BYD lance Linghui, une marque dédiée au covoiturage

BYD crée Linghui, une sous-marque dédiée aux flottes et au covoiturage, pour segmenter son offre automobile sur le marché chinois.

Le constructeur automobile chinois BYD Co. poursuit l’élargissement de sa stratégie industrielle et commerciale avec la création d’une nouvelle sous-marque baptisée Linghui. Cette entité sera spécifiquement destinée aux opérations de flotte et aux services de covoiturage, un segment clé du marché automobile chinois. L’initiative s’inscrit dans un contexte de forte segmentation du marché des véhicules électriques et hybrides, alors que les constructeurs cherchent à mieux différencier leurs gammes entre usages particuliers, professionnels et premium.

Linghui, une vitrine dédiée aux flottes et au covoiturage

Selon des informations issues des documents publiés par le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT), Linghui regroupera plusieurs modèles déjà connus du catalogue BYD, mais rebadgés sous une nouvelle identité. Cette sous-marque accueillera notamment une version de la berline électrique Qin PLUS, renommée Linghui e5. Le fourgon polyvalent Xia DM-i sera, quant à lui, décliné sous l’appellation M9, tandis qu’une variante de la berline électrique haut de gamme Han portera le nom de Linghui e9.

Ces modèles semblent clairement positionnés pour répondre aux besoins spécifiques des exploitants de flottes automobiles et des plateformes de covoiturage, qui privilégient généralement des véhicules électriques ou hybrides rechargeables, fiables, éprouvés et économiquement optimisés. Les configurations et visuels diffusés par le MIIT confirment que Linghui s’appuie sur des bases techniques existantes, sans introduire de rupture technologique immédiate par rapport aux modèles BYD déjà commercialisés.

Une stratégie de segmentation pour préserver l’image de marque

Des publications spécialisées chinoises, dont Yiche, avancent que Linghui pourrait servir de réceptacle aux modèles établis de BYD réorientés vers un usage intensif en flotte. Cette séparation permettrait au constructeur de distinguer plus clairement ses véhicules destinés au covoiturage de ceux destinés aux particuliers, notamment sur le segment moyen et haut de gamme. BYD n’a toutefois pas officiellement commenté la création de cette nouvelle sous-marque ni précisé ses ambitions commerciales à long terme.

Cette démarche intervient alors que BYD connaît une dynamique contrastée selon les segments. Si les ventes globales du groupe ont progressé de 7,7 % l’an dernier, la demande pour certains modèles plus onéreux a enregistré une croissance particulièrement marquée. Les véhicules tout-terrain hybrides de la marque Fangchengbao, par exemple, ont vu leurs ventes bondir de plus de 300 %, atteignant environ 234 600 unités. Dans ce contexte, isoler les modèles dédiés aux flottes sous une autre marque pourrait contribuer à préserver l’image plus haut de gamme de certaines gammes BYD, tout en continuant à capter les volumes générés par le covoiturage.

Un marché chinois en pleine effervescence automobile

Les dépôts récents auprès du MIIT témoignent plus largement du dynamisme du marché automobile chinois, en particulier sur les segments des SUV, des monospaces et des véhicules électrifiés. Parmi les autres nouveautés signalées figure le premier fourgon polyvalent de Luxeed, coentreprise entre Huawei Technologies et Chery Automobile. Ce modèle marque une nouvelle étape dans la diversification de l’offre de cette alliance technologique et industrielle.

De son côté, Mercedes-Benz Group AG a enregistré une demande pour une version localisée à six places de son SUV GLC. Cette déclinaison vise à répondre à la popularité croissante des SUV familiaux développés par des constructeurs chinois, notamment Li Auto. Sur le segment des SUV haut de gamme, Zeekr poursuit l’expansion de sa gamme avec le lancement du 8X, un modèle légèrement plus compact que le 9X mais fortement axé sur les technologies embarquées.

La coentreprise SAIC Motor–Volkswagen continue également d’étoffer son offre électrique avec l’ID. Era 9X, tandis que Zhejiang Leapmotor Technology, historiquement positionné sur des véhicules plus accessibles, fait une incursion remarquée sur le segment du luxe avec le D19. Comme c’est généralement le cas en Chine, ces modèles devraient être commercialisés quelques semaines seulement après leur apparition dans les documents réglementaires.

Dans cet environnement concurrentiel et en constante évolution, la création de Linghui illustre la volonté de BYD d’affiner son portefeuille de marques pour répondre à des usages automobiles de plus en plus spécialisés, tout en conservant une forte présence sur l’ensemble des segments clés du marché.

Notre avis, par leblogauto.com

Avec Linghui, BYD adopte une approche pragmatique de segmentation de marché en isolant ses modèles dédiés aux flottes et au covoiturage. Cette stratégie pourrait permettre de protéger l’image montante de ses gammes plus premium sans renoncer aux volumes générés par les usages professionnels. Le recours à des modèles existants limite les risques industriels et financiers. Reste à voir si Linghui parviendra à s’imposer comme une marque identifiable auprès des opérateurs de mobilité.

(2 commentaires)

  1. C’est du badge engineering et ça ne fonctionne qu’un temps généralement. Ca permet surtout de produire des modèles à la qualité de construction inférieure donc de limiter les couts de production. Sans doute des modèles spécifiques seront développés, avec des cycles de production plus long ?
    Les marges de ce type de véhicules de flotte sont très basses, c’est sans doute la raison de la création d’une nouvelle marque, pour ne pas plomber encore plus les marges de la marque BYD, cotée à Hong Kong ne l’oublions pas !

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