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    Accueil » Réflexion : quel avenir pour Alfa Romeo en compétition ?
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    Réflexion : quel avenir pour Alfa Romeo en compétition ?

    Nicolas AnderbeganiNicolas Anderbegani31 août 2022Updated:12 décembre 202411 commentaires
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    Endurance ?

    C’est une discipline à laquelle l’on pense naturellement pour Alfa Romeo, la catégorie la plus logique pour promouvoir une berline. Les Giulia 1300, 1600 et GTA ont marqué le championnat d’Europe de tourisme à la fin des années 60. Les Alfetta GTV, 75 Turbo et 155 TS ont eu une carrière en tourisme, notamment la dernière avec sa variante Class 1 155 V6 Ti qui a défié et vaincu les allemands chez eux lors du championnat DTM 1993. La 156 Supertouring a pris la relève et remporté plusieurs titres italiens et européens, notamment avec Fabrizio Giovanardi, au tournant des années 1990-2000. C’est avec la 159 que la lignée s’est arrêtée, celle-ci n’ayant pas eu de version de compétition contrairement à ses devancières.

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    La formule TCR aurait pu convenir à Alfa mais, comble de l’ironie, c’est quand sa carrière commerciale était quasiment achevée, en 2019, que la Giulietta a eu droit à une version TCR développée par le préparateur Romeo Ferraris, sans appui officiel. Quelques succès par-ci par-là, mais il n’y a pas eu de remplaçante pour la compacte milanaise, ni trop de demande face aux cohortes de Honda Civic, Audi RS3 et autres Seat Leon dont le développement et la commercialisation en compétition-client ont été appuyés par les constructeurs. Par conséquent, la présence en TCR s’est éteinte ou se limite à quelques championnats nationaux confidentiels. La Giulia moderne aurait pu se retrouver en DTM, contre les Audi RS5 et autres BMW M4, mais le coupé n’est jamais sorti et le DTM a finalement fait sa mue pour basculer vers le GT. On trouve une Giulia en course, si si…en ETCR, la version électrique, un comble quand on pense que la berline n’a même pas encore d’hybridation dans sa gamme…

    La Giulia sera bientôt restyée et pourrait se retrouver en WTCR, à condition que le championnat ne périclite pas trop.

    Formule E ?

    En 2023, le partenariat entre Alfa Romeo et Sauber en Formule 1 prendra fin. Revenu en 2017, le Biscione était surtout un prête nom, son investissement étant avant tout d’ordre marketing et très peu technique puisque l’on rappelle, pour les non avertis, que les monoplaces de Bottas et Zhou sont propulsées par un bloc Ferrari.

    La marque est en pleine phase de relance, avec la sortie -enfin- d’une nouveauté, le crossover Tonale, qui vient en renfort des Giulia et Stelvio qui portent à bout de bras le constructeur depuis plusieurs années. Selon les derniers dires de JP Imparato, Alfa Romeo est sur la bonne voie, c’est-à-dire un retour à la rentabilité. Mais le travail de reconquête est encore long pour une marque qui a l’ambition de marcher sur les plates-bandes du premium germanique.

    Autre élément clé, la compétition. Maserati revient enfin à la compétition, avec une version GT2 de la MC20 et un programme Formule E. Tout comme le Trident, la légende et la réputation d’Alfa Romeo se sont forgés par le sport automobile. Pourtant, si l’on met de côté la présence en F1 ces dernières années, le dernier vrai programme sportif d’envergure remonte à plus de 20 ans, au temps de la 156 de supertourisme. Quel pourrait être l’avenir sportif de la marque au trèfle à quatre feuilles ?

    GT ?

    Faute de modèle, un constructeur peut faire valoir son savoir-faire comme motoriste. Aux USA, l’Indycar doit entamer sa mue en 2024 avec l’arrivée de l’hybridation et les dirigeants n’ont pas caché leur souhait de voir arriver de nouveaux motoristes aux côtés de Honda et Chevrolet.

    Alfa Romeo a déjà participé au CART, entre 1989 et 1991, avec un V8 Turbo fourni au Patrick Racing qui faisait rouler des pilotes comme Roberto Guerrero et Danny Sullivan, mais sans grand succès. On l’a déjà dit plus haut, le marché US est important pour qu’Alfa Romeo poursuive sa remontée. Une rumeur a déjà sérieusement circulé en 2018/2019. Alors, une Dallara-Alfa Romeo, ça aurait de la gueule non ?

    Indycar ?

    Là encore, la marque a un riche passé. Avant-guerre, la 8C 2300 remporte 4 fois de suite le Mans, avec Raymond Sommer et Tazio Nuvolari entre autres. A la fin des années 60, la superbe Tipo 33, dont Alfa prépare selon les dernières rumeurs une réinterprétation moderne, a gagné pas mal de courses en classe 2 litres. Les versions prototypes ouverts 2 litres, les 33TT12 et 33SC12, décrochent même les titres mondiaux constructeurs en 1975 et 1977. A la fin des années 80, quand le Biscione tombe dans le giron de FIAT, le programme en F1 cesse et Alfa se retrouve avec un V10 sur le bras, qui avait été développé en prévision du retour des blocs atmosphériques à partir de 1989.

    Pour recycler ce V10, Alfa s’investit d’abord dans le projet Procar avec la 164 (une formule spectaculaire qui prévoyait des berlines type silhouette mues par des V10) qui tombe rapidement à l’eau. Un projet de secours est envisagé en Endurance, pour suppléer le retrait de Lancia, d’autant plus logique que la catégorie Groupe C prévoit d’adopter à partir de 1990 des blocs moteurs calqués sur la F1 (atmosphérique 3500cc). Un prototype SE048 est construit, mais là encore tout s’arrête, et c’est la 155 qui bénéficiera d’un budget compétition conséquent pour le tourisme.

    Alfa Romeo est donc légitime en Endurance et l’arrivée de la classe LMDh, hybride et maîtrisée au niveau des coûts, serait pertinente. Les LMDh vont courir en IMSA, ce qui coïnciderait avec les ambitions d’Alfa sur le marché US. Pas besoin d’un modèle de série, puisque nous sommes sur une catégorie prototype. Cependant, Peugeot est arrivé avec une Hypercar dans le WEC, qui sera ouvert aussi aux LMDh. Une concurrence au sein de Stellantis sur la piste est-elle envisageable ? Audi et Porsche l’ont fait.

    Introduction

    L’arrivée de Maserati aux côtés de DS rend peu probable ue présence d’Alfa Romeo. Et puis entre nous, un programme Alfa électrique, ça ne fait pas frissonner…

    Rallye ?

    On attend pour 2023 une sportive spéciale, qui pourrait marcher sur les traces de la 33 Stradale des années 60, et ressusciter le nom GTV. La 8C Competizione, malgré son nom, n'a pas eu de déclinaison piste, mais pourquoi ne pas imaginer une version GT4 voire GT3 d'une éventuelle future GTV ou néo-Stradale ? Sauf que la production de cette sportive sera visiblement assez limitée, empêchant ainsi une probable homologation.

    Sinon, l'Alfa Romeo Giulia GTAm sortie en 2020 pourrait faire l'affaire…

    Tourisme ?

    Quand on pense à Alfa Romeo en sport auto, le rallye ne vient pas forcément à l’esprit tout de suite. Et pourtant…la Giulietta a gagné le Tour de Corse 1957 et dans les années 70 et 80, l’Alfetta GT puis GTV ont eu droit à des versions Groupe 2, Groupe 4 et Groupe A qui, merci la propulsion, assuraient le spectacle. Yves Loubet s’est distingué en championnat de France avec la GTV6, mais aussi en mondial. Il termina 3e du tragique Tour de Corse 1986. En 1987, la GTV6 remporte même le championnat d’Australie. Une version rallye fut aussi développée sur l'Alfa 75 Turbo, mais avec moins de succès.

    Pourquoi pas ? Les constructeurs engagés ne sont que 3 pour l'instant, bien qu'ils ne soient pas sur le créneau premium que vise le Biscione. Problème, il n’y a pas de modèle adéquat à ce jour. Les Rally 1 actuelles sont basées sur des des citadines ou un crossover compact, et seule la Mito rentrait dans ce gabarit mais, là encore, il n’y a pas eu de descendance. Par contre, dans d’autres classes, R ou GT, un prochain modèle aurait peut-être une opportunité.

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    Nicolas Anderbegani
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    Petit-fils de "Citroëniste" et fils de "Béhémiste", je suis tombé dans la potion magique automobile tout petit. Charmé avant tout par les belles Italiennes, je suis passionné par les sports mécaniques, Formule 1 en pole position évidemment. Toujours prompt à dégainer mon appareil photo, je suis de près l'actualité sous toutes ses formes, aimant "shooter" des bolides en mouvement et faire des montages vidéos. Mes champs de prédilection sont l'actualité produit des marques Italiennes et des sportives en général, le sport automobile et les évènements historiques, qui recoupent ma profession d'enseignant d'Histoire. Je retranscris ma passion enfin dans l'écriture d'ouvrages.

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    11 commentaires

    1. Jeff on 31 août 2022 20h04

      Et quel avenir pour Alfa Romeo tout court ?

      Reply
      • Twin Spark on 31 août 2022 20h37

        tavares a répondu : qu’importe, pourvu qu’il ne me coûte pas cher

        Reply
      • wizz on 1 septembre 2022 8h03

        au MAM?
        Musée Automobile de Milan?

        Reply
        • wizz on 1 septembre 2022 8h10

          à la sortie de la Giulia, on avait découvert que l’usine était dimensionnée pour produire 200.000 voitures par an

          aujourd’hui, ça produit 8x moins (Giulia + Stelvio)

          pour les gens normaux, ils diront qu’un tel taux de charge est très faible pour une usine, face aux divers couts fixes….

          ….mais en reprenant un fameux principe émis par « certain » ici, moins Alfa vend, mieux Stellantis se comporte…

          vive les pertes de Alfa, astronomique si possible….

          Reply
    2. polo on 31 août 2022 20h10

      Attention, la MC20 sera engagée en GT2, pas en GT4.
      Sinon pour Alfa à mon avis les meilleures options restent le Tourisme et/ou le GT, l’endurance est aussi envisageable vu que la 9X8 ne pourra être engagée en IMSA sous la marque Peugeot (obligation d’être présent commercialement aux USA pour engager une GTP) mais sachant que Ferrari (contrôlé par Exor 1er actionnaire de Stellantis) est présent?

      Reply
    3. Twin Spark on 31 août 2022 20h39

      il reste une option : la Formule 1, en équipe junior de Ferrari. Si M. Haas en a marre de financer son équipe à fonds perdus, cela pourrait être une bonne base

      Reply
    4. Croûton on 31 août 2022 23h03

      Si c’est pour faire uniquement du sponsoring/naming et peindre des voitures en rouge comme pour les Sauber actuelles, ils peuvent aller partout, les coûts de développement sont nuls et le lien avec la production ne sera pas pire qu’avec le programme F1…
      Au passage on remarque que Imparato n’est pas à une contradiction près : il y a quelques semaines il reconduit le partenariat avec Sauber en expliquant que c’est tout bénéfice pour Alfa, et aujourd’hui il y met fin (enfin il n’a pas dû avoir le choix) en nous disant que la marque est « redressée », y croient ceux qui ont envie…

      Reply
    5. marty on 31 août 2022 23h09

      « Et puis entre nous, un programme Alfa électrique, ça ne fait pas frissonner… » Parce que Porsche Jaguar Maserati ….. en Fe , ça vous le fait plus?

      Reply
      • Thibaut Emme on 31 août 2022 23h17

        C’est marqué cela dans l’article ou c’est votre interprétation ?

        Reply
    6. AXSPORT on 1 septembre 2022 13h51

      Si elles gagnent, ils pourront repeindre les 9×8 en rouge, ça causera un peu plus « mondialement » que Peugeot……..

      Reply
    7. Thomas on 1 septembre 2022 17h05

      J’aimerais le retour de Lancia, non pas en rallye(bien que la marque ait brillé)mais en endurance et aux 24H du Mans 😀
      Ou alors Alfa… 😉

      Reply
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