’attention du team ce qui pourrait constituer un avantage intéressant. Les écuries satellites de Nismo sont toujours là, sans changement pour le team Impul et sa fameuse no12 bleue Calsonic qui a remporté deux épreuves la saison dernière. La paire constituée de Tsugio Matsuda et Sébastien Philippe est toujours aux commandes. Même continuité pour le Kondo Racing et ses deux pilotes JP de Oliveira et Seiji Ara dans la no24. La no3 d’Hasemi Sport, par contre, cumule les changements : nouvelle couleur après la perte de son sponsor titre Yellow Hat et retour au rouge et noir qui rappelle la sauvage Skyline RS Silhouette des années 80, nouvelle monte pneumatique avec le retour en GT500 de Michelin dont Hasemi Sport sera le seul représentant cette année et nouveau pilote puisque Hironobu Yasuda, champion GT300 2008, est promu dans la catégorie reine aux côtés de Ronnie Quintarelli.

Si les GT-R de l’année dernière ont été modifiées sans difficulté pour s’adapter aux nouvelles règles en matière d’aéro, la Lexus ne pouvait pas le faire et c’est donc une toute nouvelle auto qui est engagée en 2009. De six voitures l’année dernière, l’armada Lexus passe à cinq, le team Tsuchiya disparaissant de la grille pour cette année. Les autres équipes sont toujours là, avec en tête de liste la 38 du team Zent Cerumo et l’équipage Yuji Tachikawa et Richard Lyons qui se sont révélés très efficaces la saison dernière en restant en lice jusqu’à la dernière course pour le titre. L’écurie TOM’s Petronas et la no36, qui grâce à leur régularité ont remporté le titre par équipe l’année dernière, aligne comme toujours la paire de pointe du constructeur que sont André Lotterer et Juichi Wakisaka. Le Team Le Mans Eneos a déçu l’année dernière, ayant été victime pendant une bonne partie de la saison de de la défection involontaire de son pilote vedette Daisuke Ito, victime d’un grave accident lors du tournage d’une vidéo. Ito est dorénavant complètement remis et avec Bjorn Wirdheim tentera de mener la voiture no6 a un rythme plus conforme au standing de l’écurie et de ses pilotes. Pour les deux autres voitures, la 35 du team Kraft et la 39 du team Sard, le constructeur joue la jeunesse et place ses pilote du Toyota Young Drivers Program. Hiroshi Ishiura et Kazuya Oshima sur la 35 seront la paire la plus jeune de la catégorie, et le très rapide Kohei Hirate devrait faire des étincelles avec André Couto, qui par comparaison fait figure de vétéran, sur la voiture blanche et rouge soutenue par Denso.

Pas de changement majeur chez Honda qui risque de souffrir quelque peu avec la voiture la plus vieille du trio. Comme Toyota, Honda a décidé de placer des jeunes pilotes dans ses voitures et c’est ainsi qu’on verra Yuki Nakayama, issu de la F3 japonaise, faire ses débuts aux côtés de Loïc Duval dans la 32 du team Epson Nakajima, et Tsukakoshi Kodai dans la 17 du Real Racing avec Toshihiro Kaneisha. Kodai revient au Japon après une saison en Euro F3. Takuya Izawa et Ralph Firman seront à nouveau le fer de lance de Honda sur la no8 du team ARTA d’Aguri Suzuki, tout comme Ryo Michigami et Takashi Kogure dont la no18 du team Dome change de couleur et passe à un noir très réussi via l’arrivée en tant que sponsor titre de Rockstar, la boisson énergétique. La dernière NSX engagée est la no100 du team Raybrig Kunimitsu avec l’équipage 2008 inchangé constitué de Yuji Ide, qui a montré un regain de forme certain l’année dernière, et Shinya Hosokawa.

Dernière et surprenante concurrente dans la catégorie GT500, une Aston Martin DBR9 ! Il s’agit d’une ex-voiture de GT1 européenne que le team Hitotsuyama a rachetée avec l’intention principale de l’engager en Asian Le Mans Series afin de viser une invitation pour la Sarthe, et qui va être alignée dans quelques épreuves du Super GT via le team Nova Engineering. La voiture reçoit le no21 et sera conduite par Takeshi Tsuchiya, un habitué de la catégorie, et un gentleman driver issu de la Carrera Cup Japan nommé Akihiro Tsuzuki. Comme la dernière voiture européenne engagée par Hitotsuyama en Super GT, une Ferrari F550 il y a quelques années, l’Aston devrait souffrir d’un net manque de compétitivité, d’autant qu’elle doit rester compatible avec le réglement de l’ACO pour son engagement en Asian Le Mans Series en fin d’année. Mais la belle Anglaise sera un plaisir pour les yeux et les oreilles pour les spectateurs et, indépendamment de ses résultats, elle apporte une variété bienvenue.

GT300 : les pros prennent les commandes

La petite catégorie du championnat est le domaine réservé des écuries privées et c’est là que les effets de la crise se sont fait sentir avec le plus de sévérité: le plateau passe de 27 voitures à 21. Parallèlement, et paradoxalement, le niveau monte avec l’accélération d’un phénomène apparu ces dernières années, l’arrivée au volant des GT300 de pilotes professionnels n’ayant plus de volant en GT500. Ainsi la voiture championne 2008, la Nissan 350Z no46 du team Mola soutenue plus ou moins directement par Nismo voit arriver Masataka Yanagida aux côtés de Kazuki Hoshino. Les deux hommes forment un équipage qui aurait tout à fait sa place en GT500, tout comme par exemple Tatsuya Kataoka, lui aussi en rupture de GT500, qui rejoint Manabu Orido sur la Lexus IS350 du team Weds sport ou Katsuyuki Hiranaka qui passe de la NSX Epson à la Ferrari F430 no11 aux côtés de Tetsuya Tanaka. Autre arrivée importante, celles des deux Toyota Corolla Axio GT qui remplacent les Toyota MR-S vues jusqu’en 2008. Cette voiture est engagée par le team apr mais a été conçue et mise au point par Toyota Racing Development, signe que Toyota considère avec attention la catégorie GT300. Ces voitures, comme les pilotes cités, devraient rendre plus difficile la tâche des vrais privés qui se rabattent en masse sur des voitures européennes. On verra ainsi cette année pas moins de 3 Ferrari dont une nouvelle F430 ex LMS pour le team Daishin, 4 Porsche, 3 Lamborghini et la BMW Z4 qui a débuté en fin 2008.

La séance qualificative vient de s’achever à Okayama et livre la première indication des forces en présence : c’est la Lexus Zent/Cerumo no38 de Yuji Tachikawa qui a signé la pole devant celle du team Kraft, la 35, pilotée par Ishiura. Les GT-R sont à la peine mais les NSX limitent les dégats… En GT300, Tetsuya Tanaka fait parler la poudre sur la Ferrari F430 no11 devant la Lexus IS350 Weds sport de Manabu Orido.

Crédit Images : Super GT Association, Nissan, Toyota et Nakajima Racing

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