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Renault : pas de renationalisation à l’ordre du jour selon son patron

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Non, une renationalisation de Renault n’est pas à l’ordre du jour ! C’est en tout cas ce qu’a affirmé samedi Jean-Dominique Senard, son patron, interrogé par Le Parisien-Aujourd’hui en France. Des propos qui tentent de stopper les rumeurs, alors qu’Edouard Philippe a évoqué mardi la possibilité que les entreprises françaises les plus vulnérables face au choc économique provoqué la crise du coronavirus puissent repasser dans le giron de l’Etat.

Pas question de re-nationaliser Renault à l’heure actuelle

Interrogé par le journal Le Parisien, Jean-Dominique Senard a ainsi affirmé qu’une renationalisation de Renault n’était pas dans les tuyaux, alors que la crise du coronavirus pourrait fortement aggraver sa situation financière, déjà bien mal en point avant que ne survienne la pandémie. Le groupe automobile s’est vu notamment contraint de suspendre l’activité de ses sites en Europe ..tandis que la demande n’est pas prête de repartir … nul ne sachant à l’heure actuelle quand la propagation du virus pourra être stoppée.

Senard fait référence à la crise de 2008

« Souvenez-vous de 2008-2009″, a par ailleurs lancé le patron de Renault, évoquant la grave crise économique et financière qui avait frappé le monde entier, dont la crise des subprime – liée aux crédits immobiliers US – avait été l’étincelle.

Alors que « la situation était également très difficile », Jean-Dominique Senard a tenu à rappeler que le gouvernement n’avait pas été contraint de renationaliser le constructeur. Précisons qu’à cette date, il assurait encore la présidence de Michelin.

Même si « nous n’en menions pas large à l’époque », « il n’y a pas eu besoin de renationalisation. Et vous avez vu d’ailleurs comment cela s’est retourné. Parce qu’il ne faut pas s’y tromper, le jour où la conjoncture redevient plus favorable, dans l’industrie automobile, cela peut être extrêmement rapide et fort », a-t-il affirmé.

Edouard Philippe évoque la possibilité de renationaliser

Ces propos de Jean-Dominique Senard voient le jour alors que le Premier Ministre Edouard Philippe a évoqué la possibilité que l’Etat ait recours à des nationalisations si cela s’avérait
nécessaire. Le gouvernement s’engageant en quelque sorte à sauver ses fleurons industriels, alors que la crise du coronavirus menace leur existence.

Si certes, le nom d’Air France-KLM est dans tous les esprits, Renault figure deuxième sur la liste des potentiels candidats à une renationalisation.
Des mesures de confinement ont en effet été imposées France, Italie et Espagne, lesquels sont des pays clés tant en terme de production qu’en terme de demande. En 2019, ces trois pays ont réalisé 29% des ventes du groupe.

Renaut ferme la quasi-totalité de ses usines en Europe

Durant la semaine écoulée, Renault a pris la décision de fermer ses usines dans quasiment toute l’Europe. Ces mesures concernant 12 sites en France.
Suite aux mesures de confinement, et afin de protéger personnel et clients, les réseaux commerciaux sont à l’arrêt tant en France, qu’en Espagne et en Italie.

Jean-Dominique Senard fait état d’une chute « spectaculaire » des commandes, avec des taux atteignant parfois – 90 %.

Plan d’économie qui n’exclut pas la fermeture d’usines

La crise du coronavirus frappe de plein fouet Renault, alors même que le constructeur était d’ores et déjà dans une dangereuse posture. En 2019, le groupe a vu ses comptes basculer dans le rouge pour la première fois depuis 10 ans. En février dernier, le constructeur a annoncé un plan d’économies, sans pouvoir exclure la fermeture d’usines.

Renault confronté à un manque de cash ?

Jean-Dominique Senard a toutefois estimé que Renault pourrait « solliciter des garanties auprès de l’Etat ». Faisant ainsi références aux mesures évoquées par Emmanuel Macron pour faire face à la crise actuelle. Le constructeur pourrait en effet être contraint d’appeler l’Etat français à la rescousse s’il était confronté à des difficultés de trésorerie.

En février dernier, plusieurs sociétés spécialisées en expertise financière avaient émis des doutes sur la trésorerie de Renault, et ce, avant même que le coronavirus ne frappe de plein fouet le constructeur. Certains s’inquiétaient d’ores et déjà sur le fait que le groupe automobile puisse manquer de cash dès le courant de l’année 2020.

Certes, mi-février, Clotilde Delbos, directrice général par intérim de Renault, et ancienne directrice financière du constructeur, avait assuré lors de la présentation des résultats financiers qu’il n’y avait aucun risque de trésorerie. Affirmant que le groupe disposait de 16 milliards d’euros de réserve de liquidités (dont 12,3 milliards de trésorerie et équivalent et 3,5 milliards de lignes de crédit disponible).

Des propos qui n’avaient toutefois pas empêcher les agences de notation de dégrader les notes du constructeur. Réduisant alors la possibilité pour Renault d’emprunter sur les marchés à des conditions raisonnables.

Désormais, la crise du coronavirus pourrait à nouveau déstabiliser l’entreprise. Si le niveau actuel des ventes réduit les rentrées de trésoreries à une peau de chagrin … les sorties de cash ne peuvent être effacées d’un coup de baguette magique, les charges fixes portant bien leur nom.

Reprises d’activités sur certains sites de Renault à travers le monde

Le patron de Renault a tenu à préciser qu’une fois la crise jugulée, son entreprise n’allait pas «  repartir de zéro ». Indiquant que son usine implanté en Corée du Sud avait d’ores et déjà repris son activité, ainsi que deux unités en Chine. Ses installations industrielles en Russie et en Turquie étant également opérationnelles.

Notre avis, par leblogauto.com

« Nous sommes en guerre » a martelé  à 6 reprises en début de semaine Emmanuel Macron. Rappelons que Renault a été nationalisé le 16 janvier 1945, juste après la libération de la France. Le tout dans un contexte d’épurations après les immenses dégâts causés par la « peste » nazie.

A l’époque, la seule façon de ne pas collaborer était de fermer les usines, le pouvoir nazi confisquant une partie de la production. Des fermetures que le patron du constructeur n’aura certes pas ordonnées.
Mais la famille  Peugeot, qui comptait des résistants en son sein, a également donné une partie de sa production aux occupants sans toutefois effectuer de réparations sur leurs véhicules. Renault sera lui chargé de réparer les chars.

Reconnu alors depuis peu, le gouvernement provisoire de De Gaulle a encore besoin de réaffirmer son autorité. Louis Renault est alors emprisonné pour avoir collaboré avec l’ennemi.
Au final, le – rapide – décès de Louis Renault aura « offert » à l’Etat l’opportunité de confisquer l’entreprise. La confiscation sera réalisée via une ordonnance de 1945, sans qu’aucun procès n’ait eu lieu.

Sources : AFP, Le Parisien, La Tribune

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13 Commentaires sur "Renault : pas de renationalisation à l’ordre du jour selon son patron"

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Lovehornby
Invité

Ces tentatives de réhabilitations sont effrayantes. L’argent achète tout. Une fois que tous les témoins auront disparus et les documents seront trop bien « archivés », cette grande figure pourra a nouveau servir d’exemple aux prochains qui nous trahirons. L’homme est décidément condamné a ne pas apprendre de ses erreurs passées…

SAM
Invité

8 500 commandes du nouveau Samsung XM3 en huit jours.
Je pense pas que Renault soit le seul c’est sur que focaliser l’attention sur Renault ça évite de parler de VW, de FCA, de Mercedes ou PSA … Alors pour les allemands, l’envolée probable du marché chinsois devrait les mettre à l’abri des marchés financiers … Nissan devrait en bénéficier donc l’action Renault a des chances de remonter!

Xavier
Invité

Bien malin celui qui est capable de dire aujourd’hui ce que sera l’après coronavirus. Certes, l’économie repartira mais il est à craindre que certains auront du mal à monter dans le train.

Luc
Invité

Il faut laisser agir le Darwinisme en entreprises. Ce n’est pas au contribuable de payer pour les erreurs des acteurs du privé. Et avant de nationaliser le secteur auto (non indispensable), il vaudra mieux s’occuper des secteurs clés (banques, énergie, alimentaire, etc). Je dis ça mais si Renault coule, je suis au chômage… J’assumerai

Klogul
Invité

Vous rendez vous compte du cout au final pour l etat d un rajout de 5% d actif au chomage (on compte les employes direct, prestataire divers etc)… Clairement je ne pense pas au vu de votre commentaire (ils sont un peu tous du meme acabit)

SGL
Invité

La situation « mauvaise » de Renault vient d’un empilement de mauvaises nouvelles qui tombe au moment d’un cycle de vie bas de sa gamme, amplifier par la spéculation de la bourse qui a l’effet inverse de Tesla.
Mais parler de fin de la société !? Cela revient à dire d’enterrer un malade qui a toutes les chances d’être en pleine forme dans 1 an !
Il ne faudrait pas oublier les fondamentaux de la société !

SAM
Invité

Renault, Air France, PSA, ADP, Accor et bien d’autres vont demander des aides à l’Etat. Je pense à Alstom, à Safran, à Bouygues, Vinci … C’est un peu réducteur de ne parler que de Renault mais bon comme j’ai indiqué, faire un focus sur Renault c’est faire oublier les autres …

Benoit
Invité

Rien que d’en parler, ça sent déjà mauvais !

SGL
Invité

D’ici 1 ou 2 mois, il n’aura plus de jaloux, tous les constructeurs font se retrouver peu ou prou dans la situation de Renault.
Mais Renault à des nouveaux modèles qui sortent ou qui vont sortir par wagon !

Bizaro
Invité

@Benoit
C’est ici le principe de la communication : influer sur la situation, voir la retourner.

Le 1 ministre français évoque oralement la possibilité de nationaliser des entreprises. Un blog spécule sur les propos, choisis une entreprise auto, l’enterre virtuellement dans un article fleuve. Et nous voilà tous convaincus qu’il n’y a pas de fumée sans feu pour Renault.

Le gouvernement allemand vote un plan historique budgetisé à centaines de milliards de sauvetage économique permettant entre autre la nationalisation de leurs fleurons industriels. Le blog n’en parle pas. Donc il ne se passera rien.

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