Le commerce du lithium en Chine s’envole. Volatilité extrême, spéculation accrue et inquiétudes sur l’approvisionnement bouleversent le marché.
Un marché du lithium en pleine effervescence
Le marché du lithium en Chine connaît une activité sans précédent. En juillet, la Bourse des contrats à terme de Guangzhou a enregistré son mois le plus actif depuis le lancement du contrat en 2023. Les volumes échangés et l’intérêt ouvert – c’est-à-dire le nombre de positions encore actives sur les prix – ont atteint des niveaux record.
Cette dynamique reflète la montée en puissance du lithium, un métal stratégique pour la transition énergétique et la production de batteries destinées aux véhicules électriques. Mais derrière cet essor se cachent des tensions d’approvisionnement et une spéculation intense, entraînant une volatilité historique sur les prix.
Une matière première au cœur de la transition électrique
Le lithium est considéré comme l’« or blanc » du XXIe siècle. Essentiel pour les batteries de voitures électriques, il est devenu l’un des matériaux les plus convoités au monde. La Chine, premier producteur et consommateur mondial, joue un rôle central dans cette dynamique.
Ces dernières années, le marché a déjà connu des phases de surabondance suivies d’un ralentissement de la demande, mais aujourd’hui, ce sont surtout les incertitudes d’approvisionnement à Yichun, dans la province du Jiangxi, qui inquiètent. Cette région est l’un des principaux centres de production de lithium du pays.
Des prix en montagnes russes
En juillet, les contrats à terme les plus actifs ont dépassé 80 000 yuans la tonne (soit environ 11 135 $), avant de chuter à 67 840 yuans. En août, les prix ont rebondi de plus de 30 % pour franchir les 90 000 yuans, avant de redescendre légèrement et afficher tout de même une hausse mensuelle d’environ 21 %.
Ces variations spectaculaires traduisent l’affrontement entre investisseurs optimistes (haussiers) et pessimistes (baissiers), chacun pariant sur l’évolution future du marché.
Le poids de la spéculation
Selon Przemek Koralewski, responsable mondial du développement des marchés chez Fastmarkets, les bourses de matières premières chinoises se distinguent par une forte proportion d’investisseurs individuels et spéculatifs. Cette caractéristique accentue la volatilité quotidienne, contrairement à d’autres places mondiales davantage dominées par les acteurs institutionnels.
La bourse de Guangzhou a dû intervenir à plusieurs reprises en juillet pour limiter les excès spéculatifs, en plafonnant les nouvelles positions et en augmentant les frais de transaction.
Un contexte minier et politique incertain
La flambée des prix est aussi alimentée par les perturbations de l’offre. Le géant des batteries CATL (Contemporary Amperex Technology Co. Ltd.) a dû fermer une mine importante faute de renouvellement de permis. Cet événement a ravivé les craintes d’un contrôle accru de Pékin sur les projets miniers locaux, renforçant l’idée que l’approvisionnement pourrait être plus fragile qu’anticipé.
Par ailleurs, la tendance dite de l’« anti-involution » – une réaction des marchés chinois face à une concurrence jugée excessive et improductive – semble aussi jouer un rôle dans l’augmentation des volumes de trading.
Une volatilité appelée à durer
Les analystes de Citigroup estiment que la sensibilité du marché aux annonces politiques et aux réductions potentielles de l’offre maintiendra une forte volatilité dans les prochains mois. Le rôle de la Bourse de Guangzhou s’affirme donc comme central dans la formation des prix mondiaux du lithium.
Comme l’explique Koralewski, en fin de compte, ce sont bien les investisseurs et entreprises qui doivent décider de leur exposition à ce marché aussi stratégique qu’instable.
Un marché stratégique mais risqué
Le commerce du lithium en Chine reflète les tensions entre transition énergétique, contraintes politiques et spéculation financière. Si le pays reste le moteur mondial de la demande et de la production, l’incertitude sur l’approvisionnement à Yichun et la participation massive d’investisseurs spéculatifs entretiennent une volatilité exceptionnelle.
Pour les acteurs de la filière batteries et véhicules électriques, cette instabilité représente à la fois une opportunité d’investissement et un risque majeur à surveiller.
Crédit illustration : Miningdigital.

La question de l’ouverture ou la réouverture des mines en Europe (la France bien sûr aussi) va vite revenir dans les sujets N°1 !
A la limite, heureusement dans un sens qu’en France l’engouement aux VE est limité pour le moment… Du fait en partie du manque de l’offre et la faiblesse du pétrole.
Mais si l’on veut anticiper les futurs problèmes durant les 20 prochaines années… Ça va devenir grave et urgent.
Nous n’allons pas remplacer une dépendance au pétrole et gaz pour le lithium !?
… Une dépendance aux monarchies arabes pour uniquement les Chinois ?
Oui nous sommes en train de remplacer la dépendance aux pays producteurs de pétrole par celle de la Chine qui pourrait bien nous le faire regretter mais je reconnais qu’il s’agit là de spéculations comme disent les Bisounours.
Extraire le lithium ne suffira pas car nous avons besoin de la Chine pour la transformation dont elle a l’exclusivité.
Nous avons déjà cédé un grosse partie de notre industrie mais nous n’avons pas encore bien compris ou peut être aimons nous tourner la tête de l’autre coté et se réjouir du grand nombre de touristes qui visitent notre beau pays
Je suis en train de demander si des nations étrangères ne troll pas sur nos RS…. Pour être contre les VE sous le prétexte de sauvegarder l’écologie et nos paysages en France et Europe.
Certes rouvrir les mines pose des problèmes de taille évidentes !
Mais il y aura un problème sur le long terme… 10 ans… 20 ans… 30 ans et plus même.
– Notre indépendance énergétique ?
– Nos emplois… Toute la supply chain des VE … Ce sont des millions d’emplois en Europe potentielle. (sans oublier le recyclage)
(en France aussi !)
Les États-Unis se ferment.
Les Chinois se ferment.
Les BRICS+ ne sont pas fiables et pas toujours des amis.
Au risque de choquer… Je me demande si l’Europe n’aurait pas besoin d’un Trump POUR l’Europe …. Cela va sans dire qu’il serait de facto en guerre contre Trump qui ne parle que « America First »
Sachant que l’on n’a pas de pétrole et très peu de gaz… Sauf le méthane renouvelable.
Nous avons besoin du nucléaire et EnR (bien pensé)