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SAM : Renault refuse de soutenir le candidat à la reprise

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Renault a indiqué mardi par voie de communiqué qu’il refusait de soutenir le projet de reprise de son sous-traitant aveyronnais SAM (350 salariés) par un des anciens dirigeants du site. Le groupe automobile considère en effet que ce dernier « ne présente pas les conditions de pérennité et de sécurité nécessaires ».

Regrets de Renault et poursuite du dialogue

Renault « regrette cette situation, mesure les conséquences de sa décision et poursuivra le dialogue avec les salariés de SAM afin de leur proposer des solutions alternatives d’emploi au sein du Renault Group », a ajouté le groupe automobile.

A noter que le tribunal de commerce de Toulouse avait fixé à Renault la date butoir de mercredi pour se prononcer.

Les 350 salariés de SAM produisent notamment des carters dans l’usine de Viviez, dans l’ancien bassin minier de Decazeville, en Aveyron , où l’emploi se fait rare.

Reprise par le groupe chinois Hangzhou Jinjiang en 2017

C’est une reprise inespérée au vu des offres des dix-neuf derniers mois ! » se félicitait, le 22 décembre 2017, Sébastien Lallier, délégué syndical CGT de la fonderie de pièces automobiles SAM Technologies. Le site, installé à Viviez, et les autres unités du groupe Arche en redressement, FVM en Meurthe-et-Moselle et Alfisa en Espagne, étaient alors reprises par le groupe chinois Hangzhou Jinjiang.

Il s’agissait alors du seul repreneur depuis le retrait du canadien Linamar. Troisième producteur chinois d’aluminium, ce groupe de 20.000 salariés s’était engagé à investir 42,5 millions d’euros pour moderniser les usines vieillissantes et à ne supprimer que 20 des 432 emplois de Jinjiang et 30 des 195 emplois de FVM.

Hangzhou Jinjiang a également repris en juillet 2017 Sabart Aero Tech (32 salariés) en Ariège, une ancienne usine Pechiney qui fabrique des billettes d’alliage d’aluminium. « Notre stratégie est de réaliser une intégration verticale en faisant l’extraction, la production d’aluminium pur, l’alliage à Sabart, le forgeage et le matriçage », expliquait alors Yun Xu, président de Jinjiang Industries Europe (JIE), filiale du groupe.

« Le repreneur s’était fait fort d’agrandir le bâtiment et d’acheter des machines, mais les investissements promis ne sont jamais arrivés », déplorait en 2020 délégué syndical CGT. « Ils ont acheté des machines aux enchères d’une fonderie aux Pays-Bas, dont un four de fusion. Mais l’adapter à nos besoins aurait coûté plus cher qu’un four neuf ! « avait-il ajouté.

Au final, SAM avait été placée en redressement judiciaire le 10 décembre 2019. Le 16 septembre dernier, la société a été placée en liquidation judiciaire avec prolongation d’activité jusqu’au 10 décembre.

Patrick Bellity, candidat à la reprise, soutenu par l’État et la région Occitanie

Après avoir déposé une première offre en juillet, le chef d’entreprise Patrick Bellity avait adressé jeudi dernier une lettre d’intention en vue de la reprise de la fonderie. Son courrier étant accompagné de lettres de soutien de l’État et de la région Occitanie.

Renault ne peut s’engager sur le projet de reprise

Renault, dernier client de SAM, devait s’engager avant mercredi sur « un plan de charge défini », faute de quoi le tribunal pourrait déclarer dès vendredi une « liquidation sèche » de l’entreprise, avait prévenu la CGT.

Or, Renault Group estime désormais ne pas pouvoir s’engager sur le projet de reprise d’Alty-Sifa », la société de M. Bellity.

« Une analyse approfondie du dossier ne confirme pas les hypothèses de chiffre d’affaires présentées dans cette offre. Une nouvelle fois, comme cela avait été constaté en juillet 2021, cette offre ne présente pas les conditions de pérennité et de sécurité nécessaires pour l’entreprise et ses salariés », a jugé le groupe automobile.

Des doutes importants sur la solidité financière

En outre, « il existe de forts doutes sur la solidité financière, malgré les supports financiers externes envisagés, et les réelles capacités d’investissement et de redressement de Jinjiang SAM par Alty-Sifa », indique encore Renault.

Renault se considère comme le seul acteur industriel à soutenir SAM financièrement

Renault tient par ailleurs à faire remarquer qu’il a été « le seul acteur industriel à apporter depuis de nombreuses années un soutien financier direct important à l’entreprise avec 42 millions d’euros », des mesures prises pour – selon lui – « pour pallier une situation rendue difficile par l’absence structurelle de compétitivité ».

Sources : AFP, Renault

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1 Commentaire sur "SAM : Renault refuse de soutenir le candidat à la reprise"

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willEV
Invité

le chinois est venu a pris le savoir faire et s’est barrer en chine et maintenant c’est à Renault de prendre ses responsabilités ? la blague de trop !

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