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    Accueil » 50 ans déjà : la mort de Bruce McLaren
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    50 ans déjà : la mort de Bruce McLaren

    Nicolas AnderbeganiNicolas Anderbegani2 juin 20205 commentaires
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    Orange mécanique

    En 1970, Bruce McLaren est sur tous les fronts. Le néo-zélandais, né à Auckland en 1937, a suivi l’exemple de son mentor Jack Brabham. Après avoir fondé en 1963 le Bruce McLaren Racing qui engageait des Cooper en Formule 1, il s’est lancé en 1966 dans un pari audacieux : devenir un constructeur à part entière de voitures de course. McLaren est ambitieux et mène de front un programme Formule 1 et un programme de sport-prototypes, le délirant championnat Canam nord-américain. Si les résultats en monoplace sont longs à venir -il remporte néanmoins le grand prix de Belgique 1968 – le succès est immédiat en Canam, une catégorie totalement dominée par les fameux bolides orange. McLaren a remporté la saison 1967 sur la M6A, pilotée par Bruce en personne, puis la saison 1968 avec son compatriote Dennis Hulme, également champion du monde de F1 l’année précédente avec Brabham, avant que McLaren ne triomphe à nouveau personnellement en 1969 sur une McLaren M8/B. Les McLaren ont réalisé le grand chelem cette saison là, avec 11 victoires en 11 courses et 8 doublés.

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    En 1970, McLaren aligne en Formule 1 une M14A plutôt bien née, après le raté total de la 4 roues motrices de l’année précédente. Bruce Mclaren décroche une 2e place en Espagne, mais il est de plus en plus compliqué de mener de front une carrière de pilote et le développement d’une marque et d’une usine. Le néo-zélandais songe à raccrocher et avait tenté de recruter Jackie Stewart sans succès, poursuivant ainsi sa carrière derrière le volant en attendant de trouver une pointure.

    Rendez-vous avec le destin

    Le constructeur McLaren ajoute en plus cette année-là une corde à son arc en se lançant dans le défi d’Indianapolis, en plus du Canam et de la F1. Mais en mai, Dennis Hulme doit renoncer à la célèbre course sur ovale, après qu’un incendie provoqué par le carburant au méthanol lui ait infligé des brûlures aux mains. Hulme est indisponible pour plusieurs semaines, or, une importante séance d’essais est prévue à Goodwood pour peaufiner le réglage de la nouvelle arme orange, la Mclaren M8D, qui doit débuter en Canam quelques jours plus tard. Bruce McLaren se charge alors des essais.

    La M8D est un sacré monstre, mue par un V8 Chevrolet 7,2 litres de 670 chevaux, bien plus puissant que les moteurs de F1 de cette époque. La règlementation en Canam a changé et les ailerons à jambe de force très hauts de la M8B, type Lotus 49B, ont été interdits. La M8D arbore ainsi un nouvel aileron arrière plus bas, enchâssé  dans des ailes, qui lui vaut le surnom de « Batmobile » mais nécessite de la mise au point. Le 2 juin 1970, le circuit de Goodwood (à ne pas confondre avec celui du Festival of Speed) est détrempé. C’est une petite piste de 3,8 kilomètres assez rapide, mais également dangereuse, où la carrière de Stirling Moss s’est brisée net quelques années plus tôt. A l’approche du virage Lavant Straight, la M8D, lancée à pleine vitesse, perd subitement le capot moteur, ce qui déséquilibre le prototype. Bruce McLaren ne peut rien faire, la voiture sort de la piste et percute violemment un poste de commissaire en béton. Le pilote est tué sur le coup. Le poste en question devait être bientôt démoli…

    Fondateur d’une légende

    Personnalité à la fois humble, passionnée et joviale, Bruce McLaren avait connu une ascension précoce et fulgurante. Repéré par Jack Brabham, il était arrivé en Angleterre en 1958 grâce à une bourse « driver to Europe » financée par l’association du grand prix de Nouvelle-Zélande. Dès sa première course sur le terrible Nürburgring, il avait étonné le paddock en terminant 5e au général et 1er de la catégorie F2 ! En s’imposant au grand prix des Etats-Unis en 1959 sur une Cooper T51, il devenait, à 22 ans, le plus jeune vainqueur d’un grand prix de F1, un record qui ne fut battu qu’en 2003 par Fernando Alonso. Une victoire également historique, puisque c’était le premier succès en F1 d’une voiture à moteur arrière ! Son talent était incroyable et ses performances d’autant plus admirables qu’on lui avait diagnostiqué à 9 ans une maladie de la hanche, qui l’avait laissé avec une jambe plus courte que l’autre.

    A presque 33 ans, McLaren laissait orpheline un jeune constructeur déjà auréolé d’un beau palmarès mais qui marquera ensuite l’histoire de la course automobile. C’est son associé américain, Teddy Mayer, qui reprend la direction avec succès, puisque McLaren remporte dans les années 70 trois Indianapolis 500 et surtout deux titres mondiaux de F1 avec Emerson Fittipaldi (1974) et James Hunt (1976), avant d’être reprise au début des années 80 par Ron Dennis, pour écrire là encore une page mémorable de la course.

    A partie de 2017, les monoplaces McLaren arborent de nouveau la légendaire couleur orange des origines. 50 ans après sa mort, McLaren Racing est toujours là, en pleine renaissance après des années difficiles avec Honda, et revient en Indycar. McLaren est aussi devenu un constructeur de supercars à part entière et a su, en quelques années seulement, se faire une place aux côtés de Ferrari et Lamborghini. Chapeau !

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    Nicolas Anderbegani
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    Petit-fils de "Citroëniste" et fils de "Béhémiste", je suis tombé dans la potion magique automobile tout petit. Charmé avant tout par les belles Italiennes, je suis passionné par les sports mécaniques, Formule 1 en pole position évidemment. Toujours prompt à dégainer mon appareil photo, je suis de près l'actualité sous toutes ses formes, aimant "shooter" des bolides en mouvement et faire des montages vidéos. Mes champs de prédilection sont l'actualité produit des marques Italiennes et des sportives en général, le sport automobile et les évènements historiques, qui recoupent ma profession d'enseignant d'Histoire. Je retranscris ma passion enfin dans l'écriture d'ouvrages.

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    5 commentaires

    1. gigi4lm on 2 juin 2020 11h48

      Un petit oubli, certes post Bruce, la victoire au Mans avec l’exceptionnelle F1.

      Reply
    2. doubled on 2 juin 2020 19h05

      un grand pilote et aussi un grand constructeur , il a fait avec son équipe des voitures de courses extraordinaire , il y a un beau film sur son oeuvre , sur Netfilx , remember

      Reply
    3. Uberalles on 3 juin 2020 8h05

      Il y a eu bien avant 2017 des McLaren orange en F1. Au changement de sponsor Marlboro – West avec la MP4/13 et lors du passage West – Vodaphone avec les MP4/20 – 21 voir 22 mais un doute la dessus.

      Reply
      • Nicolas Anderbegani on 5 juin 2020 14h01

        oui mais c’était juste pour la présentation, pas en piste

        Reply
    4. Smagghe on 3 juin 2020 22h47

      Je crois qu’il y a quelques phrases imprécises:
      1ère victoire du pilote ou de la marque, ou du pilote constructeur ?
      Pour ce dernier cas c’est bien le GP de B à Spa 68, 2 ans après Brabham.
      Et ces GP (USA à Sebring ou Argentine 59) étaient ils du CM Pilote ?
      Pour la 1ère victoire en F1 à moteur AR post WWII, je pensais que c’était Moss en Argentine 58, mais hors CMP.
      Je vous tiens au courant.
      Hervé

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