Uber va supprimer 3 300 emplois, soit 10 % de ses effectifs, alors que les robotaxis transforment le marché du transport à la demande.
Uber Technologies prévoit de supprimer environ 3 300 emplois, soit 10 % de ses effectifs, dans le cadre de la plus importante restructuration de l’entreprise depuis la crise du COVID-19. Le groupe américain de réservation de trajets cherche ainsi à simplifier son organisation et à réduire ses niveaux hiérarchiques, alors que la progression des robotaxis fait évoluer le marché du transport à la demande. La concurrence croissante des véhicules autonomes constitue notamment un enjeu stratégique pour Uber, dont l’activité repose historiquement sur la mise en relation entre passagers et conducteurs.
Le directeur général Dara Khosrowshahi a annoncé ces suppressions de postes dans une note adressée aux employés mercredi. Selon lui, la croissance rapide d’Uber avait entraîné une complexification de l’organisation qui ralentit désormais la prise de décision. La restructuration doit donc réduire les niveaux de management, clarifier les responsabilités et permettre à l’entreprise de consacrer davantage de ressources à la croissance et à l’innovation.
Contrairement à plusieurs entreprises technologiques ayant récemment annoncé des réductions d’effectifs, Uber n’a pas directement attribué cette décision à l’intelligence artificielle. Le groupe entend néanmoins réaliser des économies afin de les réinvestir dans les activités et technologies jugées prioritaires pour les prochaines années, notamment dans le domaine des véhicules autonomes.
Uber réorganise ses équipes pour gagner en agilité
La restructuration annoncée prévoit une réduction de 20 % du nombre d’employés situés à sept niveaux hiérarchiques ou plus sous la direction générale. Uber souhaite également réduire de près de moitié le nombre d’équipes composées d’un ou deux collaborateurs directement rattachés à un responsable. Certaines équipes seront regroupées, tandis qu’une partie importante des effectifs sera concentrée autour des principaux pôles de l’entreprise.
Uber va parallèlement modifier sa politique de travail à distance. Les postes entièrement à distance seront limités à environ 1 % des effectifs, tandis que la politique imposant trois jours de présence au bureau sera maintenue.
Ces changements doivent rendre l’organisation plus légère et faciliter les prises de décision. Pour Dara Khosrowshahi, une structure plus agile doit permettre de mieux définir les responsabilités et de consacrer davantage de temps au développement des activités plutôt qu’à la coordination interne.
Les suppressions de postes représentent toutefois une réduction importante pour le groupe. Uber comptait environ 34 000 salariés dans le monde à la fin de l’année dernière, selon son rapport annuel. Les 3 300 emplois concernés correspondent donc à environ un dixième de cet effectif.
Il s’agit du plan de licenciements le plus important depuis mai 2020. À cette époque, l’effondrement de la demande provoqué par la pandémie avait conduit Uber à supprimer environ 6 700 emplois, soit près d’un quart de son personnel.
Les robotaxis changent le modèle économique du VTC
La nouvelle restructuration intervient alors que les véhicules autonomes prennent une place croissante dans la stratégie d’Uber. Le développement des robotaxis pourrait progressivement modifier le rôle traditionnel de l’entreprise dans le transport de passagers. Uber agit historiquement comme une plateforme mettant en relation des conducteurs et des clients, mais une flotte de voitures autonomes pourrait réduire l’importance de cette relation avec des conducteurs humains.
Une partie des inquiétudes des investisseurs concerne notamment la relation entre Uber et Waymo, présenté comme le principal opérateur de robotaxis aux États-Unis. Les véhicules de Waymo sont accessibles via l’application Uber à Austin et Atlanta, mais Waymo poursuit également son développement sur de nouveaux marchés sans passer par Uber.
Tesla fait également partie des constructeurs qui misent davantage sur les robotaxis. La multiplication des véhicules sans conducteur pourrait donc accentuer la concurrence autour du transport à la demande et remettre en question la place d’Uber comme intermédiaire entre les passagers et les véhicules.
Pour défendre cette position, Uber prévoit d’investir plus de 10 milliards de dollars dans les robotaxis au cours des prochaines années. Le groupe entend notamment soutenir les entreprises développant des systèmes de conduite autonome et renforcer son rôle de plateforme de réservation pour les trajets réalisés sans conducteur.
Cette évolution pourrait également modifier les besoins en compétences au sein de l’entreprise. Adam Ballantyne, analyste chez Cambiar Investors, estime que le développement des technologies de conduite autonome nécessite un profil d’employés différent de celui d’une activité reposant principalement sur des conducteurs humains et sur les coûts de service associés.
Uber cherche ainsi à adapter progressivement son organisation à un marché dans lequel les véhicules autonomes pourraient prendre une place plus importante. La restructuration annoncée doit notamment permettre de réduire les coûts de fonctionnement et de dégager des ressources pour financer cette transformation.
Les marchés surveillent la transition d’Uber
L’annonce des suppressions d’emplois intervient alors que l’action Uber a perdu environ 8 % depuis le début de l’année, sous l’effet notamment des inquiétudes liées à l’intensification de la concurrence. Le titre a sous-performé le S&P 500 ainsi que son concurrent Lyft. Après l’annonce de la restructuration, les actions Uber ont toutefois progressé de près de 2 %.
Le marché semble donc particulièrement attentif à la capacité d’Uber à maintenir sa croissance tout en maîtrisant ses coûts. La réorganisation annoncée vise précisément à simplifier la structure du groupe et à générer des économies destinées à être réinvesties dans la croissance, l’innovation et les technologies considérées comme stratégiques.
L’intelligence artificielle constitue également un poste de dépenses pour l’entreprise. Selon des informations rapportées par les médias, les employés d’Uber auraient utilisé la totalité de leur budget technologique consacré à l’IA pour 2026 en seulement quatre mois. Cette situation intervient alors que les entreprises technologiques réduisent massivement leurs effectifs cette année, avec plus de 123 000 suppressions de postes recensées dans près de 390 sociétés selon le site de suivi des licenciements cité dans le texte source.
Uber ne présente cependant pas directement ses licenciements comme une conséquence de l’IA. La justification mise en avant porte avant tout sur la simplification de l’organisation et l’évolution des besoins de l’entreprise à mesure que les technologies de conduite autonome se développent.
Le groupe se trouve ainsi à un moment de transition. Son modèle historique, fondé sur une vaste communauté de conducteurs utilisant leurs propres véhicules, doit progressivement coexister avec un marché émergent de robotaxis. L’entreprise cherche à conserver sa position de plateforme tout en investissant dans les technologies autonomes et en adaptant ses effectifs.
La réduction de 10 % des effectifs constitue donc un changement significatif pour Uber. Après les suppressions massives intervenues pendant la pandémie, l’entreprise engage une nouvelle restructuration dans un contexte très différent, marqué cette fois par l’évolution technologique et la montée des véhicules autonomes. La capacité d’Uber à transformer ces économies en investissements dans les robotaxis et à maintenir sa position sur le marché du transport à la demande sera un élément central de cette nouvelle phase.
Notre avis, par leblogauto.com
La suppression de 3 300 emplois traduit d’abord la volonté d’Uber de simplifier son organisation et de réduire ses coûts de fonctionnement. Le développement des robotaxis constitue parallèlement un enjeu stratégique, avec plus de 10 milliards de dollars d’investissements prévus dans ce domaine. La concurrence de Waymo et de Tesla pourrait toutefois modifier progressivement la place d’Uber dans la chaîne du transport autonome. La restructuration apparaît ainsi comme une adaptation à un marché où le rôle des conducteurs humains pourrait évoluer avec la progression des technologies de conduite autonome.

