Tesla examine plus de 8 300 infractions potentielles liées au FSD, alors que les autorités américaines renforcent leur enquête sur la conduite automatisée.
Les autorités américaines de la sécurité routière ont accordé à Tesla un délai supplémentaire de cinq semaines pour répondre à une enquête portant sur d’éventuels défauts de ses véhicules lorsqu’ils utilisent le système de conduite autonome avancée, le Full Self-Driving (FSD). Cette prolongation intervient dans un contexte de surveillance accrue des technologies d’assistance à la conduite et de conduite automatisée, alors que le constructeur californien doit analyser des milliers de dossiers liés à des infractions potentielles au code de la route.
L’enquête est menée par la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), qui s’intéresse aux comportements de certains véhicules Tesla lorsque le FSD est activé. L’agence fédérale cherche notamment à déterminer si ce logiciel de conduite assistée respecte les règles de circulation et les exigences de sécurité routière imposées aux constructeurs automobiles opérant sur le marché américain.
Une enquête ouverte après de multiples infractions présumées
La NHTSA a ouvert son enquête en octobre, après avoir recensé des dizaines d’incidents impliquant des véhicules Tesla équipés du FSD. Selon les premiers éléments, certains modèles auraient brûlé des feux rouges, circulé à contresens ou commis d’autres manquements aux règles de circulation. Ces comportements soulèvent des questions sur la fiabilité des systèmes d’aide à la conduite avancés et sur leur capacité à interpréter correctement l’environnement routier.
Dans ce cadre, le régulateur a adressé à Tesla une demande formelle d’informations le mois dernier. L’agence exige notamment un décompte précis des plaintes de consommateurs, des rapports internes, des demandes d’indemnisation pour dommages matériels, ainsi que des procédures d’arbitrage ou actions en justice susceptibles d’être liées aux défauts allégués du FSD. Face à l’ampleur de la tâche, Tesla a sollicité un report du délai initial pour pouvoir examiner l’ensemble des données disponibles.
Plus de 8 300 dossiers à analyser manuellement
Dans un document transmis à la NHTSA le 12 janvier, Tesla a indiqué qu’il restait à ce stade 8 313 dossiers à examiner manuellement afin d’identifier ceux pouvant être pertinents pour l’enquête. Le constructeur automobile a précisé être en mesure de traiter environ 300 dossiers par jour, ce qui justifie, selon lui, la nécessité d’un délai supplémentaire. La nouvelle échéance fixée par le régulateur est désormais le 23 février.
Cette charge de travail s’ajoute à d’autres demandes simultanées émanant de la NHTSA. Tesla doit en effet répondre à plusieurs enquêtes distinctes, notamment sur des rapports d’accidents transmis tardivement et sur des poignées de porte jugées inopérantes sur certains véhicules. L’entreprise estime que devoir gérer trois demandes majeures d’informations dans un laps de temps réduit est excessivement contraignant et peut nuire à la qualité des réponses fournies.
Le FSD au cœur de la stratégie et des critiques
La performance et la fiabilité du FSD revêtent une importance stratégique croissante pour Tesla. Le PDG Elon Musk mise largement sur ce système de conduite automatisée pour soutenir la demande, alors que le constructeur a enregistré des baisses consécutives de ses livraisons annuelles de véhicules. Bien que Tesla mette régulièrement en avant les progrès de ses logiciels embarqués et de ses systèmes d’assistance à la conduite, ces affirmations sont contestées par certaines autorités.
En Californie, l’entreprise a été accusée de surestimer les capacités réelles de ses véhicules en matière de conduite autonome. L’État a même évoqué la possibilité d’une suspension des ventes de 30 jours, une mesure qui pourrait entrer en vigueur au début de l’année. Par ailleurs, la NHTSA ne se limite pas aux infractions au code de la route. Elle examine également la capacité des véhicules Tesla à détecter et à réagir correctement à des conditions de visibilité dégradée, telles que l’éblouissement du soleil ou le brouillard.
Cette seconde enquête, ouverte en octobre 2024, fait suite à plusieurs accidents, dont l’un a entraîné un décès. Le régulateur cherche à obtenir des chronologies détaillées de chaque incident, couvrant les 30 secondes précédant la première infraction présumée jusqu’à la désactivation du FSD par le conducteur, la dernière infraction ou un éventuel accident. Tesla prévoit de demander un nouveau délai afin de fournir des informations complémentaires, notamment sur les versions du logiciel FSD utilisées et les alertes éventuellement émises auprès des conducteurs.
Notre avis, par leblogauto.com
Cette enquête illustre la vigilance croissante des autorités face aux systèmes de conduite automatisée et aux aides avancées à la conduite. Le volume de dossiers à examiner montre l’ampleur des données générées par les véhicules connectés et la complexité de leur exploitation. Pour Tesla, le FSD reste un levier technologique et commercial majeur, mais aussi une source de risques réglementaires. L’issue de ces investigations pourrait influencer durablement la perception et l’encadrement de la conduite autonome aux États-Unis.
Crédit illustration : Tesla.

« Le constructeur automobile a précisé être en mesure de traiter environ 300 dossiers par jour.
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Le volume de dossiers à examiner montre l’ampleur des données générées par les véhicules connectés et la complexité de leur exploitation. »
C’est donc pas demain la veille qu’ils seront capables d’analyser proactivement le volume journalier de cartons évités de justesse par leur « Fucking Self Driving » dont les données doivent bien leur remonter… afin de faire les changements requis.
C’est en fait la confirmation implicite d’un constructeur dont les automatismes pourtant déployés largement fonctionnent en roue libre!
Maintenant, si les gestionnaires de routes faisaient en sorte que l’environnement routier soit plus simple à appréhender, en tenant compte que les conditions de visibilité réduites cela arrive (nuit/météo…), cela profiterait aussi à l’humain qui doit parfois être zen et proactif devant les situations douteuses régulièrement rencontrées.
Tout cela me semble lié à un manque de culture automobile, notamment de la culture safety qui y est impérativement associée. Or Tesla semble considérer que la safety est négociable.