Elliott rejette l’offre de Toyota Industries et réclame plus

Elliott rejette l’offre de Toyota Industries et presse les actionnaires de réclamer une prime plus élevée pour la privatisation.

Une offre améliorée jugée insuffisante

Elliott Investment Management a publiquement rejeté l’offre améliorée du groupe Toyota visant à privatiser Toyota Industries, une unité clé du conglomérat japonais. Le fonds activiste appelle les autres actionnaires à ne pas soutenir l’opération et à exiger une prime plus élevée. Toyota avait relevé son offre à 18 800 ¥ par action (118,50 $), soit une hausse de 15 % par rapport à la proposition initiale. Pourtant, le titre a rapidement dépassé cette valorisation, atteignant jusqu’à 19 255 ¥, ce qui a renforcé les demandes pour un prix plus élevé.

Selon Elliott, le nouveau prix continue de sous-évaluer « très substantiellement » Toyota Industries, estimée à plus de 25 000 ¥ par action. Le fonds américain, qui détient désormais une participation de 5 % dans l’entreprise, a affirmé qu’il n’entend pas céder ses actions aux conditions actuelles et encouragera les autres actionnaires à résister à l’offre. Hugh Sloane, du fonds britannique Sloane Robinson, qui détient également des titres de Toyota Industries, soutient que la société mérite la même valorisation supérieure à 25 000 ¥ par action, dénonçant une tentative du groupe Toyota de « faire l’acquisition à bon marché ».

Campagne de protestation et enjeux stratégiques

L’offre publique d’achat (OPA) a débuté jeudi et se poursuivra jusqu’au 12 février. Si elle aboutit, Toyota Industries, fabricant de métiers à tisser et de chariots élévateurs, passerait sous le contrôle de Toyota Fudosan Co., une société immobilière non cotée présidée par Akio Toyoda, également président de Toyota Motor et petit-fils du fondateur du constructeur automobile.

L’opération avait initialement été prévue en décembre, mais des retards liés aux approbations des autorités de la concurrence dans plusieurs pays ont repoussé son lancement. Lorsque Toyota avait annoncé sa première offre en juin, la transaction, d’une valeur d’environ 4,7 billions de yens, représentait une décote de 11 % par rapport à la capitalisation boursière. Cette démarche avait suscité de vives critiques, certains estimant qu’elle renforçait excessivement l’influence de la famille fondatrice et manquait de transparence.

L’influence d’Elliott a pris de l’ampleur après l’annonce de sa participation de 5 % en novembre. Le fonds a ensuite commencé à convaincre d’autres actionnaires japonais de s’opposer à l’acquisition, soulignant que Toyota Industries possède environ 6,1 billions de yens d’actions dans d’autres sociétés du groupe, ce qui justifierait une prime beaucoup plus élevée.

Incertitudes sur l’approbation des investisseurs minoritaires

Malgré la hausse de l’offre, il demeure incertain si un nombre suffisant d’actionnaires minoritaires acceptera la transaction. Certaines sociétés, comme le fabricant d’électronique Ibiden Co., ont prévu de céder une partie de leurs actions pour un montant total d’environ 328 millions de dollars. Des analystes indépendants estiment que le groupe Toyota pourrait être contraint d’augmenter encore son offre pour sécuriser la prise de contrôle. Julie Boote, analyste chez Pelham Smithers Associates, considère que l’augmentation actuelle du prix relève davantage d’un geste de bonne volonté envers les actionnaires minoritaires que d’une réelle valorisation de l’entreprise.

Cette OPA, suivie de près par les investisseurs et les observateurs du marché japonais, pourrait également avoir un effet structurant sur les futures acquisitions dans le secteur industriel et automobile au Japon, en définissant la manière dont les actionnaires minoritaires peuvent influencer les opérations de privatisation.

Notre avis, par leblogauto.com

La position d’Elliott souligne l’importance croissante des fonds activistes dans le marché japonais, même dans le secteur industriel lié à l’automobile. Toyota Industries, avec ses activités dans les composants mécaniques et les chariots élévateurs, reste sous-évaluée selon plusieurs analyses, ce qui explique la demande de primes plus élevées. L’OPA illustre aussi la tension entre contrôle familial et intérêts des actionnaires minoritaires, un sujet récurrent dans les grandes entreprises japonaises. Enfin, le dépassement du prix de l’action face à l’offre montre que le marché anticipe une valorisation plus ambitieuse que celle proposée par le groupe Toyota.

Crédit illustration : Toyota Industries.

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