Crise énergétique : les voitures électriques en accélération

Hausse des carburants, crise énergétique et progrès technologiques accélèrent l’adoption des voitures électriques à l’échelle mondiale.

Les tensions géopolitiques actuelles, notamment la guerre en Iran, pourraient marquer un tournant décisif dans l’adoption des véhicules électriques. Historiquement, les crises énergétiques ont toujours influencé les comportements des automobilistes, les incitant à privilégier des motorisations plus sobres. Aujourd’hui, dans un contexte de flambée des prix du carburant, l’industrie automobile semble prête à répondre à cette mutation avec une offre électrique plus accessible, performante et compétitive.

Une offre électrique plus abordable et performante

Le marché automobile connaît une transformation rapide, portée par des constructeurs qui multiplient les lancements de modèles électriques. Des groupes comme BYD, Stellantis et Volkswagen proposent désormais des véhicules électriques à moins de 25 000 euros. Cette évolution tarifaire marque une rupture importante dans l’accessibilité de ces modèles, longtemps considérés comme coûteux.

Parallèlement, les progrès techniques sont significatifs. Les nouvelles générations de voitures électriques offrent une autonomie accrue et des temps de recharge réduits, répondant ainsi à deux des principales préoccupations des conducteurs. Cette amélioration des performances renforce la crédibilité de la mobilité électrique face aux véhicules thermiques, notamment dans un contexte d’incertitude énergétique.

Selon Geoff Hurst, conseiller automobile chez NTT Data, le nombre de consommateurs envisageant sérieusement l’achat d’un véhicule électrique n’a jamais été aussi élevé. La hausse des prix de l’essence met en lumière un avantage clé des véhicules électriques : leur relative indépendance face aux fluctuations des coûts énergétiques.

Une demande mondiale stimulée par la hausse des carburants

Les données du marché confirment cette tendance. La flambée des prix du carburant liée aux tensions au Moyen-Orient influence déjà les décisions d’achat. Lors du salon automobile de Bangkok, les réservations ont bondi de 71 % par rapport à l’année précédente. Les constructeurs chinois, dont BYD et SAIC Motor avec sa marque MG, ont dominé les ventes, représentant plus des deux tiers des commandes.

Dans le même temps, les exportations chinoises de véhicules électriques et hybrides ont plus que doublé en mars, atteignant un niveau record. Cette dynamique s’étend également à d’autres marchés asiatiques, notamment aux Philippines et au Vietnam, où la demande pour des véhicules électrifiés est en nette progression.

En Europe, la transition apparaît plus nuancée. Malgré la hausse des prix à la pompe, les politiques publiques atténuent l’impact pour les automobilistes grâce à des subventions et des réductions fiscales. Toutefois, certains freins persistent, notamment le manque d’infrastructures de recharge rapide et le coût initial d’acquisition, qui peuvent dissuader certains acheteurs.

Une transition progressive mais structurelle

Malgré ces obstacles, des signaux indiquent une évolution des comportements. En Allemagne, les recherches de voitures électriques d’occasion sur la plateforme mobile.de ont presque triplé en mars. Cette tendance suggère un intérêt croissant pour des solutions de mobilité plus économiques à long terme.

L’usage d’un véhicule électrique peut en effet s’avérer avantageux, notamment pour les conducteurs capables de recharger leur batterie à des moments où l’électricité est moins chère, comme la nuit ou lors de pics de production d’énergie renouvelable. Cette optimisation des coûts d’usage renforce l’attrait des modèles électriques face aux véhicules thermiques dépendants des carburants fossiles.

Au-delà des considérations économiques immédiates, la répétition des crises énergétiques pourrait profondément modifier la perception des automobilistes. Selon Geoff Hurst, la volatilité des prix de l’énergie tend à devenir une caractéristique structurelle plutôt qu’un phénomène ponctuel. Dans ce contexte, l’achat d’un véhicule électrique apparaît comme une stratégie rationnelle pour se prémunir contre ces fluctuations.

Cette vision est partagée par certains constructeurs. Toyota anticipe une montée en puissance de la demande, notamment aux États-Unis. Le groupe propose actuellement quatre modèles électriques importés sur ce marché et prévoit d’en ajouter un cinquième prochainement. La production d’un nouveau modèle local débutera dans le Kentucky plus tard cette année, suivie d’un autre véhicule en 2027. Par ailleurs, le constructeur observe une hausse des ventes de son crossover électrique bZ, signe d’un intérêt croissant des consommateurs.

Notre avis, par leblogauto.com

La conjoncture énergétique agit comme un catalyseur pour l’électrification du parc automobile, en renforçant l’intérêt économique des véhicules électriques. L’amélioration rapide des technologies et la baisse des prix contribuent à lever certains freins historiques. Toutefois, les disparités régionales, notamment en matière d’infrastructures et de politiques publiques, continuent d’influencer la vitesse de cette transition. À moyen terme, la stabilité incertaine des marchés de l’énergie pourrait durablement ancrer les véhicules électriques dans les choix des automobilistes.

Crédit illustration : leblogauto.com.

(14 commentaires)

  1. Quelle que soit la raison pour laquelle le client se tourne vers un VE au lieu d’un thermique, ce qui compte à la fin c’est que cela enlève un thermique de la route.

    Moins cher en roulage et pratiquement au même prix à l’achat avec bonus/malus, seule l’autonomie reste le point faible des VEs de moins de 30000€ avec notamment le risque des départs en vacances ou tous voudront recharger au même moment au même endroit.

    C’est bon pour l’économie française, c’est bon la planète, en espérant qu’on arrive à mettre nos foutus camions sur des trains.

    1. L’eternelle problématique de train pour les camions. La situation ne s’est pas améliorée, elle s’est empirée même sur ce front. Ce devrait être obligatoire pour les camions qui ne font que traverser la France…
      Par contre, juste un chiffre comme ca : en émission de CO2 par tonne déplacée, un camion emet autant voir moins qu’un SUV (environ 80 à 90g/km) en autoroutier. C’est sur, rapporté à un ensemble de 40 tonnes, ca fait beaucoup, mais c’est un chiffre bien moindre que ce que les gens pensent…

    2. on ne pourra jamais mettre beaucoup de camions sur les trains. Par contre les camions vont s’électrifier, comme les voitures. C’est deja en cours, peu de gens s’en rendent compte

      1. C’est en cours, mais c’est très lent, le surcout restant fort pour des véhicules qui embarquent plus de 600kWh. Et les contructeurs n’ont aucune aides, ni les transporteurs.

        1. J’ai entendu qu’un camion VE… C’est le triple du prix du modèle VT…
          ET qu’il n’aurait que 1 % en parc.

          1. les camions sont sur la route 8h/j minimum. A 30l/100 je n’ose pas imaginer le budget carburant (meme si ils récupèrent la ticpe et la tva)

      2. Meme les grosses communes pour des usages typique genre ordure ménagere n’utilise pas de camion électrique. Pourtant c’est l’usage vraiment typique. Petit trajet, parcours extrêmement fractionné, large temps pour charger.

        Pareil en TP, ou en agriculture, meme sur les petits engin genre valet de ferme, les thermiques sont déjà inabordable, les électriques on un prix délirant.

        Alors oui un valet de ferme électrique c’est sympa dans l’élevage au milieu des animaux, mais si ca fait exploser le prix de ta viande de ton lait, c’est pas le crevard francais au Lidl qui va compenser.

        A un moment il faut arreter de raconter de la merde et mettre le nez dans le cambouis du réel.

        L’électrification c’est particulièrement coûteux dans une production française déjà largement non concurrentielle.

        Donc à part trouver de gros levier de compensation … on ne voit pas trop comment les agriculteur vont passer de l’huile végétale qui ne leur coute rien à des engins électrique pour lesquels ils vont devoir hypothéquer leur exploitation.

        1. je peux t’inviter à mon boulot, tu verras le ballet des camions et tu seras surpris qu’on voit plusieurs camions électriques par jour. Esthétiquement rien ne les différencie, personne ne s’en rend compte.
          Pour info pour les bus c’est une avalanche d’électriques, les constructeurs n’arrivent pas à suivre : 50% des bus neufs sont électriques

    3. Enlever les thermiques de la route est sans intérêt si l’électricité est produite par des centrales à charbon.

      Et c’est le gros probleme de l’électrification, elle n’est vertueuse au sens émission et GES que dans quelques pays.

      C’est aussi oublier la contrepartie environnementale de la production des batteries et des moteurs électrique parce que ça salope l’environnement des crevards du bout du monde plutôt que le tien.

      Mais l’extraction et la sidérurgie des métaux et autre élément rares présent dans le stockage et les propulsions électrique c’est assez dégueulasse, et contrairement au bla bla écolobeat pour le moment ça ne se recycle que sur les décharges des parias de l’Inde …

      Pendant ce temps là une caisse ICE se recycle de A à Z.

      On a abordera pas le sujets des BEV a peine accidenté envoyé en décharge par qu’économiquement irréparable.

      Comme souvent le mieux est l’ennemi du bien.

      1. beaucoup de caricature dans ce message.
        le gros producteur de VE dans le monde c’est la Chine. son electricité se décarbone très vite. 500g/ kwH soit pour un VE classique à 17 KWh/100 = 85 g de CO2/ km: y’a pas grand chose de thermique qui roule avec si peut de CO2/km
        Allemagne 350 g/KWh en moyenne = 60g/km
        France 31 g/kWh= 5g/km

        Recyclabilité des batteries> 90% (seule la matière plastique pas recyclée) pour le reste c’est une voiture.

  2. C’était tellement prévisible.
    J’espère que cela va durer suffisamment longtemps pour que les gens se rendent compte que l’utilisation d’un VE dans la semaine, petit ou grand, est tout simplement du bon sens !
    Gardons le pétrole pour ce qui est vraiment nécessaire ou pour le plaisir.
    Une chose est sûre… Après 2030, les VT seront des véhicules pour le luxe principalement… Il faut y penser en 2026 avant de passer commande d’une voiture !
    Si l’on ne veut pas avoir une auto dont le coût d’utilisation sera exorbitant…

    1. Plus personne ne commande de voiture … sors de ta grotte l’essentiel des véhicules neuf sort en LLD … les gens ne sont pas con ils savent très bien que le BEV d’aujourd’hui n’aura quasiment aucune valeur dans 5 ans.

      A tel point que les loueurs sont obligés de les louer deux fois pour essayer de proposer des loyers correct. Véhicule neuf loué 3 ans … puis refurbishing chez le constructeur … et à nouveau location d’un véhicule remis à neuf pour trois ans.

      Quand au luxe, le luxe c’est avant tout de pouvoir charger à domicile … l’essentiel des francais vivant en ville n’ont meme pas d’emplacement pour garer leur voiture, et ceux qui ont un parking commun ne peuvent meme pas y coller de point de charge.

      Je ne parle meme pas des organisme HLM qui refusent systématiquement et catégoriquement l’installation de point de charge individuel ou collectif sur le parking surface ou souterrain.

      Le BEV va rester encore longtemps le véhicule des écolotraitre qui habite en maison individuelle avec place de parking privé attenante.

      1. Moi, je suis déjà sorti de ma grotte… Et justement plus de 50 % des Français disposent d’un emplacement individuel et privé pour garer sa voiture la nuit !

        « …n’aura quasiment aucune valeur dans 5 ans. »
        Personne n’a eu à avoir la situation actuelle géopolitique perdurée pendant des mois… Voire des années.

        Quid des valeurs des VT dans 5 ans VS les VE ???? Personne ne le sait !
        Sauf que les VE d’occasion invendables il y a 2 mois… Ont presque tous trouvé preneur aujourd’hui !
        Alors comment faire des plans sur la comète dans 5 années ? ?

        Les places de parking des bureaux sont massivement électrifiées… Ce n’est pas pour les clochards !
        Donc, bientôt, les 50 % autres vont pouvoir rouler en VE sans difficulté.
        Il ne restera qu’une dizaine de % ou cela restera difficile … Ou moins commode

        On n’est plus aux 20 siècles !

  3. Une VW polo DSG7 1,0 TSi coute 29 350 euros. Un Tiguan thermique se touche à plus de 45 000 euros voir 50 000 euros tout comme le nouveau RAV-4. Zont craqué les constructeurs en Europe …

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