Chine : ventes auto en chute après la fin des subventions

En Chine, les ventes automobiles chutent de 15 % en février après la fin des subventions, malgré une forte progression des exportations.

Le marché automobile chinois a connu un net recul en février. Les ventes de véhicules ont chuté de 15 %, un recul marqué qui s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs, dont la suppression progressive des subventions publiques et l’impact saisonnier du Nouvel An lunaire. Cette période de congés, traditionnellement moins dynamique pour les concessions et les chaînes d’assemblage, a accentué le ralentissement déjà perceptible sur la demande intérieure.

Selon les données publiées par l’Association chinoise des fabricants d’automobiles, les livraisons en gros ont atteint environ 1,8 million d’unités au cours du mois. Cette contraction du marché intervient dans un contexte où l’industrie automobile chinoise cherche à maintenir son dynamisme, notamment sur les segments les plus innovants comme les véhicules électriques et hybrides rechargeables, souvent associés à la performance technologique et à la montée en gamme.

La fin des subventions pèse sur la demande

La suppression progressive des aides gouvernementales destinées à soutenir l’achat de véhicules constitue l’un des principaux facteurs de cette baisse. Pendant plusieurs années, ces incitations financières ont joué un rôle majeur dans la croissance du marché automobile chinois, en particulier dans le développement des voitures à nouvelle énergie.

En février, les livraisons de véhicules électriques et d’hybrides rechargeables ont ainsi reculé de 14 %, pour s’établir à environ 765 000 unités. Ce repli illustre un ralentissement de la demande pour ces modèles pourtant au cœur de la stratégie industrielle du pays.

Dans un marché où l’innovation, la performance énergétique et les technologies de pointe sont devenues des arguments de vente majeurs, la disparition progressive de ces aides semble peser sur les décisions d’achat. Les consommateurs, confrontés à des prix plus élevés pour les modèles électrifiés, pourraient temporiser avant d’investir dans un nouveau véhicule, qu’il s’agisse d’une berline premium, d’un SUV familial ou d’un modèle haut de gamme doté d’options de personnalisation avancées.

Des exportations automobiles en forte progression

Malgré la faiblesse de la demande domestique, l’industrie automobile chinoise peut s’appuyer sur un levier de croissance important : les exportations. En février, celles-ci ont bondi de 52 %, témoignant de la capacité des constructeurs à se développer sur les marchés internationaux.

Plusieurs groupes chinois accélèrent leur expansion mondiale. BYD poursuit notamment son implantation sur de nouveaux marchés, en particulier en Amérique du Sud et au Royaume-Uni. De son côté, Geely a pénétré 13 nouveaux marchés l’an dernier, parmi lesquels le Brésil et l’Afrique du Sud.

Cette stratégie d’internationalisation permet aux constructeurs de compenser en partie la faiblesse de la demande intérieure. Elle illustre aussi la montée en puissance de l’industrie automobile chinoise sur la scène mondiale, notamment dans les segments technologiques liés à l’électrification et à la performance énergétique.

La Chine, nouvelle base mondiale d’exportation

La Chine ne sert pas uniquement de plateforme pour les marques locales. Les constructeurs étrangers y voient également une base industrielle stratégique pour produire et exporter leurs modèles.

Honda prévoit ainsi de commencer à exporter vers le Japon des véhicules fabriqués en Chine, une première pour un constructeur automobile japonais. Cette décision souligne le rôle croissant des usines chinoises dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, capables de produire des modèles destinés à différents marchés.

Volkswagen bénéficie également de cette dynamique. Les opérations du groupe en Anhui ont obtenu une concession de l’Union européenne permettant d’exporter le Cupra Tavascan sans s’acquitter d’un droit de douane de 21 %. Cette exemption est toutefois conditionnée à un prix minimum d’importation ainsi qu’à un quota d’exportation.

Dans un secteur où l’innovation technologique, la personnalisation des véhicules et la montée en gamme constituent des leviers majeurs de compétitivité, la Chine confirme son rôle central dans l’industrie automobile mondiale. Même si la demande intérieure montre des signes de ralentissement, la capacité d’exportation et l’expansion internationale des constructeurs pourraient atténuer les effets de cette baisse à court terme.

Notre avis, par leblogauto.com

La baisse des ventes en Chine en février confirme la sensibilité du marché automobile aux politiques publiques de soutien. La fin progressive des subventions semble peser directement sur la demande, y compris pour les véhicules électriques. En parallèle, la forte croissance des exportations montre que les constructeurs chinois et les groupes internationaux misent de plus en plus sur la Chine comme plateforme industrielle mondiale. L’évolution de la demande intérieure dans les prochains mois sera déterminante pour mesurer l’impact durable de ces changements.

Crédit illustration : leblogauto.com.

(13 commentaires)

  1. « Dans un marché où l’innovation, la performance énergétique et les technologies de pointe sont devenues des arguments de vente majeurs, la disparition progressive de ces aides semble peser sur les décisions d’achat » (sic)

    C’est dire le contraire en une seule phrase non ? 🙂

    La Chine exporte à l’heure actuelle 16% de sa production automobile, ce qui est très peu. L’Allemagne en exporte 75%, le Japon 65% et la Corée 90%. Pour la France on est à 55% env. La Chine a donc une très grosse marge de progression.

  2. Comme d’hab, plus de subvention et hop tout s’effondre………..
    Des ventes « artificielles » quoi

    1. Les Subventions sont une très bonne chose…
      Surtout quand l’on n’a pas de pétrole !
      @AXSPORT
      Pensez aux pauvres… Qui doivent maintenant choisir entre : manger ou faire le plein pour aller au travail !
      Si les VE auraient été démocratiser avant !?

      Vous êtes contre ça ?

      La Chine souffre de la fermeture du marché américain et des taxes européens. (fort heureusement pour nos industries)

      Mais tant mieux pour nous qu’ils mordent un peu la poussière… Mais attention… Ils risquent de nous refourguer encore plus des VE bradés qui seront moins cher que les nôtres même avec nos taxes sur eux et bonus pour les nôtres.

      Il faut choisir ce que l’on veut devenir !?

      1. Bah, le patron d’Intermarché a dit tout haut ce que tout le monde pensait tout bas dans la distribution de produits pétroliers: Il a demandé à l’état de baisser ses marges.

        Cad exactement ce que cette macronie de débiles congénitaux, ou vous auriez votre place, demandait à ceux qui marge d’une paire de % avec ce qui est devenu pour eux un produit d’appel!

        Le plus incroyable quand on balance un boomerang pareil, c’est d’espérer qu’il ne vous revienne pas dans la gueule: On est en plein, entre eux et votre porte-parolat-bénévole-mode-idiot-utile dans « les cons ça ose tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît ».

        1. heu l’Etat c’est nous. Les taxes sur les carburants tout comme la TVA et l’impôt sur le revenu, l’impôt sur bénéf des entreprises payent le fonctionnement, les investissements de la France , ou les charges patronales et salariales payent la sécu et la retraite et l’assurance chômage.
          On est déjà en déficit de 5% au global, réduire encore signifierait d’augmenter le trou.

          le truc c’est de trouver 125 milliards par an pour combler le déficit. si ça se trouve, la guerre a permis de remettre 1 milliard depuis 10 jours, pas sur que ça suffise.

          personne n’est près à faire des économies sur le budget de l’extrême droite à l’extrême-gauche, on a plutôt un concours pour trouver de nouvelles taxes. c’est là le pb, on ne sait pas réduire le train de vie de la fonction publique. Après je doute vraiment qu’un système privé puisse faire un service identique avec si peu; il faut donc qu’on accèpte un peu plus de txe ou un peu moins de service.

          1. Et le jour ou tout le monde roulera en fachomobiles Tesla? On fait comment???!!
            :o)

          2. @lym
            Nous Français, ont à la possibilité d’avoir des très bonnes alternatives comme le Scenic et le e-C5… Qui n’existait pas, il n’y a que 2 ans encore !
            Bonne solution française … à moins que cela vous dérange ?

          3. @SGL: Je n’ai jamais fait mystère de mon opinion envers les SUV. En résumé, je considère globalement cela comme un achat compensatoire de petit kiki en thermique. En électrique, avec le pb combiné autonomie/temps de plein ajouté du genre, on passe un cap avec la débilité profonde en plus de pas faire rêver les dames!
            Pour le reste, TeSSla reste un modèle d’efficience hélas. Un Merdic/Aircrotte ou DShit qui essaie de se prendre pour Chanel via ses numéros, avec des fondamentaux pareils restera fatalement derrière.

          4. Je n’aime pas vraiment les SUV… Mais la population veille, comme moi, j’avoue que c’est plus facile de rentrer dans un SUV …

        2. Ce que peut dire un marchand ne m’intéresse que très peu !
          Il parle pour son épicerie… Aucun rapport avec l’intérêt général.
          Macron est coupable déjà pour avoir fait des ristournes sur les carburants qui pèsent encore gravement sur notre dette abyssale !
          Effectivement une petite basse de taxe : une subvention pour les monarchies pétrolière quand l’on a du mal à vendre nos VE.
          Moi, je suis pour la France et les Français avant tout… et pour être solidaire avec les pauvres travailleurs qui cherchent d’avoir un moyen économique pour se déplacer sans se ruiner.

          1. Et si le forcing pour passer tout le parc à l’électrique devait au final réussir, par exemple à la faveur d’une techno de batterie de rupture? L’état devra bien apprendre à s’en passer des rentrées fiscales pétrolières!

            Alors il y a un moment ou il faut être un peu cohérent et ne pas dire « ça coûte trop cher » tout en poussant à la bascule. Faire l’un et l’autre donne tout simplement l’impression que les fous ont pris le contrôle de l’asile (en conséquence, présentez-vous, vous avez vos chances!).

            Ici, il va de toutes manières y avoir un coût économique à court terme et moduler les taxes intelligemment peut in-fine se révéler indolore fiscalement (si les gens roulent autant avec moins de taxes au litre, la rentrée fiscale pourra être idem que s’ils limitent trop leurs déplacements, évitant en prime les impacts économiques induits par ces moindres déplacements) tout en évitant de la casse. Et comme casser va toujours plus vite que construire…

  3. Si je me mets à la place des Chinois, je comprends parfaitement.
    Ils ont subventionné à fond pour être les 1ers … C’est fait maintenant !
    Le baril de pétrole est maintenant régulièrement au-delà des 100 $ contre 60 $, il n’y a que peu de temps encore.
    Il faut que le marché se consolide … c’est la sélection naturelle … et c’est entre les marques chinoises… Que demande plus le peuple, je trouve ça géniale.
    C’est sûr que nous, Européens, nous ne sommes pas assez forts pour arrêter les subventions … à moins de vouloir tuer économiquement et industriellement l’Europe !

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