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Au Mondial du quad à Pont de Vaux, la course de SSV plébiscitée

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Pour la première fois en 29 ans les organisateurs du Mondial du quad à Pont de Vaux dans l’Ain avaient intégré ce week-end une course de SSV disputée en quatre manches.

Afin de mieux appréhender ce qui peut différencier un SSV (Side by Side vehicule) d’un quad ou d’un  buggy, voire d’un ATC, nous nous sommes tournés vers Simon Penz, le responsable marketing de Polaris France. En effet, cette marque américaine effectue une percée remarquée sur le marché français et nous avons constaté qu’elle constituait l’essentiel de ce premier plateau de course sur le stadium des sports mécaniques en vallée de Saône.

Quad, SSV, Buggy, ATC ?

Simon, pouvez-vous éclairer nos lecteurs sur ces diverses appellations ?

 » Oui, bien sûr!

Nous allons débuter par l’ATC, qui fut le premier véhicule tout terrain lancé au début des années 80 par Honda. Avec une roue devant et deux derrière, l’ATC n’était pas assez stable et, en raison de nombreux accidents les constructeurs ont ajouté une seconde roue à l’avant.

Le quad avec ses quatre roues est né en 1985. ATC et quad ont été créés pour se déplacer sur des territoires hostiles, sur des terrains accidentés, et furent conçus pour des transports de charges. Petit à petit, le véhicule est devenu un engin de loisirs avec lequel on a disputé des courses.

Ensuite, au début des années 90, dans le même esprit utilitaire, ont vu le jour les SSV (pour véhicule côte à côte). En fait, le SSV se situe entre le buggy et le quad. C’est un châssis de quad, juste élargi et rehaussé, sur lequel on a mis une banquette, un volant et un variateur, comme un quad. Le SSV est donc très facile à utiliser. On y retrouve l’esprit de la voiture. Une benne a été ajoutée à l’arrière pour augmenter les capacités de transport du véhicule.

En 2008 Polaris a lancé le premier SSV sportif, puis tous les constructeurs sont arrivés à leur tour sur ce marché, qui a vraiment explosé.

Si l’on veut encore imager les choses, on peut dire qu’un SSV se situe à mi-chemin entre un buggy et un quad. Un buggy c ‘est deux roues motrices et un châssis de voiture d’origine qui est très bas, à la différence du SSV à très grande garde au sol et 4 roues motrices, avec en plus de très grands débattements de suspension, rendant le SSV très agile et maniable. »

Des bestioles en délire

Le public du Mondial du quad n’a pas manqué de marquer un étonnement en découvrant ces engins  ressemblant avec un peu d’imagination à des hannetons perchés sur leurs pattes articulées.

Pourtant, au fil des 4 manches de 45 minutes disputées sur deux jours, en bord de piste l’enthousiasme prit le pas sur cette expectative éprouvée face à des choses inconnues. Les spectateurs imaginaient plus spontanément ces SSV colorés exécutant des tâches de transport pour les forestiers, les agriculteurs ou alors baroudant en tout chemin, alors que là les « bestioles » agiles et vrombissantes démontraient des qualités sportives époustouflantes.

SSV_course_23

Il faut dire que lâcher 25 pilotes sur un tracé présentant tous les ingrédients techniques d’une bonne piste : virages de différents rayons, enchainements de courbes, bosses, ligne droite, avec des machines développant plus de 100 chevaux pour 625 kilos, a de quoi autoriser bien des audaces et bien des figures plus ou moins libres.

Le plateau était constitué par deux marques émergentes du marché. Polaris avec ses XP 900 et ses RZR 1000 avait l’avantage du nombre, alors que Can-Am avec ses Maverick 1000 affichait une supériorité en termes de puissance moteur, grâce au turbo.

Pourtant dès les essais  le ton était donné avec cinq Polaris aux cinq premières places !

Pour ce qui concerne les pilotes nous avons rapidement réalisé qu’une petite poignée d’experts habitués des Bajas ou divers Trophy allait tourner autour de purs amateurs, très heureux de se trouver à pareille fête.

Ainsi, l’escouade Polaris tenait une telle cadence que malgré une piste de 2300 mètres (aux normes FFSA) les dépassements furent très nombreux et parfois même un peu rugueux.

Le très grand écart en termes de niveau de pilotage permettait d’observer combien le sens de la trajectoire permettait aux meilleurs d’oublier rapidement les autres concurrents, sans pour autant disposer d’une puissance supérieure.

Pour réaliser de véritables exploits le pilotage bien sûr constituait un facteur déterminant mais nos observations en bord de piste nous ont permis de constater à quel point les réglages de suspension étaient différents et avaient des incidences très grandes sur la motricité, sur le délestage ou non lors des freinages en courbes et sur la réception des sauts.

Lors des quatre manches le même scénario se répéta quasiment à l’identique. Sébastien Guyette N°9 et Pascal Cuvelier N°5, deux Belges, beaux-frères et membres du même team AT4 (All terrain Rider) se sont apparemment bien amusés sur leur Polaris  RZR 1000  quasiment de série. Hormis un radiateur placé en arrière pour empêcher d’être colmaté en cas de piste boueuse, des jantes et des pneus  spéciaux avec en plus des rotules de suspension et  des tirants arrière renforcés, l’engin, pour le reste complètement de série et seulement équipé du siège baquet, aurait pu être celui de Monsieur tout le monde. Pourtant, à chaque fois dès le premier tour, les deux compères semblaient échapper à la meute pour tracer à leur guise les meilleures trajectoires, doser les dérives, ajuster les sauts et garder la situation sous contrôle tout en gardant la liaison avec leur stand et communiquant entre eux à l’occasion.

Derrière ce numéro de haut vol, Pascal Brillant N° 72, Thomas Baudoin N° 22, Pascal Mercier N° 11, Stéphane Bouille N° 112 et Jean-Paul Van Bohemen N° 74 se mettaient souvent en valeur mais sans la même constance et la régularité affichées par les deux belges, réellement hors de portée.

L’enthousiasme, la jeunesse voire l’excès d’optimisme de certains pilotes nous valurent quelques tonneaux latéraux ou par l’avant, des réceptions de saut plus que tangentes, des accrochages lors de dépassements hasardeux ou revanchards, tout cela pour le plus grand bonheur des spectateurs.

Au classement final des quatre manches nous trouvons:

1-Sébastien Guyette  N°9 sur Polaris XP
2- Philippe Cuvelier N°5 sur Polaris RZR
3-Pascal Brillant N° 72 sur Polaris RZR
4- Stéphane Bouillé N°112  sur Polaris RZR
5- Thomas BaudoinN°22 sur Polaris RZR

Une piste jugée intéressante

A propos du tracé, les pilotes s’accordaient unanimement à louer la variété des virages avec des enchaînements intéressants, tout comme la qualité des interventions des nombreux commissaires, placés sous la responsabilité de Hubert Benoit Directeur de course et membre de l’ASA de Montbéliard. Le souhait formulé,  notamment par les pilotes de pointe, se résumait à suggérer un élargissement de la piste pour faciliter les dépassements.

Nous ne pouvons que nous féliciter de cette première apparition des SSV à Pont de Vaux. Ce succès d’estime, tant auprès des pilotes que des spectateurs, ne pourra que favoriser un plateau un peu plus corsé l’année prochaine, lors du trentième anniversaire de cette organisation.

Photos : Gilles Vitry

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1 Commentaire sur "Au Mondial du quad à Pont de Vaux, la course de SSV plébiscitée"

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klm
Invité

Article intéressant pour une discipline trop peu connu en France.

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