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Retromobile 2017 live : quand la F1 était motrice

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On a tendance à trouver que le son des Formule 1 moderne ne vaut pas celui de leurs ancêtres. Si à Retromobile 2017 les moteurs sont endormis, cela n’empêche pas de rêver aux passes d’arme mythiques. Surtout quand on a sous ses yeux des F1 parmi les plus excentriques.

L’idée des 4 roues motrices n’est pas nouvelle

Quand on vous dit Formule 1, vous pensez forcément monoplace propulsion avec gros boudins à l’arrière. Sauf que si la plupart des F1 sont comme cela, des ingénieurs ont exploré des voies différentes comme les 4 roues motrices, ou des monoplaces à 6 roues. La première F1 4 roues motrices apparaît en 1960 pour tenter de maîtriser une puissance moteur qui rend scabreuse la conduite des bolides. Surtout quand on voit la largeur des pneus.

Mais, 4 roues motrices veut dire aussi plus de poids et la Ferguson (des tracteurs Massey Ferguson) P99 fait un très petit tour et s’en va. L’idée des 4 roues motrices revient en F1 avec la BRM P67 qui apparaît pour la saison 1964. Les F1 sont encore des « cigares à roues » et la numéro 21 exposée à Retromobile 2017 tentera sa chance à Silverstone. Non qualifiée, elle repart aussi vite qu’elle est venue…au musée.

L’idée revient en force quelques années après. Les F1 ont commencé à ajouter des proto-ailerons et les pneus s’élargissent au fur et à mesure que la puissance augmente. 4 constructeurs arrivent en 1969 avec une monoplace 4 roues motrices à tester. La plus brutale visuellement c’est sans doute la Cosworth 4WD (la gris métal non peinte). Brutale visuellement mais pas en piste. De façon étrange, le pape du « light is right », Colin Chapman, s’essaye aussi aux 4 roues motrices.

La 63 n’était pas un foudre de guerre, mais Chapman récidive avec la 56 qui, en prime, était mue par une turbine à gaz. Là non plus ce ne fut pas concluant. McLaren tente l’aventure également mais la M9A ne passe pas l’épreuve des tests. Le patron est formel, c’est impossible à conduire. Les ailerons ont fait leur apparition en F1 comme on disait précédemment et les propulsions profitent de ce nouvel appui pour gagner en performance.

6 roues ? Pas mieux

L’ultime évolution de ces « bizarreries » c’est finalement de rajouter une paire de roues. Plusieurs F1 se disputeront ce titre de « top bizarrerie ». La première d’entre elles est la Tyrrell P34 avec ses deux essieux avant, avec des roues directrices de 10 pouces seulement. « Oncle Ken » réussit son coup avec une voiture qui, bien que ne dominant pas, permet à Scheckter et Depailler de signer 1 victoire et pas mal de podiums. Tyrrell finira 3ème du championnat 1976 avant que la voiture se fasse dominer en 1977 et retourne elle aussi au musée. Dans l’imaginaire des fans, c’est sans doute l’une des plus emblématiques des F1 « pas comme les autres ».

Mais, les monoplaces à 6 roues, il y en a donc eu plusieurs. Outre la Tyrrell, March, Ferrari ou Williams tenteront l’aventure. Elles tournèrent toute court. La Ferrari ne dépassa pas les tests maison, la Williams commençait à peine son développement quand elle fut tuée dans l’oeuf par la FIA. La March 2-4-0 fut finalement la seule à se montrer en public. Contrairement à la Tyrrell, les doubles roues sont à l’arrière et chaque essieu arrière est moteur. Enfin, sur le papier puisque March manque d’argent et se fait surtout de la pub. Le patron était un certain Max Mosley (Mosley, Rees, Coaker et Herd).

La FIA enterrera définitivement les F1 4 roues motrices, ainsi que celles à 6 roues en précisant en 1983 (après la guerre FISA/FOCA) que les 4 roues motrices étaient interdites. Il sera même précisé un peu plus tard que les monoplaces ont forcément 2 roues motrices et 2 roues directrices. Ou comment tuer la créativité des ingénieurs.

Crédit illustration : le blog auto

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9 Commentaires sur "Retromobile 2017 live : quand la F1 était motrice"

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Jean
Invité

Bel article, je ne savais pas pour Ferguson (j en ai un….) Belle Cosworth!

OLO
Invité

Je comprend mieux pourquoi Audi n’est pas allé en F1…

The Stig
Invité

Voilà une raison d’aller à Rétromobile, si mes moyens actuels me le permettaient… Tant pis, ce sera pour une prochaine fois (autant dire jamais vu les trop rares moments où ces bizarreries de la F1 sont exposées…).

Crouton
Invité
C’est en voyant des F1 comme celles-ci que je suis conforté dans mon idée, la seule tradition qui vaille en F1 pour moi, ce n’est pas les V8, le bruit ou quoi que ce soit, ce sont des ingénieurs au top qui vont explorer toutes les solutions possibles (dans les limites du règlement technique) pour gagner, et rien de plus! Et se plaindre un peu de ce même règlement quand même… On a eu des F1 à 4 ou 2 roues motrices, à 6 roues sur 3 essieux, à 6 roues sur 2 essieux, avec des moteurs à 6, 8,… Lire la suite >>
Rowhider
Invité

Entièrement de ton avis

seb
Invité

C’est vrai qu’aujourd’hui dès qu’une équipe innove et que ça fonctionne toutes les autres râles. Il n’y a qu’à voir le double extracteur de Brawn GP il n’y a pas longtemps. Nous n’avons plus le droit à toutes ces extravagances, c’est à ce demandé si ils n’ont pas trouvé la voiture parfaite puisqu’elles se ressemblent toutes.

Verth.
Invité

Eh oui ! Sauf que vous oubliez ceci : le Championnat du Monde de Formule 1 est d’abord et avant tout un Championnat du Monde des CONDUCTEURS, des pilotes, si vous préférez, et non des ingénieurs. Lesquels seraient mieux inspirés à s’exprimer dans le WEC, qui est le VRAI Championnat du Monde des CONSTRUCTEURS !

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