CMOC renforce sa présence au Congo avec un investissement de 1,1 milliard de dollars

CMOC investit 1,1 milliard au Congo pour accroître sa production de cuivre, misant sur la demande mondiale et les prix élevés des métaux.

CMOC mise sur le cuivre congolais pour consolider sa puissance mondiale

Le groupe minier chinois CMOC (China Molybdenum Co Ltd) a annoncé un nouvel investissement massif de 1,08 milliard de dollars dans la mine de Kisanfu, située en République démocratique du Congo (RDC). Cette initiative, approuvée par le conseil d’administration, vise à accroître la production annuelle de cuivre de 100 000 tonnes d’ici 2027, marquant une étape majeure dans la stratégie d’expansion du groupe sur le marché mondial des métaux stratégiques.

Ce projet intervient alors que CMOC affiche des résultats financiers record. Son bénéfice du troisième trimestre 2025 a presque doublé, atteignant 5,61 milliards de yuans (788 millions de dollars). Cette performance est largement attribuée à la hausse des cours du cuivre, restés proches de leurs sommets historiques, soutenus par une demande mondiale soutenue, notamment dans les secteurs de l’énergie, de la construction et de la mobilité électrique.

Une production de cuivre en forte progression

Au cours des neuf premiers mois de l’année, la production totale de cuivre de CMOC a progressé de 14 %, atteignant 543 376 tonnes. Ce bond confirme la montée en puissance du groupe sur la scène minière internationale, et surtout son ancrage croissant en Afrique, où la RDC demeure l’un des principaux foyers mondiaux de production de cuivre et de cobalt.

La mine de Kisanfu, au cœur de cette expansion, est considérée comme l’un des gisements les plus prometteurs du pays. Le développement de sa phase II devrait permettre à CMOC d’augmenter sensiblement sa capacité d’extraction et de traitement, tout en consolidant son rôle de fournisseur stratégique pour les industries dépendantes du cuivre, notamment celles liées à la transition énergétique et aux technologies électriques.

Cobalt : un marché sous tension

En parallèle, CMOC a signalé une hausse de 4 % de sa production de cobalt sur les neuf premiers mois de l’année, atteignant 87 974 tonnes. Ce chiffre, bien que positif à l’échelle annuelle, indique toutefois une baisse de la production au troisième trimestre, reflet des défis opérationnels et réglementaires auxquels l’entreprise fait face en RDC.

Le pays, qui fournit près de 75 % de l’offre mondiale de cobalt, a récemment décidé de restreindre les exportations pour réguler le marché. En février, le gouvernement congolais a interdit temporairement les exportations de cobalt, avant d’instaurer un système de quotas. Depuis, les autorités ont limité les expéditions de CMOC à environ 27 % des 114 000 tonnes de cobalt produites en 2024 dans ses mines locales, et ce, pour chacune des deux prochaines années.

Cette décision, motivée par la volonté de contrôler la surabondance mondiale et de stabiliser les prix, a provoqué une envolée des cours. Le prix au comptant de l’hydroxyde de cobalt a plus que triplé, tandis que celui du cobalt métal a doublé depuis l’annonce des restrictions. Cette volatilité reflète la tension entre régulation nationale et demande mondiale, alors que le cobalt reste un composant clé dans la fabrication des batteries lithium-ion pour véhicules électriques.

Une stratégie tournée vers la performance et la valeur

Le directeur général sortant d’IXM, la branche commerciale de CMOC, Kenny Ives, a récemment confirmé que la division avait déjà dépassé ses bénéfices records de 2024 dès le premier semestre 2025. Cette performance souligne la résilience commerciale du groupe face à la volatilité des marchés et à la complexité géopolitique des approvisionnements miniers.

L’investissement dans la mine de Kisanfu illustre la volonté de CMOC de sécuriser ses ressources et d’accroître sa compétitivité dans un contexte où la demande de métaux stratégiques — cuivre et cobalt en tête — ne cesse de croître, portée par la transition énergétique mondiale et l’essor de la mobilité électrique.

En s’appuyant sur ses capacités techniques, son ancrage africain et sa puissance financière, CMOC consolide sa position parmi les acteurs majeurs de l’industrie minière mondiale. L’entreprise parie sur une stratégie d’intégration verticale, combinant extraction, transformation et commercialisation, pour mieux maîtriser les fluctuations des prix et garantir la rentabilité de ses opérations à long terme.

Le rôle clé du Congo dans la chaîne mondiale des métaux

La République démocratique du Congo se trouve au centre des enjeux énergétiques et industriels mondiaux. Ses réserves considérables de cuivre et de cobalt en font un acteur incontournable de la chaîne d’approvisionnement des matériaux nécessaires à la fabrication de batteries, moteurs électriques et infrastructures énergétiques.

Cependant, cette position stratégique s’accompagne de défis : régulation incertaine, infrastructures limitées, et pressions environnementales et sociales. Pour les grandes compagnies minières, dont CMOC, investir dans le pays signifie naviguer entre opportunité économique et complexité politique.

L’expansion de la mine de Kisanfu pourrait donc devenir un cas d’école dans la manière dont les groupes miniers internationaux adaptent leurs stratégies d’investissement pour répondre à la double exigence de rentabilité et de durabilité.

Notre avis, par leblogauto.com

L’investissement massif de CMOC au Congo témoigne de la course mondiale aux métaux critiques, essentiels à la transition énergétique. Le projet de Kisanfu renforce la position du groupe chinois sur le marché du cuivre et du cobalt, tout en illustrant la dépendance croissante de l’industrie automobile aux ressources africaines. Toutefois, les restrictions imposées par Kinshasa rappellent la fragilité d’un modèle encore exposé aux décisions politiques et aux tensions géoéconomiques.

Crédit illustration : Coppermark.

(2 commentaires)

  1. Cela s’appelle destruction de la planète Terre par des écolos/électros/snobs ….
    Cette photo monstrueuse de destruction ne serait pas possible en France .
    Bon , c’est possible, autorisé sur des continents semi-poubelle , l’Afrique, l’Amérique latine …. loin de chez nous.
    Sinon , c’est un excellent trous après pour enfouir 100 milliards de vêtements SHEIN jetables qui ont servi une semaine…..

    1. Cette mine est bien moins polluante que les innombrables forages pétroliers, l’exploitation du shale gas et des sables bitumineux: ça, c’est la destruction des écosystèmes et du climat par la mise à l’atmosphère de milliards de tonnes de CO2 par an et par les fuites d’hydrocarbures dans le milieu naturel.
      quelques exemples?

      https://www.ledevoir.com/actualites/environnement/522703/un-projet-d-exploitation-des-sables-bitumineux-pres-du-plus-grand-parc-national-du-canada

      https://www.youtube.com/watch?v=Ic7xNMAK8q0

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