Uber défie Waymo à San Francisco avec Lucid et Nuro

Uber prépare des trajets sans conducteur à San Francisco grâce aux technologies de Lucid et Nuro, face à la domination de Waymo.

Un nouveau concurrent dans la bataille des robotaxis

Uber Technologies Inc. prépare une nouvelle phase de son développement dans la conduite autonome. Le géant du covoiturage prévoit de proposer dès l’année prochaine des trajets sans conducteur dans la région de la baie de San Francisco, en partenariat avec Lucid Group Inc. et Nuro Inc.. Ce lancement marquera l’entrée directe d’Uber sur le territoire dominé jusqu’ici par Waymo, filiale d’Alphabet Inc.

Les véhicules qui seront utilisés pour ce service sont des SUV Lucid Gravity, équipés de la technologie de conduite autonome développée par Nuro. Actuellement, ces véhicules font l’objet d’essais sur route, mais ils sont encore pilotés manuellement par des conducteurs de sécurité. Un porte-parole de Nuro a confirmé que plus d’une centaine de véhicules seraient ajoutés à la flotte d’essai dans les prochains mois, les premières livraisons ayant eu lieu en septembre.

Uber a précisé que les véhicules destinés au transport public seront séparés de cette flotte expérimentale. Les détails relatifs à l’expérience utilisateur et à l’exploitation commerciale seront dévoilés à mesure que le lancement approchera. Ce projet symbolise une étape décisive dans la stratégie d’Uber, qui cherche à s’imposer comme un acteur majeur du transport autonome après plusieurs années d’expérimentations et d’investissements.

Une confrontation directe avec Waymo sur son propre terrain

Cette initiative place Uber en concurrence frontale avec Waymo, leader du marché américain des robotaxis. Waymo, déjà bien implantée à San Francisco, propose un service de véhicules totalement autonomes qui s’est étendu à d’autres grandes métropoles comme Los Angeles, Austin, Atlanta et Phoenix. La société prévoit d’ajouter Miami, Londres et Washington à sa carte dès l’an prochain.

Fait notable, Uber et Waymo collaborent déjà dans certaines villes américaines : les utilisateurs peuvent réserver un trajet Waymo directement depuis l’application Uber dans plusieurs métropoles, dont Austin et Phoenix. Cependant, cette coopération ne les empêche pas d’être des rivaux à San Francisco, ville emblématique pour les deux entreprises — l’une y étant basée, l’autre y ayant développé son réseau autonome le plus dense.

Uber a signé plus d’une douzaine d’accords avec des développeurs de robotaxis au cours de l’année écoulée, un mouvement stratégique qui vise à intégrer les véhicules autonomes à sa plateforme tout en maintenant un réseau de chauffeurs humains. Cette approche hybride illustre la volonté de l’entreprise de diversifier son offre de mobilité, dans un contexte où les constructeurs automobiles et les start-up technologiques misent sur la conduite autonome comme levier de croissance future.

En juillet, Uber a annoncé un partenariat majeur avec Lucid et Nuro, portant sur la commande de 20 000 robotaxis à exploiter sur six ans. Ces véhicules s’inscriront dans un projet plus ambitieux : constituer une flotte de 100 000 véhicules autonomes propulsés par la technologie de Nvidia Corp., avec une expansion prévue à partir de 2027.

Des défis réglementaires et techniques à surmonter

Malgré son ambition, Uber devra composer avec un environnement réglementaire complexe. Nuro dispose déjà de permis d’essai et de déploiement dans certaines zones de la South Bay, selon le Département des véhicules à moteur de Californie (DMV). En revanche, elle ne possède pas encore les autorisations nécessaires pour exploiter des véhicules sans conducteur à San Francisco, ni l’agrément de la California Public Utilities Commission pour le transport de passagers.

Un porte-parole de Nuro a indiqué que l’entreprise « obtiendra progressivement les permis requis » à mesure de l’avancée des tests, comme elle l’a déjà fait lors de précédents déploiements dans d’autres États. Uber a pour sa part assuré qu’elle collabore étroitement avec les autorités locales, étatiques et fédérales, et qu’elle respecte les exigences légales et de sécurité en vigueur.

Waymo a, de son côté, consolidé son avance en obtenant les autorisations pour opérer vers les aéroports de San Francisco et de San José, deux pôles majeurs de mobilité dans la région. Cette position lui offre un avantage concurrentiel significatif, notamment dans le transport de passagers entre les hubs aéroportuaires et les zones urbaines.

Pour Uber, la concurrence sur ce territoire symbolique s’annonce difficile. Waymo a su gagner la confiance des régulateurs et des usagers après plusieurs années de tests publics et d’améliorations technologiques. Toutefois, Uber mise sur la qualité de ses partenariats industriels et sur son expérience logistique mondiale pour combler son retard.

La collaboration avec Lucid, connue pour ses véhicules électriques haut de gamme, et Nuro, spécialiste reconnu des systèmes de conduite autonome, vise à offrir un service de robotaxis performant, fiable et attractif. En s’appuyant sur des SUV Lucid Gravity, Uber entend séduire un public urbain à la recherche d’une alternative écologique et technologique aux taxis traditionnels.

Une stratégie d’expansion à long terme

Cette nouvelle offensive illustre la transformation du modèle économique d’Uber, qui cherche à se positionner durablement sur le marché de la mobilité autonome. Après avoir cédé sa propre division de véhicules autonomes, Advanced Technologies Group, à Aurora Innovation en 2020, Uber a choisi de devenir un agrégateur de solutions technologiques plutôt qu’un développeur exclusif.

Le partenariat avec Nuro et Lucid s’inscrit dans cette logique : Uber met à profit son infrastructure mondiale de réservation et de gestion de trajets, tout en confiant la conception et la technologie des véhicules à des partenaires spécialisés. Cette stratégie permet à l’entreprise de limiter les coûts de développement tout en gardant la main sur l’expérience client et la distribution.

Si le projet aboutit, il pourrait redéfinir l’équilibre concurrentiel du marché des robotaxis aux États-Unis. San Francisco, laboratoire historique de la voiture autonome, deviendrait alors un terrain d’expérimentation stratégique pour l’ensemble du secteur automobile, où constructeurs, opérateurs technologiques et autorités publiques façonnent les règles de la mobilité de demain.

Notre avis, par leblogauto.com

Uber franchit une étape décisive en s’associant à Lucid et Nuro pour lancer ses premiers robotaxis à San Francisco. Cette initiative place l’entreprise face à Waymo, acteur déjà dominant et expérimenté. Si les défis réglementaires demeurent importants, la stratégie d’Uber — fondée sur des partenariats solides et une approche progressive — pourrait lui permettre de combler une partie de son retard. L’enjeu dépasse la simple concurrence : il s’agit d’imposer un modèle de mobilité autonome viable à grande échelle.

Crédit illustration : Lucid.

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