Tesla recule en Europe malgré quelques sursauts nationaux

Les immatriculations Tesla chutent en Europe en novembre, confrontées à la concurrence et à un marché automobile en pleine mutation.

Forte baisse des immatriculations Tesla sur les principaux marchés européens

Les immatriculations de Tesla ont nettement reculé en novembre sur plusieurs marchés clés d’Europe, confirmant un ralentissement qui touche le constructeur américain de véhicules électriques sur un continent de plus en plus concurrentiel. Malgré le lancement de nouvelles versions du Model Y, son modèle phare, Tesla peine à enrayer la perte de parts de marché observée depuis le début de l’année.

Les données officielles signalent de fortes baisses dans de nombreux pays : –58 % en France, où 1 593 véhicules ont été enregistrés ; –59 % en Suède (1 466 voitures) ; –49 % au Danemark (534 unités) ; –44 % aux Pays-Bas (1 627 immatriculations) ; –47 % au Portugal (425 véhicules) ; et –9 % en Espagne, où 1 523 Tesla ont été mises en circulation. Ces baisses touchent à la fois les segments de berlines et de SUV électriques, dans un contexte où la marque d’Elon Musk doit désormais composer avec une offre élargie et des consommateurs plus attentifs au rapport qualité-prix.

Sur la période janvier-octobre, la part de marché européenne du constructeur tombe ainsi à 1,6 %, contre 2,4 % un an plus tôt. Ce recul marque un tournant pour Tesla, dont le Model Y était encore le véhicule le plus vendu en Europe et dans le monde en 2023.

Quelques marchés résistent : envolée en Norvège et rebond en Italie

Malgré une dynamique largement négative, Tesla enregistre toutefois deux performances notables en novembre. En Norvège, les immatriculations ont presque triplé pour atteindre 6 215 unités, permettant au constructeur de battre le record annuel de ventes dans ce pays avec un mois d’avance. Dans un marché norvégien historiquement tourné vers l’électrique, Tesla retrouve un élan significatif, confirmant son ancrage auprès des automobilistes scandinaves.

En Italie, les immatriculations progressent de 58 % pour atteindre 1 281 véhicules. Toutefois, la tendance annuelle demeure défavorable, avec une baisse cumulée de 28 % depuis janvier. Ce rebond mensuel illustre néanmoins la capacité de la marque à profiter ponctuellement d’une demande électrique en reprise ou de dispositifs incitatifs nationaux.

Ces performances contrastées montrent que Tesla conserve des points d’appui solides en Europe, mais qu’elle doit désormais composer avec des marchés extrêmement segmentés, où les conditions économiques et les politiques publiques influencent fortement les immatriculations.

Concurrence accrue, vieillissement de la gamme et évolution des préférences

Les analystes interrogés soulignent trois facteurs majeurs expliquant le recul de Tesla : la montée en puissance de nouveaux constructeurs chinois, le vieillissement de sa gamme et une évolution du sentiment des consommateurs. L’étude menée par Escalent indique que 38 % des personnes interrogées sur les cinq principaux marchés automobiles européens estiment que la nouveauté incarnée autrefois par Tesla s’est estompée. Elles jugent également la marque en retrait par rapport à la concurrence en matière de design, de qualité perçue et d’attrait émotionnel — des critères devenus déterminants dans le marché automobile électrique.

Parallèlement, de nombreux acheteurs se tournent vers les véhicules hybrides ou hybrides rechargeables, perçus comme plus flexibles dans un contexte d’incertitude sur les infrastructures de recharge ou les coûts d’utilisation. En France, la PFA confirme cette tendance, qui pénalise davantage les constructeurs ne proposant que des modèles 100 % électriques.

Dans ce paysage en recomposition, le constructeur chinois BYD tire son épingle du jeu. Grâce à une gamme incluant des hybrides et des modèles électriques, BYD voit ses ventes bondir en novembre : 3 526 immatriculations en Italie, +268 % en Espagne avec 2 934 unités, et +65 % aux Pays-Bas avec 570 voitures, son meilleur résultat historique dans ce pays. La diversification de son offre semble lui permettre de capter une clientèle en quête d’alternatives aux modèles purement électriques.

Notre avis, par leblogauto.com

La chute des immatriculations de Tesla en Europe illustre les limites d’une stratégie centrée uniquement sur le tout-électrique dans un marché devenu plus diversifié. La concurrence chinoise, plus agile et mieux positionnée sur les hybrides, accentue la pression. Malgré quelques réussites locales comme en Norvège, Tesla doit renouveler sa gamme pour rester compétitive. Les chiffres montrent une mutation profonde du marché, où les constructeurs offrant plus de choix technologiques tirent désormais avantage de la situation.

Crédit illustration : Tesla.

(6 commentaires)

  1. Il y a peut-être aussi un paramètre qui joue de façon difficilement quantifiable venant s’ajouter à cette gamme vieillissante et limitée : le rejet que suscite chez certains l’adhésion encore récente de Musk au trumpisme, son soutien à des mouvements d’extrême-droite un peu partout et ses dérapages incontrôlés. Le phénomène est sans doute marginal, mais il existe.

  2. Les baisses de ventes de Tesla sont liées, selon moi, à 95 % au changement d’attitude de Musk durant l’année 2025.
    Et c’est bien fait ! Quelque part…

  3. Alors Norges Bank est l’unique actionnaire étranger sur les 9 premiers qui sont exclusivement des fonds de pensions des USA. Donc le « succès norvégien » ben c’est Norge Bank responsable des fonds de pension norvégiens qui fait acheter des Tesla dans son pays.

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