par Thibaut Emme

GM&S : le sort de l'entreprise peut-être définitivement scellé cet après-midi

Les GM&S attendent fébrilement la décision du Tribunal de Commerce de Poitiers. Peut-être la fin d'un (trop) long feuilleton, avec la reprise ou la liquidation de leur entreprise de la Souterraine.

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Le Tribunal s'était donné un délai de réflexion. Délai qui devait permettre au seul repreneur crédible de formuler une offre ferme et de surseoir à ses conditions suspensives. GMD, un autre équipementier était en effet prêt à reprendre 120 salariés sur les 277 que compte le site à date. Mais pour cela, il ne voulait pas régler les investissements nécessaires, et voulait des garanties de commandes plus longue que les 3 ans garantis dans un premier temps.

Pression de l'Etat sur Renault et PSA

Les deux principaux (seuls) clients de GM&S, Renault et Peugeot, ont donc été une nouvelle fois mis à contribution avec l'Etat. Les investissements sont estimés à 15 millions et l'Etat s'est engagé à mettre 5 millions d'euros et en attendait de même de la part de Renault et PSA. Sauf que PSA estime que les investissements pour ses pièces valent 4 millions et pas un euro de plus.

L'état a donc remis un coup de pression médiatique en montrant PSA du doigt, ce qui n'a pas été du tout apprécié par la direction du groupe. D'autant plus que PSA assure 12 millions d'euros de commande (7,5 millions d’euros de composants déjà produits actuellement et 4,5 millions de pièces pour de nouveaux modèles) sur 5 ans.

Du côté de Renault, le montant des commandes promises a été relevé de 5 à 10 millions d'euros, pour 5 années. Le losange s'est aussi engagé à contribuer à hauteur de 5 millions aux investissements. Pour autant, certains syndiqués GM&S (CGT) sont allés bloquer le site Renault de Villeroy dans l'Yonne. Assez étrangement, les autres clients (plus petits en terme de commandes) ne sont pas mis en avant (ni à contribution ?).

Un bras de fer mortifère ?

Le tribunal se prononcera en début d'après-midi et beaucoup redoute que les 120 emplois sauvés soit le maximum pour le repreneur GMD qui doit déjà mettre 5 millions d'euros pour le besoin en fond de roulement et assurer une partie de la dépollution du site. Pour la CGT, les blocages des sites de Renault ou PSA devraient continuer même après cette décision. Le syndicat estime en effet qu'en tant que clients pratiquement exclusifs de GM&S, les constructeurs doivent amender les primes de licenciement des 157 personnes qui ne seront pas reprises pour atteindre les conditions plus généreuses des licenciements de Renault par exemple.

D'autres encore plus vindicatifs sont prêts à tout bloquer de nouveau à la Souterraine jusqu'à ce que l'offre de reprise grimpe à 180 emplois sauvés au lieu de 120. Un jusque-boutisme qui risque bien de faire capoter toute reprise et faire fuir GMD ainsi que les deux seuls clients du site. Ce serait alors la liquidation pure et simple et la perte des 277 postes.

Créée en 1963, la société avait été rachetée en 2014 par GM&S Industry France dans un contexte déjà difficile. Passera-t-elle 2017 et le cap des 54 ans d'existence ? Réponse cet après-midi.

[Mise à jour 24/07 18h : Le Tribunal de Commerce de Poitiers a décidé d'accéder à la demande du potentiel repreneur. En effet, GMD a réclamé un court délai supplémentaire pour finaliser son offre. Les administrateurs de GM&S étant d'accord avec cela, le Tribunal se donne une semaine de plus avant de prendre sa décision. En attendant le 31 juillet 15h, l'activité se poursuit à la Souterraine et la mobilisation des salariés aussi.]

Illustration : GM&S

Pour résumer

Les GM&S attendent fébrilement la décision du Tribunal de Commerce de Poitiers. Peut-être la fin d'un (trop) long feuilleton, avec la reprise ou la liquidation de leur entreprise de la Souterraine.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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