Les ventes automobiles chinoises pourraient stagner en 2026, tandis que la croissance des exportations de véhicules électriques ralentit nettement.
Le marché automobile chinois, premier au monde en volume, s’oriente vers une phase de stagnation après plusieurs années de croissance ralentie. Selon les prévisions publiées par une association industrielle chinoise, les ventes de voitures devraient rester globalement stables, prolongeant une tendance baissière amorcée récemment. Parallèlement, la forte dynamique des exportations de véhicules électriques observée en 2025 ne devrait pas se maintenir, marquant un tournant pour l’industrie automobile chinoise, fortement engagée dans l’électrification.
Des ventes domestiques en perte de dynamisme
Les ventes de voitures en Chine ont progressé de 3,9 % en 2025, selon les données de l’Association chinoise des voitures de tourisme (CPCA). Cette hausse marque un ralentissement par rapport à la croissance de 5,3 % enregistrée en 2024 et constitue la progression la plus faible observée depuis trois ans. La CPCA anticipe désormais une stagnation des ventes cette année, une perspective qui pourrait conduire le marché automobile chinois à connaître sa pire performance depuis 2020, année marquée par les perturbations économiques liées à la pandémie.
Le dernier trimestre a été particulièrement difficile, avec un essoufflement de la demande intérieure. De nombreuses villes et provinces ont réduit ou suspendu les subventions gouvernementales destinées aux échanges automobiles, invoquant un manque de financement. Cette situation a accentué la concurrence entre constructeurs, déjà intense sur le marché chinois, et a contribué à une pression accrue sur les prix et les marges des véhicules neufs.
Véhicules électriques : croissance en net ralentissement
Un tournant majeur a néanmoins été observé en 2025 : pour la première fois sur une année complète, les ventes de véhicules électriques et d’hybrides rechargeables ont dépassé celles des véhicules à essence. Toutefois, cette avancée s’accompagne d’un net ralentissement de la croissance. Les ventes de ces motorisations ont progressé de 17,6 % l’an dernier, contre 40,7 % en 2024, traduisant un essoufflement du marché des voitures électriques et électrifiées.
Cette évolution s’explique en partie par la baisse progressive des aides publiques et par une concurrence accrue entre modèles, notamment sur le segment des véhicules électriques abordables. Le constructeur BYD illustre cette tendance : le groupe a enregistré en 2025 sa plus faible croissance des ventes en cinq ans sur son marché domestique. En revanche, ses ventes à l’international ont atteint un record, dépassant le million de véhicules écoulés hors de Chine.
Exportations sous pression malgré un record en 2025
Face à la faiblesse de la demande intérieure, les constructeurs automobiles chinois ont intensifié leur expansion à l’étranger. Les exportations totales de voitures ont augmenté de 19,4 % l’an dernier pour atteindre 5,79 millions de véhicules. Les exportations de véhicules électriques purs ont progressé encore plus fortement, avec une hausse de 48,8 % à 1,52 million d’unités.
Cette dynamique ne devrait toutefois pas durer. La CPCA prévoit un ralentissement de la croissance des exportations automobiles à 10 %, contre 25 % un an plus tôt, et anticipe une croissance nulle pour les exportations de véhicules électriques. Selon Cui Dongshu, secrétaire général de la CPCA, le secteur automobile devra cette année réduire ses stocks, tandis que les perspectives plus faibles pour les voitures électriques et la baisse des prix du pétrole pèseront sur la demande mondiale.
Les véhicules hybrides rechargeables constituent une exception relative. Leurs exportations, qui ont plus que triplé en 2025, devraient rester soutenues cette année, offrant un relais de croissance partiel aux constructeurs chinois.
Subventions et perspectives contrastées pour 2026
Les mesures de soutien à la consommation ne devraient pas suffire à inverser la tendance. S&P Global Ratings estime que l’extension des subventions automobiles dans le cadre du programme national de reprise des biens de consommation n’empêchera pas un recul des ventes. Le système de subventions révisé, désormais indexé sur le prix des véhicules plutôt que sur un montant fixe, pourrait réduire les incitations pour les modèles d’entrée de gamme, qui représentent pourtant la majorité des ventes de voitures neuves en Chine.
Les subventions restent plafonnées à 20 000 yuans par véhicule pour l’échange d’anciens modèles contre des véhicules électriques. L’an dernier, plus de 11,5 millions de véhicules ont bénéficié de ces aides. Malgré cela, une enquête menée auprès des concessionnaires automobiles révèle un climat de prudence : 41 % d’entre eux s’attendent à des objectifs de vente plus bas en 2026, et 18,1 % anticipent une baisse supérieure à 10 %.
Certains acteurs restent néanmoins confiants. Xiaomi, récemment entré sur le marché automobile avec la berline électrique SU7 et le SUV YU7, a vendu plus de 410 000 véhicules électriques en 2025 et vise 550 000 ventes cette année, illustrant la persistance d’opportunités ciblées sur le marché.
Notre avis, par leblogauto.com
Le marché automobile chinois entre dans une phase de maturité marquée par une croissance plus limitée et une concurrence accrue. Le ralentissement des ventes de véhicules électriques montre que l’électrification ne suffit plus à soutenir seule la dynamique du secteur. La dépendance aux exportations apparaît comme une solution transitoire, mais fragile à moyen terme. Les constructeurs devront désormais composer avec des volumes plus stables et une pression renforcée sur les marges.
