par Elisabeth Studer

L'industrie automobile de l'UE tente de réduire les normes CO2

L'industrie automobile européenne au travers de l'ACEA craint de ne pas pouvoir atteindre les objectifs climatiques de l'UE d'ici 2021. Mettant également en garde l'Union européenne contre tout nouveau resserrement des seuils de CO2 à plus long terme.

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L'industrie automobile européenne au travers de l'ACEA craint de ne pas pouvoir atteindre les objectifs climatiques de l'UE d'ici 2021. Mettant également en garde l'Union européenne contre tout nouveau resserrement des seuils de CO2 à plus long terme.

L'ACEA préoccupée par les objectifs 2021 et 2030

Erik Jonnaert, secrétaire général de l'ACEA - présidé par le patron de PSA Carlos Tavares - vient ainsi d'affirmer que les constructeurs étaient fortement préoccupés par les objectifs fixés pour 2021.

L’industrie automobile semble ainsi se positionner de nouveau quelque peu en retrait par rapport à la protection du climat, avant des négociations décisives au niveau de l’UE.

L'Acea a ainsi émis des doutes en début de semaine quant à la possibilité d'atteindre les objectifs climatiques – qu'elle juge déjà fort déjà contraignants pour 2021 - effectuant une mise en garde sur les nouvelles valeurs qui pourraient être définies pour 2030.

« Dans notre industrie, atteindre les objectifs de 2021 soulève une grande préoccupation, parce que c’est déjà délicat », a déclaré le secrétaire général de l’Acea Erik Jonnaert à DPA, l’agence de presse allemande.

Argument invoqué qui devrait faire pour le moins réagir : selon lui, le respect des seuils fixés s'avère encore plus difficile depuis l'affaire du dieselgate … le scandale ayant eu notamment pour conséquence une hausse des ventes des modèles essence, dont la consommation est plus importante.

Le secrétaire général de l’Acea a de nouveau rejeté les projets de la Commission européenne visant à réduire de 30 % les émissions de CO2 pour la période 2021-2030. Exhortant le Parlement européen à ne pas porter cet objectif à 50 %. Selon lui, "seule une baisse de 20 % serait réaliste."

Le Parlement européen devra trancher prochainement

Le Parlement européen doit se déterminer prochainement sur les nouveaux objectifs qui devront s'appliquer au secteur automobile en matière de climat à l'horizon 2030. Si la Commission européenne a proposé que les émissions de dioxyde de carbone des nouveaux véhicules soient réduites de 30% de 2021 à 2030, au Parlement européen, en revanche, une réduction de 50%, voire de 75%, est en cours de discussion.

La déclaration de l'ACEA intervient alors que la commission de l'environnement devra voter à ce sujet la semaine prochaine, le vote en plénière intervenant quant à lui début octobre. Des négociations avec les États membres seront entamées en suivant.

A l'heure actuelle, le règlement de l'UE en vigueur depuis 2009 stipule que les nouveaux véhicules d'un constructeur ne pourront émettre en moyenne que 95 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre d'ici 2021 au plus tard. Dans les faits, la valeur moyenne enregistrée pour 2017 était de 118,5 grammes - avec une légère tendance à la hausse.

Une situation qui – selon Jonnaert - nécessite qu'un objectif réaliste soit défini pour 2030. Considérant possible une réduction de 20% du CO2 par rapport à 2021 pour les véhicules neufs.

L'ACEA tire à boulets rouges sur les véhicules électriques

Jonnaert estime néanmoins que parier sur une croissance rapide des parts de marché des véhicules électriques s'avère irréaliste en raison de la faiblesse de la demande.

Tentant de trouver les arguments possibles pour plomber ce type de motorisation, l'ACEA n'hésite pas à affirmer qu'un changement trop rapide entraînerait des pertes d'emplois importantes dans les régions allemandes ou l'industrie automobile est fortement implantée telle que celle de Stuttgart.

Selon l'association, l'essor des véhicules électriques aurait "un impact profond sur l'emploi », la fabrication et la maintenance d'un véhicule électrique nécessitant moins de travail qu'un véhicule traditionnel, en raison - selon elle - "d'une moindre complexité mécanique et d'un nombre de pièces inférieur".

Se basant sur un rapport du cabinet de lobbying FTI Consulting, l'ACEA indique ainsi qu'un véhicule électrique comporterait 38% de pièces et composants de moins qu'une voiture dotée d'un moteur à essence.

L'avenir de la voiture sera électrique selon les écologistes

Un argument toutefois rejeté par Rebecca Harms, eurodéputée verte. Cette dernière faisant état d'une étude menée par IG Metall tablant sur des pertes d'emplois modérées. Le passage à des voitures à faibles émissions voire sans émissions apparaissant parallèlement comme inéluctable. La députée l'affirme même haut et clair : "l'avenir de la voiture sera électrique".

Les écologistes pour des objectifs renforcés

Selon Rebecca Harms, pour pouvoir respecter l'Accord de Paris, les objectifs de réduction devront être abaissés de 75% pour les véhicules d'ici 2030. Une proposition de compromis prévoyait quant à elle un objectif de 50%.

Le député écologiste au Bundestag , Oliver Krischer, a également souligné que les objectifs d'économies pour 2030 devraient être renforcés. Selon lui, la "débâcle climatique" de l’industrie automobile n’est pas liée à la baisse des ventes de diesel, mais à la politique des constructeurs qui les pousse à produire des voitures de plus en plus lourdes et plus puissantes, et à axer leurs ventes sur les SUV.

Sources : Automobilwoche, ACEA

Crédit Illustration : ADAC

Pour résumer

L'industrie automobile européenne au travers de l'ACEA craint de ne pas pouvoir atteindre les objectifs climatiques de l'UE d'ici 2021. Mettant également en garde l'Union européenne contre tout nouveau resserrement des seuils de CO2 à plus long terme.

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