Alors que la 208 s’apprête à tirer sa révérence, Peugeot lui offre un feu d’artifice de retraite bien mérité. Il prend la forme d’une e-208 GTi. À la lecture de la dénomination du modèle, nous savons que certains d’entre vous ne veulent même pas faire l’effort de cliquer pour découvrir la suite. Mais faites-nous confiance, vous pourriez bien être aussi surpris que nous, même si, comme toutes les voitures, elle n’est pas exempte de défauts.
Une e-208 bodybuildée

Il y a 13 ans, la 208 GTi avait l’air un peu timide. Il faut dire que le design de base apparaissait déjà bien dynamique. Après une version bodybuildée à l’occasion des 30 ans de son aïeule, la 205 GTi, on ne pensait pas revoir la griffe de sitôt sur la citadine, surtout dans un contexte qui, depuis, fait la chasse aux milligrammes de CO2. Mais le constructeur de Sochaux, désormais pilier d’un groupe devenu depuis Stellantis, a vu l’occasion de refaire vivre la griffe sportive, tirée d’une synergie de plateforme qui offre aussi une équivalence GSE chez Opel et HF chez Lancia. Mais comment se démarquer, par le style, d’une 208 qui semble déjà particulièrement agressive dans son design sans avoir l’air d’en faire trop peu ?
Il faut dire qu’une chose a compliqué le job. Cette GTi dérive de la e-208, donc électrique. Il ne suffit donc pas de mettre une double sortie d’échappement au design bien senti pour la différencier d’une 208 classique déjà affublée d’un becquet distinctif, de jantes de grand diamètre ou d’un bouclier très largement ouvert. Si vous ne choisissez pas le coloris bleu Miramar spécifiquement prévu pour elle, il ne sera pas si évident de la reconnaître au premier regard. On notera tout de même le toit noir Perla Nera sur toutes les configurations. En s’en rapprochant, on voit plus nettement les arches de roues avec le liseré rouge couvrant les voies élargies, sa garde au sol abaissée, et bien sûr, le badge GTI.
Le rouge, la couleur de la passion

En réalité, elle dégage tout de même ce petit quelque chose de spécial qui nous donne envie d’aller la cravacher sur les routes d’Écosse que Peugeot nous a choisies comme terrain de jeu. À bord, le constructeur s’est encore plus lâché qu’à l’extérieur. Si vous n’aimez pas le rouge, passez votre chemin! Il s’agit de la couleur maîtresse de cet habitacle. La moquette et les tapis sont carrément écarlates ! Comme de coutume sur les Peugeot sportives modernes, les sièges bicolores, comme la banquette, sont très beaux, floqués « 208 GTI » sans le petit « e » de l’électrique. Les revêtements façon simili-carbone se disséminent un peu partout. On trouve aussi un menu « Performance » dédié, là aussi très rouge dans le design, avec des données liées à la conduite électrique, comme la température de la batterie. On arrête là le blabla, passons maintenant à table !
Comment Peugeot a transformé cette sage e-208 en avaleuse de bitume plus effrayante que le monstre du Loch Ness? La caisse a donc été abaissée de 25 mm. Ça, c’est la base ! Pour s’assurer un comportement de premier ordre, les voies ont été élargies de 28 mm à l’arrière et de 56 mm à l’avant. La Peugeot e-208 GTi repose sur des amortisseurs à doubles butées hydrauliques. En guise d’artifice pour booster le plaisir, cette traction a droit à un différentiel autobloquant Torsen. Avec 281 chevaux à réguler sur le train avant, il ne sera pas de trop. Il faut bien l’avouer, dès les premiers tours de roues, on comprend que l’on a droit à un châssis qui transforme la 208 classique que l’on connaît.
Une impressionnante motricité

L’humidité, sans pluie, qui va avec un automne local un peu en avance pose un défi à nos gommes Michelin Pilot Sport 4S reposant sur des jantes de 18 pouces. Mais c’était sans compter sur une mise au point des concepteurs de la voiture, aux petits oignons. Car chez Peugeot, on a apporté quelques spécificités sur le châssis, propres à la e-208 GTi, qui la distinguent de ses deux cousines. On ne va pas tourner autour du pot et ménager le suspense. Le résultat est tout bonnement sidérant. En premier lieu, on oublie le bitume gras, la motricité sans faille permet de mettre le pied au plancher en sortie de virage sans absolument aucune appréhension. Et pour garder le plaisir au beau fixe, il fallait une direction bien calibrée pour limiter le flou qu’induisent les retours de couple, ici assez bien contenus.
On a le sourire, en fait, en entrant dans chaque virage de cette route qui nous est parfaitement inconnue. Peu importe le rayon de courbe qui se présente devant nous, on peut freiner tard, virer au plus près de la corde et s’extirper du virage comme une fusée. Dans les plus petits virages, la voiture s’enroule autour comme tenue par un fil. Dans les tournants au rayon plus large, la e-208 GTi fait preuve d’une stabilité assez déconcertante. Il faut sans doute un peu de chaleur dans les pneumatiques haut de gamme pour ça, mais le résultat donne le sentiment d’avoir une âme de pilote de rallye.
Une autonomie trop limitée

Et quand la route se montre méchamment bosselée, les amortisseurs à doubles butées hydrauliques annihilent mieux les rebonds et aident clairement à garder les roues collées au sol en toutes circonstances. Il faut bien l’avouer, on oublie très largement les un peu plus de 1 600 kilos sur la balance. Ce comportement de très très haut niveau dans le monde des petites voitures de sport se devait d’être servi par de bons freins. Là, Peugeot a fait un choix radical, avec la désactivation en mode sport de la régénération, pour assurer une constance dans la pédale indispensable pour la confiance quand on attaque. Cette petite attention finit de classer cette e-208 GTi parmi les meilleures de sa petite catégorie. Mais… car il y en a toujours un (de mais)…
Notre bombinette compte 281 chevaux, qui assurent de hautes performances avec un 0 à 100 km/h abattu en 5,5 secondes, et permette aussi des reprises canons à n’importe quelle allure. Il n’y a absolument rien à dire sur le comportement de ce moteur qui sert très bien l’excellent châssis de cette voiture d’exception. Seulement voilà, elle partage la même batterie qu’une e-208 de 156 chevaux, c’est-à-dire un pack de 54 kWh. Un jour où l’on ne roule pas à tombeaux ouverts, en restant proche du protocole WLTP, nous sommes supposés espérer une autonomie de 353 à 375 km suivant les gommes chaussées. Ça, c’est sur le papier, car dans les faits, au bout d’une heure et demie à peine, quelles que soient les circonstances de roulage, la jauge nous rappelle qu’il vaut mieux savoir où recharger. Et si, dans le contexte des essais, tout est sous contrôle, il faudra faire preuve d’une très grande vigilance lors des sorties en terrain inconnu.
Dès 42 900 €

On vous dit ça, car l’efficacité si enthousiasmante de cette Peugeot e-208 GTi nous fait un peu oublier de regarder l’écran derrière le tout petit volant, qui, au passage, est une commande qui lui va super bien pour la conduire vite. Vraiment… l’autonomie fond comme neige au soleil quand on attaque. Ça ne gâche pas le plaisir, mais il faut bien avoir ce facteur en tête. 42 900 € avant déduction, voici le prix auquel s’affiche cette e-208 GTi. Ce montant s’avère proche de l’Alpine, bien plus onéreux que la Lancia et l’Opel, à l’opération commerciale plus agressive.

























































































































14 commentaires
Donc avec la batterie, on a une heure pour attaquer et 30 minutes de recharge? y’en a qui vont pas aimer!
le schéma idéal pour cette GTi, c’est de travailler à Ajaccio et d’habiter à Propriano -ou Corte- 🙂 et recharger au travail. Même en Corse on peut se languir du (trajet) travail…
70 ou 81 km en attaquant… Elle devrait pouvoir le faire.
Le timing du lancement est un peu bizarre et démontre les changements de cap très fréquents ces dernières années depuis la création de Stellantis, en 2021.
Néanmoins, c’est une très belle démonstration de savoir-faire sur une auto sortie à l’origine en 2019… une éternité maintenant !
Excellent pour le cumul d’expérience pour la future génération.
Peut-être même un futur collecteur dans 20 ans ?
je souhaite à ce nouveau clone stellantis plus de succes que ses soeurs lancia et opel sorties plus tot. ce qui ne devrait pas etre trop dur lancia à vendu (ou du moins immatriculé) 91 voitures en octobre, et il ne doit y avoir dans ce mirobolant résultat que la version 280 cv de la petite y.
j’avais bien vu en rallye que les gamins avaient le pied lourd avec la 208 et que sommairement , ça se passe bien avec point trop d’autos chiffonnées. je n’ai jamais aimé les tractions , trop vieux pour changer d’avis. Je constate juste que le travail des ingénieurs mérite les hommages. J’ai lu grandes roues , voiture large et surbaissée . j’estime cet engin sous les 14 sec / 400 m DA. On aura peut-être un jour des données. Oui malgré la masse ça doit être une sportive en performance. Si on aime encore l’auto moderne en 26, on est obligé d’applaudir le travail réalisé , surtout que l’habitacle est (à mon avis) joli
très inspiré de l’intérieur de la 205 GTI ! Rouge et noir. bon la moquette rouge n’est pas forcément la meiulleure couleur pour les bas côté boueux des routes ecossaises!
Au moins ca a le merite de remettre un modele un peu sexy qui manquait cruellement à la gamme… faute a un stratège au Produit Peugeot qui , à l’epoque de la 1ere 208, decretait que Peugeot et le sport c’etait fini …
C est juste dommage de sortir cette version sur ts les clones lancia, opel… pour garder un peu d’exclusivité aux marques phares du groupe
elle est vraiment sympa, et au moins peugeot sait faire des chassis ! Par contre la taille de la batterie et le tarif la rendent évidement pas du tout compétitive
Plus grosse batterie signifierait plus de poids, et c’est quand même antinomique avec le côté sportif.
le tarif est à mon avis négociable, mais il se peut qu’il y ai suffisamment de nostalgiques des 205GTi près à laisser beaucoup d’argent qui vont maintenir le prix en haut. l’Alpine se vend très bien, elle n’est pas moins chère et nettement moins puissante pour une batterie identique (mais il peut y avoir des remises en concession?).
Mais c’est vrai qu’avec 42K€, ne pas être capable de faire 350 km (à 110 km/h) sans recharger c’est décevant.
C’est en fait le daily parfait pour ceux qui ont de gros moyens, avec pour rester chez Peugeot un 3008 grosse batterie pour le WE.
la 205 GTi pouvait tout faire, mais son autonomie n’était guère plus élevée: je me souviens d’un trajet avec une cousine, monitrice ECF dans le 15eme, on a fait Poitiers-Paris (350km) en 2h30 heures porte à porte. la GTi 115 à 190 compteur sur l’A10. les 50 litres du réservoir y sont passés. elle m’emmenait passer mon permis dans son auto-école…
oui beaucoup de gens oublient que les sportives thermiques (dont j’ai été friand) ont des autonomies très limitées
Et pas que des anciennes, j’ai lu une golf 7 gti qui fait 250km max par exemple
Jolie street machine, un vrai tape cul certes. Trop radicale pour être une seconde voiture du foyer, alors à qui on s’adresse ?
A ceux qui veulent conduire un mythe réactualisé ? Ça fait peu de monde, d’autant que le prix est olympien.
Trop radicale? je pensais que les amortisseurs double butée permettait une certaine souplesse avec un parfait maintien de caisse
Sur la route, pas en ville !
les amortisseurs à double butée hydraulique sont un bullshit marketing : c’est la butée en cas de choc (dos d’ane passé à 100kmh, etc) qui au lieu d’etre en caoutchouc est un vérin hydraulique. Ca ne change rien en usage normal
La voiture s’appuie sur une suspension classique (ressort acier + amortisseur). L’innovation réside exclusivement aux deux extrémités de l’amortisseur : au lieu de taper dans un bloc de caoutchouc rigide en fin de débattement, le piston entre dans un petit cylindre secondaire perforé qui freine progressivement le fluide et dissipe l’énergie sans rebond.
Les innovations techniques chez stellantis c’est bel et bien terminé