L’Inde pourrait valider un investissement de 370 M$ lié à Geely et Renault, renforçant l’industrie automobile hybride locale.
L’Inde s’ouvre à un investissement automobile stratégique
L’Inde est sur le point d’approuver un investissement d’environ 370 millions de dollars porté par Horse Powertrain Ltd., une entreprise spécialisée dans les groupes motopropulseurs hybrides et soutenue par le groupe chinois Zhejiang Geely Holding Co. Cette décision, si elle est confirmée, constituerait l’un des investissements manufacturiers les plus importants impliquant une entité liée à la Chine en Inde depuis plusieurs années. Elle intervient dans un contexte de normalisation progressive des relations économiques entre New Delhi et Pékin, après une période marquée par des tensions géopolitiques et des restrictions renforcées sur les investissements étrangers.
Cet accord potentiel permettrait à Horse Powertrain d’investir dans les activités de fabrication du constructeur automobile français Renault SA en Inde. Selon des sources proches du dossier, l’objectif est de développer sur place des moteurs hybrides avancés ainsi que des groupes motopropulseurs destinés au marché automobile local, en pleine transformation vers des technologies plus électrifiées et économes en carburant.
Horse Powertrain et la stratégie industrielle en Inde
Créée en 2024, Horse Powertrain est une coentreprise détenue à parts égales par Geely et Renault, à laquelle le groupe Saudi Aramco a ensuite ajouté une participation minoritaire de 10 %. L’entreprise, basée à Londres, dispose d’un réseau industriel conséquent avec 18 usines dans le monde et environ 19 000 employés. Aujourd’hui, Geely et Renault détiennent chacun 45 % du capital.
Le projet d’investissement en Inde pourrait être déployé progressivement, en commençant par l’usine Renault située à Chennai, dans le sud du pays. L’objectif est d’y produire des groupes motopropulseurs hybrides combinant moteur thermique et motorisation électrique, une technologie de transition essentielle dans l’industrie automobile mondiale. Ces systèmes seraient destinés à équiper notamment des véhicules des marques Renault et Nissan vendus sur le marché indien.
Dans cette dynamique, Renault — principal actionnaire de Nissan Motor Co. — utilise déjà son site de production indien pour fabriquer des véhicules destinés au marché local. Le constructeur français prévoit par ailleurs le lancement d’un SUV Duster en Inde, dont la motorisation devrait reposer sur les technologies développées par Horse Powertrain.
Un marché automobile en pleine transformation
L’entrée potentielle de Horse Powertrain en Inde s’inscrit dans une évolution plus large du marché automobile local, marqué par une montée en puissance des véhicules hybrides. Dans le pays le plus peuplé du monde, les constructeurs adaptent leur stratégie face à une demande croissante pour des véhicules plus économes en carburant, tandis que l’adoption des véhicules électriques progresse de manière plus graduelle.
Les autorités indiennes ont récemment assoupli certaines règles d’investissement étranger afin de stimuler la production locale, notamment dans le secteur automobile. Cette ouverture vise principalement les pays voisins, dont la Chine, dont les investissements avaient été fortement limités depuis les tensions frontalières de 2020. Toutefois, New Delhi reste prudente, comme en témoigne la restriction maintenue sur certains acteurs comme le constructeur chinois BYD Co.
Historiquement, les investissements chinois majeurs dans l’automobile en Inde restent rares depuis 2017, année où SAIC Motor Corp. avait repris une usine de General Motors pour lancer la marque MG Motor dans le pays. Depuis, la structure de cette entreprise a évolué vers une majorité d’actionnaires indiens.
Dans ce contexte, l’arrivée de Horse Powertrain pourrait marquer une nouvelle étape dans la recomposition des chaînes de valeur industrielles automobiles en Inde. Le projet s’inscrit également dans la stratégie de Renault et Nissan visant à renforcer leur présence sur un marché considéré comme l’un des plus dynamiques au monde, en misant sur la production localisée et les SUV.
Horse Powertrain a confirmé avoir soumis une demande officielle aux autorités indiennes et attend désormais une décision. Le ministère indien du Commerce n’a pas encore communiqué sur le dossier, laissant l’approbation en suspens mais jugée probable par les observateurs du secteur.
Notre avis, par leblogauto.com
Cet investissement potentiel illustre la volonté de l’Inde de renforcer son attractivité industrielle dans le secteur automobile tout en contrôlant l’accès aux capitaux étrangers.
Il met également en lumière le rôle stratégique des motorisations hybrides dans la transition énergétique du marché indien, encore loin d’une électrification massive.
Enfin, ce projet souligne la montée en puissance des alliances industrielles entre constructeurs européens et groupes asiatiques dans un contexte de réorganisation globale des chaînes de production automobile.
Crédit illustration : Horse Powertrain.

