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Essai Mercedes Classe R : Un R de classique

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Des constructeurs trainent parfois dans leur catalogue, un vilain petit canard. A savoir une voiture dans la gamme qui fait couiner les rouages d’une machine commerciale pourtant assez bien huilée. Pour Mercedes, le Classe R, grand monospace de luxe légèrement surélevé, n’a pas eu jusqu’ici le succès escompté. Logiquement, le constructeur à l’Etoile a repoudré le nez du modèle, du coup doté d’un tout nouveau sex appeal pour séduire les ouailles de l’Oncle Sam entre autres . Pour présenter les nouveaux attributs de son Classe R, Mercedes a choisi New York, où nous nous sommes rendus pour l’essayer avant sa commercialisation en Europe à la rentrée.

Il y a 5 ans, Mercedes lançait sur le marché le Classe R, le fruit de sa vision du grand monospace. Enfin monospace, pas tout à fait, puisqu’en plus d’une carrosserie de break élancé, le R dispose d’une garde au sol légèrement surélevée par rapport à la normale, mais en dessous de celle de la plupart des SUV. Du coup, son placement apparaissait étrange, coincé entre les Classe E Break et le ML voire le GL. Dès lors, on avait déjà du mal à lui prévoir une heureuse carrière, surtout dans nos contrées. Au-delà de la question de sa place chez Mercedes, son design n’a pas fait l’unanimité auprès des observateurs, comme du public. La marque à l’Etoile étant en plein renouvellement de ses gammes, le restylage du R évidemment s’apparente à une harmonisation de sa face avant avec l’air de famille de ses camarades du catalogue. Ainsi, exit les feux rondouillards qui donnaient un style de batracien au Classe R. Désormais, celui-ci joue la carte du classicisme et de la discrétion, pour s’assurer également une allure plus statutaire pour convaincre.

Revers de la médaille, il en paraitrait du coup presque fade. Et encore une fois, l’idée de son placement résonne encore. En effet, si la différence devait se faire au design et au reflet que l’on veut donner à son statut social, une Classe E ou un SUV semble mieux approprié. Mais revenons au véhicule en lui-même. Au chapitre du restylage, on notera donc des feux de ML à l’avant, et des rampes de diodes à l’emplacement des antibrouillards pour les modèles équipés d’un éclairage au xénon. Les blocs arrière intègrent également un système de lumières nouvelle génération. On notera également l’arrivée d’un nouveau pack esthétique, qui comprend notamment une plaque de protection chromée sur la base du bouclier avant, ainsi qu’un extracteur fictif à l’arrière dans lequel sont logées deux sorties d’échappement trapézoïdales.

En revanche à l’intérieur, rien de nouveau ou presque. Dans le dessin de la planche de bord en tout cas, les changements sont invisibles, toutefois de nouvelles associations de teintes sont possibles. Ce qu’il y a de plus inédit dans l’habitacle, ce sont quasiment tous les équipements de confort, GPS, sono etc. Le plus voyant dans tout ça, demeure le volant repris des ML et GL. La disposition des sièges peut s’aménager de différentes façons. Ainsi ce Classe R peut se transformer selon les désirs, en limousine stricte 4 places avec un grand coffre, ou à l’extrême en grande familiale pour transporter jusqu’à 7 personnes en même temps. L’ambiance luxueuse se veut bien au rendez-vous, comme en témoignent les matériaux nobles et la qualité des revêtements, sans oublier la sellerie au cuir de très bonne facture. Une fois à bord, aucun doute, nous sommes bien à bord d’une Mercedes avec toutes les bonnes attentions escomptées d’un véhicule de la marque à l’Etoile. Le confort de l’assise et de la position de conduite font presqu’oublier le profil de la voiture, et ses allures de grand monospace familial.

Sur la route, nous nous attendions donc à un maitre du confort de roulement. Sous notre capot, ronronnait discrètement le « vieux » V8 Mercedes de 388 ch, dont son remplaçant plus puissant plus sobre et moins polluant devrait être étrenné dans le nouveau CL. Ce moteur a de beaux restes, et sait encore bien chanter et galoper quand on le lui demande. Malgré des chiffres de performances bien plus qu’honorables, à l’image du 0 à 100 km/h abattu en 6.3 secondes, les adeptes des sensations à l’accélération en auront pour leurs frais puisque celles-ci ne sont pas très violentes. Néanmoins la fiche technique ne ment pas, à en juger l’allure à laquelle l’aiguille nous informant sur la vitesse s’envole dès que l’on colle la pédale au sol. Clairement, on a donc l’impression de se retrouver plutôt au volant d’un engin assez lourd, qui ne réclame pas la cravache. Cela tombe bien, les propriétaires de Classe R ne recherchent sans doute pas cela.

Dès lors on peut s’interroger sur l’intérêt du programme « Sport » de la boite à 7 rapports 7G-Tronic, ainsi que d’un réglage châssis plus dur si le conducteur veut un engin plus dynamique. A l’évidence, même sur ce set-up le plus extrême, on ne prendra guère du plaisir à malmener le Classe R, qui de toutes façons n’a pas été conçu pour cela, on s’en rend très vite compte. Ce phénomène se veut largement amplifiée par une direction très (trop ?) assistée qui n’invite pas à la séance de gym. Ce véhicule se montre un parfait compagnon pour abattre des centaines de kilomètres à bonne allure, sans fatiguer ses passagers. Dans une configuration que nous qualifierons de « Limousine » avec deux strictes places à l’arrière séparées par un grand accoudoir, on se laisserait volontiers mené par un chauffeur dans un confort que ne jalouserait pas une Classe S.

Au moment de rendre ce Mercedes Classe R, l’inévitable question nous revient… Pourquoi faire le choix d’un Classe R, quand on peut avoir dans une même fourchette de prix suivant les motorisations et équipements, une Classe E ou un ML voire GL ? Peut-être que justement nous n’abordions pas cette interrogation de la bonne façon. Finalement, ce Classe R peut s’adresser à ceux qui ne veulent ni d’une berline routière, ni d’un gros SUV. La liste des tarifs démarre pour l’entrée de gamme Diesel autour des 50 000 euros, alors que la version 500 coiffant la gamme s’affiche en dessous des 80 000 euros hors options bien sur. Il faudra attendre la rentrée pour voir les premiers modèles sortis des chaines américaines traverser l’Atlantique, à destination de ses clients européens.

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Quelques chiffres de notre modèle d’essai:

Moteur: V8 5.5 388 ch

Couple maxi: 530 Nm / 2 800 à 4 800 tr/min

Transmission: Aux roues arrière

Boite de vitesses: Automatique 7G-tronic à 7 rapports

0 à 100 km/h: 6,3 secondes

Conso. mixte litres/100 km – Rejets de CO2 g/km: 13,2– 306 (malus 2 600 €)

Réservoir: 80 litres

Poids: 2 265 kg

Prix: dès 78 200 €

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