Nissan affirme que son alliance avec Renault reste solide malgré les tensions liées au vote au conseil et poursuit ses coopérations industrielles.
Le constructeur automobile japonais Nissan Motor Co. a tenu à réaffirmer la solidité de son alliance avec le groupe français Renault SA, malgré un épisode récent de désaccord au sein de leur gouvernance. À la suite de la perte d’un siège au conseil d’administration de Nissan après l’abstention de Renault lors d’un vote clé, les interrogations sur la stabilité de leur partenariat historique ont resurgi. Toutefois, le directeur général de Nissan, Ivan Espinosa, assure que la coopération entre les deux constructeurs n’a jamais été aussi efficace.
Une alliance industrielle jugée plus solide que jamais
Lors d’une interview au siège de Bloomberg à New York, Ivan Espinosa a minimisé l’impact du vote ayant conduit au retrait du mandat de l’administrateur Motoo Nagai, en poste depuis 2019. Selon lui, cet épisode ne reflète pas une détérioration des relations entre Nissan et Renault.
Le dirigeant a rappelé que des interprétations similaires avaient déjà été formulées lors de la restructuration de la participation croisée entre les deux entreprises. À l’époque, certains observateurs évoquaient une possible rupture de l’alliance automobile, scénario que le groupe japonais rejette aujourd’hui encore.
Espinosa insiste au contraire sur le fait que la collaboration industrielle entre les deux constructeurs est désormais plus fluide et plus efficace que par le passé, malgré une histoire marquée par des périodes de tensions.
Un partenariat marqué par une histoire mouvementée
L’alliance entre Nissan et Renault remonte à 1999, lorsque le constructeur français est intervenu pour soutenir financièrement Nissan. Depuis, la relation entre les deux groupes a connu plusieurs phases de déséquilibre et de tensions, notamment en raison des divergences de gouvernance et des rapports de force entre actionnaires.
La crise la plus marquante reste l’affaire Carlos Ghosn en 2018, qui a profondément affecté la structure de l’alliance et mis en lumière les fragilités du partenariat. Depuis, les deux entreprises ont progressivement rééquilibré leur participation, notamment à travers des ajustements de leur structure actionnariale.
Dans le cadre de cet accord, Renault détient toujours une part importante du capital de Nissan, mais une partie des actions a été transférée dans une fiducie française afin de neutraliser une partie des droits de vote. Ce mécanisme vise à rééquilibrer les pouvoirs décisionnels entre les deux partenaires et à stabiliser leur gouvernance commune.
Selon Ivan Espinosa, la récente abstention de Renault concernant la nomination de Motoo Nagai, ancien cadre bancaire et administrateur expérimenté, ne doit pas être interprétée comme un signal de rupture. Le dirigeant estime que Renault agit dans le cadre de ses droits d’actionnaire et que cette décision relève de considérations internes liées à la durée d’implication de certains administrateurs.
Une coopération élargie au-delà de l’alliance historique
Au-delà de la relation avec Renault, Nissan développe également d’autres partenariats industriels. Le constructeur travaille notamment avec Honda Motor Co. sur de possibles collaborations dans les domaines de l’électronique embarquée et des logiciels automobiles. Des discussions sont également en cours concernant des synergies sur les groupes motopropulseurs et les technologies de batteries, dans un contexte de transformation rapide de l’industrie automobile vers l’électrification et les véhicules définis par logiciel.
Nissan poursuit par ailleurs sa coopération avec Mitsubishi Motors Corp., autre partenaire de son écosystème industriel. Dans ce cadre, un nouveau pick-up de taille moyenne portant le badge Mitsubishi devrait être produit dans l’usine de Canton, dans le Mississippi, aux États-Unis. Ce site, qui assemble actuellement le modèle Frontier, pourrait accueillir jusqu’à six véhicules différents à l’avenir.
Sur le plan industriel, Nissan vise également une amélioration significative de l’utilisation de ses capacités de production. Le constructeur prévoit d’atteindre un taux d’utilisation supérieur à 75 % sur son réseau mondial d’usines d’ici la fin de l’exercice fiscal en cours, avec un objectif proche de 90 % à moyen terme, notamment grâce à la consolidation de certaines installations au Japon.
Cette stratégie intervient après une période de sous-utilisation importante des capacités industrielles, estimée à environ 60 % selon le dirigeant. Pour y remédier, Nissan a engagé un plan de restructuration comprenant la fermeture de plusieurs sites et la réduction de 20 000 emplois, annoncé après une perte annuelle importante.
Le groupe automobile prévoit un retour progressif à la rentabilité, avec un bénéfice net anticipé d’environ 20 milliards de yens pour l’exercice se terminant en mars 2027, signe d’une trajectoire de redressement encore en cours.
Notre avis, par leblogauto.com
Les déclarations d’Ivan Espinosa visent clairement à rassurer sur la stabilité de l’alliance entre Nissan et Renault malgré un épisode de tension au conseil d’administration. Le rééquilibrage de la gouvernance engagé depuis 2023 reste un élément structurant du partenariat. En parallèle, Nissan multiplie les coopérations industrielles avec d’autres constructeurs japonais, ce qui élargit son réseau stratégique. La priorité du groupe demeure l’amélioration de l’efficacité industrielle et le retour progressif à la rentabilité.
Crédit illustration : Leblogauto.com.

