Elon Musk et le paradoxe des ventes Tesla en 2025

Tesla voit ses ventes baisser malgré l’essor des véhicules autonomes et des projets Robotaxi d’Elon Musk.

Tesla Inc termine 2025 dans un contexte paradoxal : alors que l’enthousiasme autour des technologies de conduite autonome propulse ses actions, ses ventes de véhicules réels semblent marquer le pas. Malgré la mise en avant par Elon Musk des avancées en intelligence artificielle et en robotique, les acheteurs se montrent moins réceptifs que les investisseurs. Ce décalage reflète un défi majeur pour le géant américain : transformer l’aura technologique en succès commercial tangible.

Au quatrième trimestre 2025, Tesla devrait avoir livré environ 440 900 véhicules, soit une baisse de 11 % par rapport à la même période l’an passé. Bloomberg souligne que cette estimation est encore moins optimiste que la moyenne des analystes compilée par Tesla elle-même, qui prévoit un recul de 15 %. Cette tendance marque une rupture avec les années précédentes, où le constructeur enregistrait des records de livraisons. La baisse intervient alors que Wall Street se montre prudente pour 2026 : les analystes tablaient il y a deux ans sur plus de 3 millions de livraisons, tandis que l’estimation actuelle tourne autour de 1,8 million. Garrett Nelson, analyste chez CFRA Research, résume cette situation en indiquant que les investisseurs se concentrent sur le long terme, mais que les obstacles financiers à court terme commencent à se manifester.

Une année 2025 tumultueuse pour Tesla

Plusieurs facteurs expliquent le ralentissement des ventes. Le réoutillage des lignes de production pour le Model Y redessiné a perturbé les capacités de fabrication, retardant les livraisons. Par ailleurs, la forte exposition médiatique de Musk et ses querelles politiques, notamment ses critiques envers l’administration américaine, ont pesé sur la confiance des consommateurs. En avril, l’action de Tesla avait chuté de 45 % sur l’année, conséquence directe de tensions publiques avec le gouvernement et de controverses autour des tarifs douaniers.

Musk a toutefois cherché à relancer l’image de Tesla en se concentrant sur ses projets technologiques à long terme, en particulier le développement de véhicules autonomes et du Robotaxi. En juin 2025, le constructeur a lancé un service de Robotaxi sur invitation à Austin, avec des opérateurs de sécurité pour superviser les Model Y. Bien que ces véhicules aient enfreint certaines règles de circulation dès leur lancement, entraînant l’ouverture d’enquêtes par des régulateurs fédéraux, la réaction des investisseurs est restée favorable, attirés par le potentiel futur du projet.

L’attrait des technologies autonomes

Le conseil d’administration de Tesla a renforcé cet engouement en proposant en septembre un plan de rémunération pour Musk, pouvant atteindre 1 000 milliards de dollars si des jalons, notamment la livraison de millions de Robotaxis, étaient atteints. Cette annonce a contribué à un retour rapide de la valeur boursière : en seulement huit mois, Tesla a ajouté plus de 915 milliards de dollars à sa capitalisation.

Pour autant, cette dynamique sur les marchés financiers ne se traduit pas nécessairement par une augmentation des ventes. Les consommateurs restent prudents face au Full Self-Driving (FSD), la suite de fonctionnalités semi-autonomes de Tesla. Musk lui-même a reconnu que convaincre le grand public de l’efficacité du FSD représente un défi majeur. Des accusations selon lesquelles Tesla exagérerait les capacités de ses véhicules ont même conduit la Californie à menacer de suspendre la licence de vente de l’entreprise pendant 30 jours.

À l’international, Tesla peine également à s’imposer face à des concurrents agressifs comme BYD et Xiaomi, notamment sur le marché chinois, où des systèmes d’assistance à la conduite comparables sont proposés en standard. En Europe, l’entreprise n’a pas obtenu l’approbation réglementaire pour le FSD, limitant encore son potentiel de croissance.

Des perspectives incertaines pour 2026

Avec deux baisses consécutives des ventes annuelles, Tesla doit composer avec de nouveaux défis pour 2026. La fin des crédits d’impôt fédéraux américains pour les véhicules électriques pourrait réduire la demande, selon Musk, entraînant « quelques trimestres difficiles ». Parallèlement, la concurrence s’intensifie : les ventes élevées de BYD en Chine et l’expansion européenne de ses véhicules électriques renforcent la pression sur le marché. Ford, par exemple, anticipe des pertes liées à l’abandon de certains projets électriques, soulignant que le contexte pour les véhicules à batterie reste complexe.

Malgré ces obstacles, Musk continue de susciter l’intérêt avec de nouveaux concepts, comme le Cybercab, une voiture compacte à deux places aux portes papillon, dépourvue de volant et de pédales selon le prototype présenté fin 2024. Ces initiatives visent à renforcer l’image innovante de Tesla et à préparer le terrain pour la prochaine génération de véhicules électriques autonomes.

Notre avis, par leblogauto.com

Tesla affiche un contraste frappant entre performance boursière et ventes réelles. Le constructeur est freiné par des réoutillages de production et la prudence des consommateurs face au FSD. La concurrence en Chine et en Europe intensifie la pression commerciale. Les projets futuristes comme le Robotaxi et le Cybercab restent des paris sur le long terme.

Crédit illustration : Tesla.

Un commentaire

  1. Les ventes restent toutefois solides, et les chiffres d’exportation sont enviables. Exporter est une force pour une entreprise.
    L’incertitude sur les nouveaux modèles est là, mais si ça marche alors Tesla battra de nouveau des records de vente. C’est un peu ce qu’étaient les stratégies de Ford et de Citroën au siècle dernier : on sort un modèle en avance sur les autres (Ford T, Ford V8, Traction, DS) qu’on vend bien plus longtemps.

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