Ventes Ford en baisse : le recul des électriques pèse sur les performances

Ford enregistre un léger recul en novembre, plombé par les ventes électriques, malgré de fortes hausses pour certains modèles stratégiques.

Les ventes de Ford aux États-Unis ont légèrement reculé en novembre, confirmant un mois difficile pour l’ensemble de l’industrie automobile. Malgré une dynamique globale encore positive depuis le début de l’année pour le constructeur, la chute marquée des véhicules électriques et la baisse des SUV pèsent significativement sur ses résultats mensuels. Le constructeur a indiqué avoir écoulé 164 925 véhicules, soit une diminution de 0,9 % par rapport à novembre 2024. Dans un marché où les clients se montrent plus frileux face aux prix élevés et au contexte économique incertain, Ford doit désormais composer avec un double défi : la faiblesse de la demande en véhicules électrifiés et des perturbations industrielles inattendues.

Le segment électrique est celui qui souffre le plus sévèrement. Les ventes de modèles zéro émission n’ont atteint que 4 247 unités, un recul de 61 % sur un an. Cette tendance s’inscrit dans un environnement plus contraint : réduction des subventions publiques pour les véhicules électriques, impact des hausses tarifaires liées aux droits de douane de 25 % appliqués sur les automobiles, et reports d’achat d’une partie des consommateurs. Le contexte général d’incertitude et la montée des coûts rendent l’ensemble du marché moins dynamique, avec des stocks de véhicules neufs qui restent plus longtemps sur les parkings des distributeurs.

Pression sur les SUV et stabilité mitigée pour les pick-up

Outre les véhicules électriques, plusieurs SUV Ford voient leurs ventes décroître. Les ventes globales de SUV reculent de 5 %. Le Bronco Sport, autrefois un pilier pour Ford dans la catégorie des véhicules compacts et polyvalents, enregistre une baisse de 4 % avec 9 212 unités vendues. L’Escape plonge encore davantage, affichant un retrait de 32 % avec 7 054 exemplaires. Cette contre-performance intervient alors que Ford a annoncé l’arrêt imminent de la production de l’Escape et du Lincoln Corsair à Louisville, afin de réorienter l’usine vers un futur pick-up électrique de taille moyenne.

Les pick-up, segment traditionnellement solide pour Ford et élément clé de sa compétitivité sur le marché américain, restent quasi stables en volume : 96 696 unités vendues contre 96 724 un an plus tôt. Mais derrière cette stabilité apparente, la situation est contrastée. La série F, modèle emblématique et véritable pilier de la rentabilité du groupe, affiche une baisse notable de près de 10 % pour atteindre 60 961 exemplaires. Une partie de cette baisse s’explique par la pénurie d’aluminium provoquée par un incendie ayant frappé une usine du fournisseur Novelis à New York. Cette pénurie a forcé Ford à réduire le rythme de production de plusieurs modèles, dont le F-150 à essence et le F-150 Lightning.

Un contexte industriel tendu et des modèles en progression

La situation du Lightning, pick-up électrique assemblé à Dearborn, illustre la fragilité du segment électrique chez Ford. Déjà confronté à une demande en retrait, le modèle a vu sa production interrompue le 23 octobre, puis ralentie, en raison de l’incendie chez Novelis. Les dirigeants de Ford réfléchiraient désormais à son avenir au sein de la gamme électrique. Erin Keating, analyste chez Cox Automotive, souligne que la baisse des ventes de véhicules électriques, notamment du Lightning, n’a rien de surprenant dans les conditions actuelles du marché.

Malgré cette conjoncture tendue, certains modèles enregistrent des performances particulièrement solides. Le SUV Explorer bondit de près de 42 % avec 20 226 unités vendues. Les pick-up Maverick et Ranger affichent respectivement une hausse de 43 % et 36 %, tandis que la fourgonnette Transit progresse de 17 %. La Mustang, modèle iconique de la marque, signe une hausse remarquable de 79 % pour atteindre 4 207 unités, bien qu’elle reste un véhicule de niche en volume. Ces performances contrastées laissent certaines questions ouvertes : l’Explorer bénéficie-t-il d’une forte demande naturelle ou de remises agressives ? L’écart entre la hausse de l’Explorer et le déclin de l’Escape reflète-t-il une recomposition de la demande ou un ajustement des stocks ?

Un marché automobile en repli et une concurrence qui avance

Le marché global des véhicules neufs aux États-Unis affiche une dynamique négative en novembre. Ford estime que l’industrie recule d’environ 8 %, un constat partagé par plusieurs analystes. Dans ce contexte, le constructeur souligne que sa baisse reste limitée à –0,9 %, ce qui constituerait une performance relative meilleure que celle du marché. Depuis le début de l’année, Ford a vendu près de 2 millions de véhicules, soit 6 % de plus qu’à la même période en 2024.

Face à Ford, Toyota progresse. Le constructeur japonais a vendu 212 772 véhicules en novembre, en hausse de 2,7 %. Depuis le début de l’année, Toyota a écoulé 2,3 millions d’unités, enregistrant une hausse d’environ 8 %. Les autres géants américains, General Motors et Stellantis, ne communiquant que leurs résultats trimestriels, leur situation précise en novembre reste inconnue.

Notre avis, par leblogauto.com

Les chiffres de novembre confirment l’existence d’un double défi pour Ford : une demande électrique en fort recul et une pression industrielle liée à la pénurie d’aluminium. Les performances solides de modèles comme l’Explorer, le Maverick ou la Mustang montrent toutefois que la marque conserve des leviers de croissance. Le recul de la série F, central pour Ford, reste néanmoins préoccupant. Le constructeur devra clarifier rapidement sa stratégie électrique pour stabiliser ses volumes et rassurer le marché.

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