Mercedes met en garde sur les limites des objectifs VE de l’UE

Le PDG de Mercedes alerte sur les failles des objectifs européens pour voitures électriques après 2035.

Les objectifs assouplis de l’UE inquiètent Mercedes

Le PDG de Mercedes-Benz, Ola Källenius, a exprimé jeudi ses réserves concernant les propositions récentes de l’Union européenne visant à assouplir les objectifs de transition vers les véhicules électriques (VE). Selon lui, les « petits caractères » de ces mesures risquent d’annuler les avantages escomptés pour les constructeurs automobiles et pourraient freiner la transition vers une mobilité plus durable. Ces déclarations interviennent à Stuttgart, avant le lancement de la série S remaniée de Mercedes, un véhicule haut de gamme destiné à relancer la dynamique du constructeur après une année 2025 difficile.

En décembre 2025, la Commission européenne a dévoilé des propositions qui modifient l’interdiction initialement prévue des ventes de nouvelles voitures à moteur à combustion interne à partir de 2035. Cette révision fait suite à la pression de certains États membres, notamment l’Allemagne et l’Italie, ainsi que de grands constructeurs européens, dont Mercedes. Le compromis vise à offrir davantage de flexibilité aux fabricants tout en maintenant un objectif global d’électrification progressive des flottes européennes.

Des exceptions qui pourraient réduire l’impact des VE

Selon Källenius, ces assouplissements introduisent un risque considérable : les constructeurs pourront continuer à vendre des hybrides rechargeables et des véhicules à prolongateur d’autonomie au-delà de 2035. Parallèlement, ils pourront compenser leurs émissions de CO2 résiduelles par l’utilisation d’acier à faible teneur en carbone ou de carburants plus durables, ce qui pourrait réduire la pression sur l’électrification stricte. Cette approche flexible est perçue par certains industriels comme un moyen de sécuriser la compétitivité européenne dans un marché mondial où la transition électrique s’accélère, mais elle pourrait diluer l’effet attendu sur la réduction des émissions et ralentir le remplacement des moteurs thermiques.

Le plan de la Commission européenne, qui doit encore être validé par l’ensemble des États membres, inclut également des objectifs obligatoires d’électrification pour les flottes d’entreprise, ajustés en fonction du PIB par habitant de chaque pays. Cette approche différenciée vise à tenir compte des disparités économiques entre les États membres, mais Källenius avertit qu’elle pourrait créer des inégalités de marché et compliquer la planification industrielle pour les constructeurs automobiles. Il met en garde contre le risque d’un « rétrécissement du marché » si certaines conditions ralentissent l’adoption des véhicules électriques.

Mercedes face à un marché incertain

Ces développements interviennent à un moment où Mercedes cherche à renforcer sa présence dans le segment haut de gamme et à rattraper le retard accumulé après une année difficile pour le constructeur. Le lancement de la nouvelle série S illustre la volonté de la marque de maintenir sa position sur le marché des véhicules premium tout en poursuivant la transition vers des modèles électrifiés. Le constructeur est également confronté à un contexte européen complexe, marqué par la concurrence croissante des marques chinoises et l’adaptation aux politiques environnementales locales.

Källenius, également président de l’association européenne des constructeurs automobiles ACEA, souligne que la transition énergétique nécessite un équilibre délicat entre objectifs environnementaux ambitieux et faisabilité industrielle. La flexibilité offerte par les mesures proposées pourrait représenter un avantage pour la compétitivité, mais elle comporte le risque d’un ralentissement du rythme de transition vers les VE à long terme, notamment pour les flottes d’entreprises et les segments premium.

Notre avis, par leblogauto.com

Les propos du PDG de Mercedes mettent en lumière la complexité de la transition vers les véhicules électriques en Europe. Les assouplissements proposés par la Commission européenne offrent une marge de manœuvre pour les constructeurs, mais risquent de limiter l’effet immédiat sur la réduction des émissions. Le maintien des hybrides et l’utilisation de carburants durables pourraient retarder le remplacement complet des moteurs thermiques. Enfin, ces mesures différenciées par PIB pourraient créer des déséquilibres sur le marché européen, compliquant la planification industrielle et la compétitivité des constructeurs.

Crédit illustration : Mercedes.

Un commentaire

  1. Il y a plusieurs façons de chose de voir les choses.

    Les PROs VT qui ne veulent pas en entendre parlent de VE… Comme s’ils décideraient pour le reste du monde.

    Ceux qui ne veulent pas choisir et avoir un mixte des deux… Inconvénient : l’investissement dans les deux domaines en même temps VT et VE sera considérable pour les constructeurs Européens.

    Les PROs VE, on abandonne tout investissements dans les VT… Et hybride compris, et on améliore, vitesse grand V le développement des VE.
    Et là, nous sommes très mal si les quotas avec la Chine ne sont pas réglementés.

    Moi, personnellement, je préférais la deuxième solution… Avoir le choix… Mais d’ici 10 ans… Ça sera encore possible ???
    Je ne sais pas, mais une chose est sûre… L’UE va devoir trancher !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *