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Essai nouvelle Citroën C3 : la déesse du segment B ?

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Un peu à la manière d’une célèbre marque aux anneaux parvenue à enterrer son image ringarde grâce à une très habile stratégie échafaudée en moins d’une dizaine d’années, Citroën semble s’être définitivement débarrassée de son étiquette de fabriquant de voitures pour vieux. Après un premier gros effort de dynamisation entrepris avec la C4 puis le remplacement de la C5, la marque aux chevrons affirmait récemment sa nouvelle identité en présentant un C3 Picasso plein d’audace. Puis les décideurs de Citroën passaient carrément à la vitesse premium en lançant les bases d’une nouvelle gamme parallèle de voitures pensées pour concurrencer les engins les plus hypes de notre paysage urbain. Un traitement spécial réservé aux nouvelles autos siglées du badge « DS » mais qui semble pourtant déborder sur le reste de la gamme, dont nous venons à peine de tester la dernière arrivante : Citroën C3.

Ronde mais pas grosse

En l’an 2002, Citroën partait enfin à l’assaut du segment B tenu par les Peugeot 206, Renault Clio et autres Volkswagen Polo. Face aux références des citadines, le constructeur aux chevrons opposait un style très reconnaissable avec la C3, toutes en rondeurs au point d’évoquer – bien avant le concept Révolte – son illustre ancêtre la 2CV.

Après sept ans d’une carrière honorable et plus de deux millions d’exemplaires écoulés, Citroën a tenu à conserver cette silhouette rondouillarde. C3 est donc toujours bien ronde, mais ne grossit pas contrairement à ses concurrentes qui ont toutes gagné quelques centimètres en longueur et en largeur lors du passage à la dernière mouture.

En revanche, même si elle conserve la même silhouette générale son style rompt quelque peu avec la relative transparence du précédent modèle : nouvelle identité oblige, C3 souligne son gros logo (‘redessiné lui aussi ) par une grande calandre monobloc, au milieu des feux antibrouillards encadrés par de fausses écopes. Les optiques avant deviennent plus expressives et ont même droit à une petite entrée d’air. A l’arrière, les feux se la jouent boomerang, presque comme sur une Maserati 3200 GT.

C’est certain, cette Citroën C3 ne manque vraiment pas de charme. Son style très personnel surprend au milieu d’un segment B généralement synonyme d’autos consensuelles et parfois un peu fades, surtout lorsqu’elle est peinte de sa teinte bleue azur à forte consonance italienne… qui rappellerait presque la Fiat 500. Je me demande même si visuellement, elle n’aurait pas de quoi attirer une clientèle habituellement sensible à la personnalité des Mini et autres véhicules urbains tendance.

Demi-déesse intérieure

Le traitement façon citadine branchée se retrouve largement à l’intérieur. Là aussi, le contraste avec la sobriété de l’habitacle d’une Polo ou d’une Clio est saisissant. Le tableau de bord est recouvert d’une large bande de plastique effet métal exactement comme dans une Mini ou une Fiat 500, pas étonnant quand on sait qu‘il sera repris presque à l‘identique pour la sœur DS3 premium. Le dessin de l’ensemble est vraiment agréable au regard et lui donne un cachet différent de toutes ses concurrentes du segment B. L’ambiance est plus chaleureuse, c’est net.

A noter en revanche ( surtout pour les obsédés de la finition ) certains détails un peu surprenants comme l’assemblage de la partie centrale de la planche de bord, comprenant la radio CD et la commande de climatisation. La pièce est très jolie dans sa finition nacrée, mais elle semble conçue comme un simple couvercle de boîtier qui se déforme lorsqu’on met le doigt dessus. Et là pour le coup, ça fait un peu cheap. Gageons qu’elle aura droit à une construction plus soignée dans la DS3.

Qu’importe, l’ensemble est pour moi une totale réussite et je ne vois pas quelle concurrente du segment B peut rivaliser avec elle au niveau de la présentation intérieure. Pas en qualité de fabrication, mais en matière de style et d’ambiance.

Coté rangements par contre, Citroën a visiblement décidé de faire quelques sacrifices. Les espaces de rangements manquent à l’intérieur, surtout avec la petite boite à gant coté passager.

C3 Sting Bay

Citroën se plait à mettre en avant un détail très particulier à cette nouvelle Citroën C3 : son toit vitré panoramique. Le pare-brise Zenith est disponible en série sur le plus haut niveau de finition ou en option sur le niveau intermédiaire, contre 400 euros. Ça fait un peu cher à l‘achat, mais ça se justifie largement au quotidien : avoir cette grande vitre au dessus de la tête procure un sentiment de liberté et une luminosité à bord réellement agréable à vivre. Particulièrement dans un embouteillage urbain.

En revanche lorsque le soleil tape et surtout si vous êtes chauve, il fait vite chaud à l’intérieur même si la vitre est fumée sur sa partie supérieure avec un dégradé de teinte qui s’étend jusqu’au début de la courbure du pare brise. Dans ce genre de situation, vous pouvez alors tirer le vélum sur lequel sont disposés les pare-soleil. Petit reproche à faire au niveau de la vision arrière, perturbée par l’étroitesse de la custode sur la poupe et par la taille des montants latéraux.

Coté habitabilité, la C3 figure incontestablement parmi les meilleures élèves de la catégorie, forcement bien aidée par la forme de sa carrosserie. L’espace aux places avant est très bon et les passagers arrière ne souffriront pas pendant les longs trajets. Quant au coffre, il est l’un des plus spacieux et atteint 300 litres.

Bref, la vie à bord de la nouvelle C3 est pour moi un gros point fort de l’auto entre le design du tableau de bord, l’habitabilité générale et l’ambiance apportée par le toit vitré panoramique.

Du neuf avec du pas trop vieux

Petite déception et pas de grandes révolutions sous le capot puisque cette nouvelle Citroën C3 n’inaugure aucune nouvelle motorisation et ne fait que reprendre des blocs déjà éprouvés par le groupe PSA. Nos modèles d’essais étaient disponibles avec l’incontournable 1,6 litres diesel HDI 90 – qui devrait constituer le gros des ventes en France – ainsi que le VTI 120 essence de 1,6 litres. En plus de ces deux motorisations, cinq autres variantes sont disponibles au catalogue avec trois essence ( 1,1L, 1,4L et VTI 95 ) et deux diesel ( HDI 70 et HDI 110 FAP ).

Sur la route, le VTI 120 se montre vraiment très agréable à l’utilisation bien qu’un tout petit peu trop bruyant dans certains phases de conduite. Le maniement de la boite de vitesse se révèle très ferme et peut surprendre au début par ses débattements mais une fois assimilé, il devient très facile et confortable.

Bien évidemment et tout particulièrement sur notre marché, ce VTI 120 devrait rester confidentiel par rapport au HDI 90 qui rencontrera probablement le plus de succès. Un moteur diesel qui s’adapte aussi très bien à cette nouvelle C3 et qui brille toujours par sa souplesse d’utilisation, tout en restant suffisant pour mouvoir convenablement l’auto. Pas de THP au menu par contre : Citroën préfère les cantonner à la DS3 pour remplir son rôle de haut de gamme.

VisioDrift

Le comportement routier de cette nouvelle C3 est clairement une bonne surprise. En terme de rigueur, elle n’a plus rien à voir avec sa devancière et Citroën semble avoir trouvé un excellent compromis par rapport à la cousine Peugeot 207 : moins sportive mais plus confortable dans ses suspensions et son amortissement, elle n’est pas au top de l’efficacité lorsqu’on se prend à jongler entre les virages des petites routes de la Toscane mais reste prévenante et toujours très souple dans ses liaisons au sol.

Le parti pris des ingénieurs était clairement porté vers le confort plutôt que vers l’efficacité absolue, mais elle n’a pourtant pas à rougir face aux références du segment B dans ce domaine. Seuls les amateurs de précision chirurgicale au volant seront déçus par la C3 et préfèreront se tourner vers une 207 ou une Clio dans sa variante GT.

Une C3, quatre étoiles

Au delà de son comportement routier, cette nouvelle C3 surprenait récemment en n’obtenant pas la cinquième étoile au crash-test EuroNCAP. Mais il semble s’agir d’avantage d’un choix délibéré de ne pas proposer l’ESP en série dès l’entrée de gamme, et ainsi sacrifier cette dernière étoile en même temps que toute la communication sur le niveau de sécurité de l’auto qui va généralement avec. Étonnant certes, mais il n’y a vraiment pas de quoi remettre en question la sécurité de cette nouvelle C3.

Bilan

L’épreuve de l’addition est plutôt positive puisque la grille des tarifs de la C3 n’est pas placée trop haut par rapport à ses concurrentes. Le premier prix est à 12 950 euros en version 1,1 litres Attraction et comptez 15 750 euros pour la première version dotée du toit vitré Zénith.

Par rapport à ses concurrentes, cette nouvelle C3 n’est pas plus chère : quelques centaines d’euros en moins comparée à une Volkswagen Polo à motorisations et équipements équivalents et des prix identiques à une 207 ou une Clio. C’est certain sur le plan financier, elle ne se prend pas pour une déesse.

Très confortable, bien équipée et pas plus chère qu’une autre, cette nouvelle C3 peut avant tout compter sur une présentation très soignée tant à l’extérieur qu’à l’intérieur qui devrait largement séduire une clientèle à tendance féminine et urbaine, quitte à en faire probablement un choix possible face aux indétrônables Fiat 500 et Mini pour cette catégorie d’acheteurs ( euses ). Plus généralement, elle possède tout pour plaire à ceux qui recherchent une citadine très agréable à vivre et dotée d’un style très personnel, sans demander l’excellence en comportement dynamique et les sacrifices que cela implique sur le plan du confort.

Entre sa bouille craquante et son style intérieur, je me demande même si elle n’est pas capable de faire de l’ombre à sa sœur premium DS3…

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Essai Citroën C3 II – Nouvelle C3 Visiodrive
envoyé par leblogauto

Galerie Essai Citroën C3

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