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« Tchuss ! » : l’histoire de Sauber en 10 dates

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26 ans après ses débuts en F1, l’écurie Sauber tire sa révérence en laissant place à Alfa Romeo Racing. Retour sur 10 moments clés dans l’histoire de la vénérable écurie helvétique, qui a lancé de nombreux talents et toujours bénéficié d’un immense capital sympathie.

« Chuss » : ciao en Allemand

1989 : consécration en Sport-Prototypes

L’écurie Sauber s’est d’abord fait connaître par l’Endurance, engageant ses propres voitures à partir des années 70. Après un partenariat avec BMW en Groupe 5, Sauber s’allie à Mercedes à partir de 1985. m1En 1989, la Sauber C9-Mercedes remporte les 24 heures du Mans et l’écurie réalise le doublé championnat pilotes/équipes en Groupe C. Ils réitèrent leur performance en 1990, avec des pilotes d’expérience comme Jean-Louis Schlesser, Jochen Mass, Mauro Baldi mais aussi des « jeunes loups », parmi lesquels figure un certain Michael Schumacher. Le futur Kaiser remporte la dernière course de la saison au Japon.

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La belle époque du Groupe C

Sauber quitte les Sport-Protos en 1992 pour préparer son passage en F1.

1993 : débuts étonnants en F1

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Une livrée restée célèbre

Sauber arrive en F1 en 1993 avec la C12, le moteur Ilmor et l’appui de Mercedes. Outre sa livrée noire qui détonne parmi les autres monoplaces, la Sauber surprend par son niveau de performance. Pour le 1er grand prix de l’écurie à Kyalami, JJ Lehto se qualifie en 6e position, termine 5e de la course et réalise le 2e meilleur tour en course ! Sur le reste de la saison, faute de développement, la C12 rentre dans le rang mais Sauber termine 7e du championnat constructeur avec 12 points. Karl Wendlinger décroche notamment la 4e place à Monza. L’espoir autrichien sera malheureusement irrémédiablement diminué par son terrible crash à Monaco en 1994.

1996 : Sauber fait entrer Red Bull en F1.

Sauber était arrivé en F1 afin de préparer le terrain à Mercedes. En 1994, les moteurs Ilmor étaient rebadgés par l’étoile et affichaient le fameux « powered by Mrcedes ». Alors que l’on s’attendait à ce que le tandem, victorieux en Endurance, se poursuive, Mercedes signe finalement avec McLaren en 1995. Sauber se rabat sur le V10 Ford et en 1996 signe un partenariat de sponsoring avec Red Bull, qui fait son entrée en F1. Les saisons 95 à 96 sont très moyennes.

1997 : Sauber passe chez Ferrari

alesi sauber
Jean Alesi a accompli de belles perfs mais la fiabilité a souvent fait défaut

Bis repetita : fin 1996, Ford lâche Sauber et se rapproche de Stewart GP. Tel un chat, Peter Sauber aura montré une incroyable capapcité à rebondir sur ses pattes. Il conclut un accord avec Ferrari pour un moteur-client, qui sera rebadgé Petronas, du nom du pétrolier malais qui est l’annonceur principal de l’écurie. Les années 97 à 2000 sont faites de hauts et de bas, avec quelques belles perfs dont celles de Jean Alesi, 3e sous la pluie à Spa en 1998, qui finit sur les talons des Jordan victorieuses. La fin des années 90 est délicate, avec des monoplaces ratées et peu fiables, et des difficultés financières dues entre autres au prix exorbitant des moteurs Ferrari.

2001 : Sauber révèle la pépite Raikkonen

raikkonen
Kimi, la recrue surprise des essais hivernaux 2001

Après deux saisons catastrophiques, Sauber change beaucoup de choses. Le Credit Suisse devient le nouveau commanditaire principal. Mais surtout, Sauber décide de promouvoir deux jeunes pilotes: Nick Heidfeld, pur produit de la filière Mercedes ainsi que le jeune finlandais Kimi Raikkonen. Ce dernier, qui n’a alors qu’une vingtaine de courses dans les pattes en Formule Renault, obtient une super-licence provisoire de la FIA. Sauber a vu juste puisque le duo va permettre à l’écurie de réaliser sa meilleure saison, avec 21 points et une 4e place au championnat constructeur. Quand McLaren jette son dévolu sur Raikkonen, Sauber ne peut le retenir mais négocie âprement: en échange, il obtient…7 semi-remorques Mercedes neufs ! En 2002, Sauber aura encore le nez fin en lançant Felipe Massa.

2006 : BMW rachète Sauber

Sauber a vu grand en construisant une soufflerie ultra-moderne. Mais le prix élevé du V10 Ferrari et la perte de Red Bull, qui a franchi le pas en créant sa propre écurie par le rachat de Jaguar, créent de nouvelles difficultés financières. Sauber vend alors la structure à BMW, tout en gardant 20% des parts et en obtenant que le nom Sauber figure dans la dénomination de l’écurie. Le tandem BMW-Sauber ne donnera pas les résultats escomptés, mais on peut considérer que Sauber a sa part dans la victoire de Robert Kubica à Montreal en 2008.

2010 : Sauber rachète son écurie

Avec le retrait de BMW à l’issue de la saison 2009, Sauber réussit à reprendre le contrôle de son écurie. Il rend service au constructeur bavarois qui était englué dans des négociations épineuses avec d’autres repreneurs peu fiables. L’écurie garde l’appellation BMW Sauber puis obtient en cours de saison le retrait du nom BMW, qui sera effectif à compter de 2011.

2012 : meilleures perfs de son histoire !

kobayashiAvec la paire Sergio Perez-Kamui Kobayashi, Sauber réalise une superbe saison 2012 ponctuée par 4 arrivées sur le podiums, dont deux secondes places pour le Mexicain en Malaisie et en Italie -où il joue la victoire –  alors que « Koba » décroche la 3e place à domicile. 6e au classement constructeur, Sauber ne fait pas aussi bien qu’en 2001 (4e) mais finit sur les talons de Mercedes GP. Excusez du peu !

2014 : zéro pointé !

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Même le design n’a pu sauver le naufrage de la C33 de 2014

Les difficultés financières deviennent chroniques et en plus de la recherche désespérée de partenaires, Sauber est obligée de céder aux sirènes des pilotes payants comme Adrian Sutil, Esteban Gutierrez puis Felipe Nasr et Marcus Ericsson. En 2014, l’équipe ne marque aucun point, une première dans son histoire…En 2016, Sauber vend l’écurie au groupe d’investissement suisse Longbow Finance et quitte son poste au conseil d’administration.

2018 : la renaissance avec Alfa Romeo

passage de témoin

Sauber entame sa reconstruction en 2017 avec l’arrivée de Frédéric Vasseur en provenance de Renault. Le Français rompt le contrat qui avait été prévu avec Honda et maintien l’accord historique de l’écurie Suisse avec Ferrari, qui remonte à 1997. Bien lui en a pris : Alfa Romeo devient sponsor-titre et Ferrari place son poulain Charles Leclerc qui dévoile rapidement ses grandes capacités. Sauber renaît de ses cendres et réalise une saison 2018 très encourageante, en affichant la meilleure progression de performances par rapport à 2017. Fin 2018, à la surprise générale, Sauber annonce la titularisation de KImi Raikkonen, qui effectue un retour aux sources rafraîchissant. Finalement, Alfa Romeo absorbe l’écurie début 2019.

L’avis de leblogauto.com

Si d’un côté l’affirmation d’Alfa Romeo en F1 fait plaisir, la disparition du nom Sauber attriste les fans et confirme encore un peu plus l’extinction en cours des artisans, où Williams fait désormais figure de « dernier des Mohicans ». Et puis, la structure ne disparaît pas tout à fait : les personnels demeurent, de même que les activités dont la soufflerie, exploitée aussi bien par Audi en DTM que Toyota en WEC.

Images : wikimedia commons, flickr, Sauber, Mercedes

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17 Commentaires sur "« Tchuss ! » : l’histoire de Sauber en 10 dates"

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zeboss
Invité

Alfa reprend l’écurie, ça fait donc deux équipes ferrari sur la grille ????
et pendant ce temps là la marque ne vend quasi plus rien…
Ca me rappelle une histoire bien française, avec Venturi en rachat de Larousse Grand Prix…
Ca va faire deux morts…
Sauber, c’est du propre….(*)
comprenne qui peut…

zafira500
Invité

@zeboss
Ça fait des années que l’on nous rabâche qu’Alfa Romeo va mourir, comme la maison-mère d’ailleurs, en attendant, la marque est toujours là.😉
Son retour en F1, quelle qu’en soit la forme, fait toujours plaisir à voir et ravive de bons souvenir au passionnés. Allez, manque plus que le retour de Bugatti et Maserati et on se croirait au bon vieux temps.😁

Scal
Invité

Dans l’article « Ferrari veut se donner les moyens d’une victoire en F1 » du 31/1, M. Bottet expliquait qu’Alfa, c’est FCA mais Ferrari est maintenant indépendant, donc pas le même budget. Un peu capilotracté mais ça se tient. Je persiste à penser que la stratégie sportive, voire marketing est assez étrange.

RBC
Invité

Ce ne serait pas plutôt ‘tschüss’ pour dire salut/ciao en allemand? 😉
À moins qu’il ne s’agisse d’une variante en suisse alémanique ^^

Cet élément mis à part, je suis attristé de la disparition de la marque Sauber qui aurait très bien pu persister au côté d’Alfa Romeo sous forme d’hommage et de filiation.

Neutre
Invité

Deux fois que le mot apparait, deux fois qu’il est faux…

Invité

Oh, vu que Sauber n’est plus dans les priopriétaires, y a effectivement de grande chance que l’équipe ne retrouve pas son nom quand Alfa va partir

zafira500
Invité

Le jour où Alfa Romeo quittera la F1, il restera toujours la possibilité à un autre investisseur – ou une autre marques – de racheter la structure.

Thibaut Emme
Admin

Alfa n’a pas racheté la structure 😉
C’est toujours Longbow le patron.

zafira500
Invité

Oui en effet, je me suis mal exprimé, mea-culpa. Je reformule donc : si Alfa Romeo quitte un jour la F1, il restera toujours la possibilité à Longbow de s’associer à un autre constructeur/motoriste, voir de revendre l’équipe.

Fino
Invité

Est ce que le nom de chassis sera toujours Sauber ?

Thibaut Emme
Admin

Non justement, c’est Alfa Romeo Racing pour le châssis.

Fino
Invité

Donc pas de C-38 en 2019 ? Triste, reste plus que Williams…

Invité

En soit c’était déjà le cas avec la période BMW, mais au moins le nom était encore dans le titre de l’équipe…

gigi4lm
Invité

D’un autre côté, on a perdu le nom et gardé le hommes.
Mieux vaut ça que l’inverse.

joledemago
Invité

l’esthétique des monoplaces a bien changé entre la sauber de 93 et les horreurs des années 2010

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