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WRC – Le Monte Carlo 2019 vu du bord de la route

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Notre lecteur, Nicolas Laverroux, alias salociN, fan de rallye nous a proposé d’être nos yeux sur le bord des spéciales du Monte Carlo 2019. Voici son retour en 100 photos mais aussi en mots.

C’est le récit d’une semaine passée sur le rallye Monte Carlo 2019, sous l’angle et l’objectif (si subjectif) d’un photographe francilien descendu dans la famille des Hautes-Alpes pour une semaine de vacances très très actives, sans accréditation mais qui fera le maximum pour se débrouiller avec les moyens du bord, bien accompagné de sa compagne, sa maman et son grand-père grand-routier.

Mardi 22 janvier – Parc d’assistance de Fontreyne, Gap

Sur le chemin du parc Fontreyne à Gap, petite mise en ambiance en faisant un léger décroché par la rue Carnot, où l’initiative a été prise avec la ville de Gap de suspendre des portraits des pilotes WRC tout le long de la rue, en terminant par ceux des pilotes locaux. Sympathique, d’autant plus que les voitures remonteront cette rue le soir du départ.

Au parc d’assistance qui s’est monté les jours précédents, l’ambiance s’éveille tout doucement, avec quelques moteurs vrombissant çà et là, et beaucoup de mécanos qui cherchent à tuer le temps, tandis que les pilotes sont en reconnaissances sur les spéciales. On peut tout juste noter que chez Toyota, on s’empresse de fermer les bâches opaques de peur d’attraper froid (il fait 1-2°C) ou de protéger un véritable trésor industriel (?) ; que dans l’imprenable forteresse Hyundai, on peut y voir des mécanos s’agiter comme des lions en cage, et les derniers stickers être apposés sur les voitures ; que chez M-Sport, on est ouvert aux quatre vents avec les 3 voitures pratiquement prêtes et offertes aux regards des curieux ; et que devant les bâches translucides (mais fermées) de chez Citroën, beaucoup de gens attendent de pouvoir apercevoir « l’enfant du pays ». En vain.

Tous les stands de merchandising, miniatures, buvettes et snack (mention aux Tourtons locaux) sont en place, il n’y a plus qu’à !

Mercredi 23 janvier – Parc d’assistance de Fontreyne, Gap

Avec la fin des reconnaissances reviennent les pilotes, et débarquent massivement les médias au parc Fontreyne pour recueillir les premiers témoignages des pilotes, et notamment celui des transfuges : nous sommes enfin entrés dans l’ambiance du Monte Carlo, et pas seulement grâce au mercure redescendu sous le zéro. La petite neige tombée en début d’après-midi n’a pas tenu les promesses faites par les prévisions, et l’on sait d’ores et déjà qu’à part la glace déjà présente dans les coins bien ombragés, les spéciales de ce Monte Carlo 2019 auront une saveur majoritairement sèche, mais nécessairement piégeuse aux endroits moins exposés au soleil.

Parmi les pilotes croisés dans la soirée, seul Ogier fera un petit écart dans son emploi du temps chargé pour ravir les fans qui ont su patienter dans le froid gapençais, après bien entendu s’être longuement acquitté de ses obligations médiatiques auprès des nombreux accrédités.

Jeudi 24 janvier – Shakedown, Gap

Lever avant l’aurore pour se rendre du côté du restaurant Les Olivades, où se trouve le point de départ du Shakedown. Lever précoce car malgré notre bonne proximité avec cette boucle, le lieu et l’heure du départ (10h) nous font nous dire que la foule sera présente en masse, et que les places coûteront cher.

Nous nous positionnons dans l’épingle se situant juste après le départ, secteur riche en ZP (les zones à rubalises vertes) et en spots variés, avec une forte concentration de photographes et vidéastes. L’effet du local Ogier combiné à l’effet Loeb nous donne comme prévu une grosse affluence peut-être jamais encore vue à Gap, tout du moins sur ce Shakedown tracé sur la route de la Garde (il avait eu lieu en 2014 et 2015 à Châteauvieux, au sud de Gap).

Côté météo, si la matinée d’attente fut froide, le temps est resté au beau fixe et sec, occasionnant quelques coups de soleil en fin de journée.

De jolis passages, un petit tête-à-queue (Greensmith) pour permettre au public de chambrer, et quelques glissades pour régaler tout ce petit monde.

Après une pause de quelques heures afin de s’occuper de la moisson photo récoltée cette matinée, nous prenons la direction de la place Desmichels que nous rejoignons – grand luxe ! – à pied, et où se produira – fait unique dans l’histoire du Monte Carlo – la cérémonie de départ, traditionnellement organisée au Casino de Monaco. Volonté manifeste de faciliter un parcours 2019 voulu très compact et « intense » – la première spéciale a lieu à peine une heure après le départ – mais aussi une façon de tester et/ou récompenser la ville qui accueille le rallye depuis 2014, au grand dam des « Drômardéchois » grandement désireux de voir le MC retourner à Valence.

Dans cette concurrence de villes hôtes, une chose est claire : la Mairie de Gap a clairement sorti le grand jeu pour cette cérémonie de départ : vidéo-mapping sur la préfecture, feu d’artifice, un Roger Didier (le Maire) survolté, et pour finir, retransmission sur écran géant de la première Spéciale, que pourtant beaucoup zapperont en raison du froid et du vent. La ville de Gap aime le rallye Monte-Carlo, et fait tout pour le montrer à l’ACM qui, au travers du micro tendu à Christian Tornatore, a du mal à contenir son enthousiasme, faisant peu de doute sur la ville qui accueillera l’édition 2020.

Tandis que le reste de la famille est bien placée dans les gradins montés pour l’occasion, de mon côté – ne reproduisez pas ça chez vous, c’est très dangereux ^^ – je suis parvenu à m’insérer dans la nuée de photographes accrédités, sans que qui que ce soit dans l’obscurité ambiante ne me calcule, mais, et c’était important pour moi, sans gêner qui que ce soit. Lorsqu’un très beau gâteau vous tend les bras, difficile de le refuser !

Vendredi 25 janvier – ES5/8 : Curbans – Piégut

Première spéciale pour nous dans ce Monte Carlo, notre choix s’est porté sur Curbans-Piégut, en raison notamment de la proximité avec Gap, et de la possibilité d’aller y chercher de la neige en altitude (vers 1500m). Manque de pot, le coin repéré depuis plusieurs mois s’est entre-temps révélé être en zone noire. Plusieurs plans B sont donc envisagé au cas où nous ne pourrions pas nous y rendre, ce qui fut confirmé une fois sur place, sous peine de fâcher tout rouge un de ces commissaires aux gilets jaunes… vraiment pas le moment !

Nous nous rabattons vers un léger S très rapide et poussiéreux, qui devient très rapidement sale et recouvert de feuilles, ce dont Loeb et surtout Meeke se plaindront à l’arrivée.

Côté sécurité, nous avons eu affaire à un commissaire des plus sympas, qui formera une sorte de rubalise humaine à l’aide d’un tuyau présent dans le champ où nous sommes postés, voire même tolérant et volontaire pour déplacer un panneau « No public » un peu gênant pour tous.

Au second spot en direction de Curbans, je tombe sous le charme d’une zone verte faisant face au village, avec un soleil prévu pour se coucher juste au dessus des maisons au moment du second passage, retardé suite à l’annulation de la première Spéciale du jour. Un retard qui, combiné à plusieurs sorties d’équipages du milieu de peloton, sera à peine rattrapé malgré l’assistance entre les deux boucles.

Je visualise déjà « la » photo que je pourrais y faire et les autres possibilités de tester des filés au téléobjectif, nous resterons donc ici, en profitant d’un soleil au zénith qui a l’immense avantage de faire disparaître le froid de la matinée (et d’accentuer nos coups de soleil de la veille).

Samedi 26 janvier – ES9/11 : Agnières-en-Dévoluy – Corps

Direction le Dévoluy, lever à 5h avec un mercure entre -5 et -10°C une fois sur place, nous poussons notre randonnée très matinale et nocturne juste après la limite des Hautes-Alpes et de l’Isère, et à la limite de la zone noire. Un coin typé Finlande avec des pins géants, les jumps et la terre en moins, mais accessible seulement après un pont que le petit chef local bleu nous reprochera d’avoir « franchi », alors que le danger est totalement inexistant. Passages flat out et pleine face, mais je suis repéré aux jumelles par la voiture de l’ACM placée à 300m de là.

Les officiels pensaient à cette distance que j’étais littéralement sur la route, alors que mon placement à 15-20m derrière n’était pas dangereux, et surtout validé par le commissaire du coin, fort sympa du reste. Ils m’ont donc envoyé le commissaire en chef pour la zone, lui aussi très sympa et diplomate. Celui-ci me demande donc de me mettre à l’abri… des jumelles !

Après le passage de la dernière voiture, nous revenons vers Saint-Disdier où se trouve le second spot repéré, mais nous devons pour cela re-franchir le pont interdit… Refus catégorique du petit-chef bleu local, les circulations entre les deux passages sont interdits, alors qu’aucune voiture n’a circulé pendant 30 min. Nous sommes donc bloqués en ZP, et ce n’est pas une petite escapade dans la vallée rocailleuse – et dangereuse – de la Souloise qui nous aidera à passer outre. En soi, le spot est sympa mais pas foudroyant, si ce n’est par la présence d’épines de résineux au sol qui volent bien à chaque passage.

Notre ami bleu, lui, est très préoccupé par le fait de siffler le passage du 68ème concurrent pour le seul papy assis sur son fauteuil derrière la rubalise verte. La lumière à tous les étages est visiblement optionnelle chez certains ^^

Une fois le feu vert accordé par la dernière voiture de l’ACM, nous voilà bien en retard, car au spot initialement prévu, nous devions sortir très tôt de la spéciale pour nous rendre rapidement au gîte à Peïra-Cava, où notre hôte nous attends patiemment. Nous y arriverons finalement sur les coups de 22h après 5h de route, slalomant entre les camping-cars italiens, nous faisant doubler par les WRC-2 et 3 jusqu’à Nice.

Mort de fatigue après une nuit de 2h, et en l’absence totale de réseau au gîte, je renonce à m’occuper des photos pour mieux profiter du lendemain avec une meilleure forme.

Dimanche 27 janvier – ES13/15 : La Bollène-Vésubie – Peïra-Cava

Après une bonne nuit réparatrice de 6h, lever à… 6h en direction du col de Turini par 1°C, mais en s’arrêtant quelques kilomètres avant. Épuisés par les 10 km à pied de la veille, mes « compagnons » de voyage m’abandonnent au point d’arrivée, tandis que je trace avant d’être obligé de m’arrêter par la sécurité. Une fois arrivé à la ZP5 située à l’entrée de la forêt de Lantosque, on me dit qu’on ne pourrait plus circuler dans 20 min, et je me rends alors compte que je devrais rester sur place, car il m’en manque 10 pour atteindre le point fixé.

Ici j’échangerais avec un journaliste de Alpes 1 venu de… Marseille, mais le point de vue, bien que rapide, est moyennement intéressant et trop en hauteur pour qu’il me plaise point de vue photo. Au second passage, je reste au même endroit en me déplaçant un peu car « il ne faut jamais bouger entre deux passages dans une spéciale ». Même si le danger est totalement absent. Les ordres sont les ordres. Et il faut toujours appliquer les ordres (suis-je un peu trop sarcastique ? ^^). Au final, le spot surplombant un point de freinage s’avère être intéressant pour tenter des compositions un peu différentes avec la nature ambiante.

De son côté, le reste de la famille a découvert le dispositif du promoteur à l’arrivée de la spéciale, avec les interviews des pilotes, la mauvaise mine Loeb qui a sa tête des mauvais jours, gardant son casque, Ogier contrarié de voir Neuville revenir à 4 dixièmes, le petit selfie avec Laure Jausseau, dont le garage du père est voisin de la famille, ou la tête déconfite de Bruno Saby, un peu vexé d’avoir crevé à l’avant gauche, mais muet sur les raisons de la crevaison 😀

Une fois la dernière voiture passée, c’est la fin du rallye pour nous, et nous nous retrouvons tous au restaurant Les Merisiers juste après la fin de la spéciale, où je scrute E-WRC pour connaître le résultat de la Power Stage qui se joue à quelques encablures de là, avec cette excitation des rallyes qui se jouent dans la dernière spéciale à la seconde près, et qui voit Ogier gagner devant un Neuville qui a clairement été son égal tout du long du rallye, et dont la maturité au volant progresse à vue d’œil.

Il est temps pour nous de regagner Gap sur les coups de 21h, en empruntant partiellement la Power Stage maintenant ré-ouverte, et de se dire que la neige tant attendue aura sans doute une semaine de retard…

Rapide bilan du MC2019

Au bilan de cette édition 2019, outre cette déception d’une météo pas du tout à la hauteur de nos attentes, nous avons été contents de voir qu’il est globalement possible de discuter et « négocier » avec les commissaires qui sont dans l’ensemble des passionnés de rallye (bien que pas tous des connaisseurs), pour peu qu’on l’on sache dialoguer et faire preuve de bon sens, sans pour autant les pousser dans leurs retranchements.

En revanche, pour ce qui concerne la politique sécuritaire de plus en plus restrictive et qui progresse d’année en année, les discussions au sein des passionnés sont parfois enflammées. A mon sens, la FIA et l’ACM font preuve sur le terrain d’un vrai manque de discernement ce qui pénalise surtout ceux dont le comportement n’est ni incivil, ni kamikaze.

Au final, l’expérience « familiale » a été globalement bonne malgré les conditions sèches, et nous rentrerons sur Gap avec des souvenirs et des images plein les mirettes !


Un grand merci à Nicolas pour les photos bien entendu et son retour d’expérience sur les spéciales du Monte Carlo 2019.

Texte et photos : Nicolas Laverroux

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2 Commentaires sur "WRC – Le Monte Carlo 2019 vu du bord de la route"

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gabriel
Invité

superbe série de photos!
merci

Vroom
Invité

Magnifique !
Merci

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