par Pierrick Rakotoniaina

Essai Citroën C4 Cactus Puretech 110 : On mélange tout !

La nouvelle Citroën C4 Cactus ne révolutionne pas l’automobile, toutefois elle apporte, ne serait-ce que visuellement, un certain vent de fraicheur qui la rend incomparable à l'existant. En outre, elle s’amuse à mixer plusieurs univers, nous poussant à discuter de quelque chose la concernant quasiment à chaque kilomètre parcouru. Néanmoins, elle se démarre avec une clé, se conduit de manière plutôt conventionnelle, histoire de ne pas nous laisser sans repère. On l’adore, on la déteste, on ne sait plus vraiment.

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En 2007, Citroën utilisait parmi d’autres le mot « essentiel » pour qualifier ce qu’allait être la C4 Cactus. Force est de constater que de l’extérieur, cela ne se voit pas. On a plutôt tendance à penser d’ailleurs que le département de design n’a pas véritablement été à l’essentiel. En vérité les traits sont plutôt simples, mais les airbumps à eux seuls donnent le sentiment d’un véhicule au dessin plutôt torturé sous certains angles, en plus des attributs de baroudeur que sont les protections plastique parcourant les soubassement et entourant les arches. À l’avant l’identité Citroën se caractérise par ces feux de jour horizontaux et les principaux dans le bouclier. A l’arrière, la C4 Cactus a droit à de simples blocs carrés reprenant toutes les signalisations lumineuses nécessaires.  Il en ressort un faux air de petit SUV urbain ou de compacte surélevée. Il n’en est rien, puisqu’elle ne dépasse pas les 1,48 m de hauteur. A titre de comparaison, une C3 mesure 1,53 m. Du coup, au premier regard, la vue semble brouillée, puisque la voiture n’a pas les dimensions correspondant à son style, et cela apparaît flagrant dans le flot de circulation. Pour la continuité du design au niveau des vitres et pour d’autres obscures raisons, la C4 Cactus se dispense de fenêtres ouvrantes à l’arrière. La question ne se pose pas dans un coupé, seulement voilà quand on dispose d’une porte, on s’attend à pouvoir baisser le verre.

Sinon les airbumps, c’est quoi ? Il s’agit simplement de bulles d’air dans une structure plastique qui absorbent les petits chocs quotidiens. On ne peut donc agresser une C4 Cactus en ouvrant une porte sur un parking, tout comme vous ne ferez pas de mal à la voiture voisine en ouvrant la votre. Néanmoins, notre conscience professionnelle nous a poussés à mettre en place notre propre test pour vérifier la solidité de ces dits airbumps. Point de chariot de supermarché à l’horizon, et nous ne voulions pas prendre le risque d’une collision avec une autre voiture, même à vitesse d’escargot. Le soulier en taille 43 de votre serviteur allait bien faire l’affaire, et c’est en réalisant un vilain geste d’art martial que la porte avant droite fut fermée. Bilan ? Pas une bosse… juste un dépôt de poussière venant de la semelle, facilement effacée d’un coup de main. Ce choc extrême que nous jalouse l’Euro-N-Cap, prouve qu’en effet la C4 Cactus se montre à l’abri des épreuves de la vie quotidienne au cœur des villes les plus hostiles.

L’habitacle mélange aussi les genres. La présentation s’avère particulièrement moderne, et ne semble pas tirer ses codes de l’automobile. Une fois assis dans le moelleux siège derrière le volant se présentent devant soi deux écrans. Un à affichage numérique en lieu et place des compteurs, sans aiguilles ni même compte-tours d’ailleurs, où apparaissent les informations essentielles. L’autre, piqué à la C4 Picasso (ou 308), reprend donc les commandes de confort centralisées d’où on commande aussi bien la climatisation que l’audio ou le GPS. La plupart des panneaux faits de plastique dur, sonnent plutôt cheap, toutefois cela tranche avec des détails visuellement haut de gamme comme les poignées de portes façon maroquinerie , ou le couvercle de boite à gants. Cette dernière d’ailleurs à bonne hauteur, dispose d’une capacité confortable. Non, Citroën n’a pas fait l’impasse sur l’airbag passager, mais l’a logé dans le plafond.  A l’arrière, l’espace s’apprécie sans problème, attention toutefois pour les plus grands. Dans les contre-portes, de larges bacs, car sans mécanisme pour abaisser les vitres, cela laisse de la place. Le coffre offre une considérable capacité de chargement, mais la banquette se rabat d’une seule pièce. En même temps, à quand remonte la dernière fois où vous avez effacé seulement un ou deux tiers de la vôtre ? Essentiel, on vous dit. On regrettera par contre un seuil haut qui ne facilite pas la vie.

Au volant, la conduite n’a rien de low cost. Dans ce monde où la course à la puissance participe pour certains au plaisir de conduite avant même de tourner la clé, on se surprend à constater que les modestes 110 chevaux de notre moteur essence (disponible cet automne) meuvent notre C4 Cactus sans sourciller. On se demande même s'il n'en a pas 20 chevaux de plus en bonus. Il n'en est rien. Le secret se cache en fait dans la chasse aux poids, avec à peine 1000 kg à tirer dans notre configuration, voire 965 avec un petit moteur. Du coup,  on se rend compte que les petites roues et petits freins sont suffisamment dimensionnés. L’auto ne manque donc pas de nervosité, et la direction consistante ne donne pas le sentiment de conduire une citadine bas de gamme. Notre C4 Cactus à la plateforme de Peugeot 2008 s’avachit plus sur ses appuis, semble aussi moins rigoureuse, mais ne pénalise aucunement le confort. Le niveau d’insonorisation en retrait par rapport aux concurrentes de ce gabarit démontre là aussi que Citroën a économisé quelques kilos sur la balance aussi dans ce domaine. Ce moteur e-THP avec start/stop se plaît bien sous le capot, avec en plus des consommations assez bien maitrisées, excédant à peine les 7 litres à un rythme pas très catholique et situant une moyenne plutôt entre 5 et 6 tous les 100 km.

Malheureusement, contrairement au message que veut faire passer Citroën, les tarifs ne reflètent pas l’esprit "Essentiel". En fait, avec un prix catalogue entre 13950 et 19600 euros pour la motorisation essence et entre 18900 et 22400 euros pour la version diesel, on navigue sur une grille en rapport avec les Renault Captur et Peugeot 2008, les rivales nationales plus huppées. Toutefois, la C4 Cactus apporte une certaine fraîcheur par son originalité et sa personnalité bien plus visibles que pour ses concurrentes. Certes, la voiture sort tout juste sur le marché, néanmoins elle se remarque, intrigue, surprend tous ceux qui croisent sa route. Globalement, les quidams rencontrés la trouvent mignonne et cool. Elle va sûrement surprendre en séduisant des types de clientèle très différents.

+Look
Poids
Simplicité d'utilisation
-Volant non réglable en profondeur
Absence de poignées de maintien
Politique tarifaire

Citroën C4 Cactus Puretech 110
Motorisation et transmission
Moteur – Type3 cylindres en ligne 12 soupapes turbo
CarburantEssence
Cylindrée (cm3)1199
Puissance (kW / ch @ tr/min)110@5500
Couple (Nm @ tr/min)205@1500
Boîte de vitesse – TypeManuelle
Nombre de rapports5 rapports
Roues motricesAvant
Performances
0 à 100 km/h (sec.)9,3
Vitesse maximale (km/h)188
Consommations
Cycle mixte (l/100 km)4,7
Emissions de CO2 (g/km)107
Dimensions
Longueur (mm)4157
Largeur (mm)1946
Hauteur (mm)1490
Empattement (mm)2595
Poids (kg)1020
Volume de coffre (l)348 → 1170
Réservoir (l)50

Pour résumer

La nouvelle Citroën C4 Cactus ne révolutionne pas l’automobile, toutefois elle apporte, ne serait-ce que visuellement, un certain vent de fraicheur qui la rend incomparable à l'existant. En outre, elle s’amuse à mixer plusieurs univers, nous poussant à discuter de quelque chose la concernant quasiment à chaque kilomètre parcouru. Néanmoins, elle se démarre avec une clé, se conduit de manière plutôt conventionnelle, histoire de ne pas nous laisser sans repère. On l’adore, on la déteste, on ne sait plus vraiment.

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