Une minivan de plus d’un million de kilomètres ? C’est possible, et c’est même tout à fait réel. Alors que les véhicules hybrides et électriques gagnent du terrain, une Toyota Sienna de l’an 2000 vient rappeler la fiabilité légendaire des moteurs atmosphériques classiques. En Ontario, au Canada, un homme prénommé Marko Intihar a vu son fidèle monospace franchir la barre symbolique du million de kilomètres. Son histoire est une véritable ode à l’entretien rigoureux… et à la robustesse japonaise.

Une Sienna de première génération toujours en configuration d’origine
Baptisée affectueusement « Betsy », cette Toyota Sienna est issue de la toute première génération du modèle. Sortie en 2000, elle est dotée d’un moteur V6 atmosphérique de 3,0 litres développant 194 chevaux, couplé à une boîte automatique à 4 rapports envoyant la puissance aux roues avant. À l’époque, la transmission intégrale n’était pas encore au programme pour ce modèle, contrairement à la deuxième génération lancée à partir de 2004.
Ce que cette Sienna a d’absolument remarquable, c’est qu’elle conserve encore aujourd’hui sa configuration d’origine, sans modification ni remplacement majeur du groupe motopropulseur. Selon CTV News, le véhicule est dans un état de fonctionnement étonnant malgré son kilométrage démentiel. Le compteur kilométrique lui-même a cessé de fonctionner après avoir affiché 999 999 — la limite atteinte par cette génération de Sienna.
Pour Intihar, c’était « un objectif familial » d’amener Betsy à ce cap mythique. Et le rêve de son père, à l’origine de l’achat du véhicule, a fini par se concrétiser vingt-trois ans plus tard. « Toyota peut être fière. C’est un exploit impressionnant », a-t-il déclaré.
Un entretien minutieux, clé de la longévité
La réussite d’un tel exploit n’a rien de magique. Intihar a simplement suivi un mot d’ordre : respecter scrupuleusement les délais de maintenance. Vidanges d’huile régulières, vidange de la transmission tous les 100 000 kilomètres et surveillance proactive de l’état du véhicule ont été les piliers d’une longévité exceptionnelle.
La performance de « Betsy » remet en perspective les défis posés par les motorisations modernes. Les véhicules hybrides, tout en étant plus sobres et performants, présentent une complexité technique accrue. Les batteries haute tension, les systèmes de refroidissement de puissance, ou encore les calculateurs électroniques sont tous des éléments susceptibles d’augmenter les coûts d’entretien à long terme, surtout hors période de garantie.
Quant aux moteurs turbo, s’ils offrent un rapport puissance/consommation très avantageux, leur durabilité peut être affectée par la pression exercée sur les composants internes, et par les risques liés à la fiabilité de certaines pièces périphériques comme les intercoolers, wastegates et tuyaux de suralimentation.
Faut-il en conclure que les moteurs atmosphériques sont supérieurs ? Pas forcément. Chaque type de motorisation a ses avantages : sobriété et performance pour les hybrides et turbos, simplicité et endurance pour les moteurs atmosphériques.
Mais une chose est sûre : quel que soit le type de moteur, la clé reste l’entretien. L’histoire de cette Toyota Sienna est la preuve qu’un véhicule, traité avec soin, peut parcourir plusieurs centaines de milliers de kilomètres sans faillir. Et comme souvent, c’est la carrosserie – rongée par la rouille – qui a eu raison de cette vieille guerrière, bien plus que le moteur lui-même.

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