par La rédaction

Dossier : le point sur le Bonus/Malus écologique 2018

Partie intégrante du Plan de finances 2018, le nouveau barème du bonus/malus écologique est entré en application le 2 janvier dernier. Toujours établi uniquement sur la base des émissions de CO2, il devient de plus en plus contraignant. Explications.

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Concomitamment à l'élargissement de la prime à la conversion, le gouvernement a revu cette année en profondeur le barème du bonus/malus écologique. Si la méthode de calcul reste la même, les paliers changent drastiquement.

Le nouveau barème en détails

Si la prime à la conversion s'assouplit, le bonus/malus quant à lui se durcit. Malgré les scandales liés au diesel qui ont fleuri ces dernières années, les rejets de particules fines et de NOx (oxyde d'azote) ne sont toujours pas pris en considération. Et c'est toujours le CO2 qui détermine le montant du bonus/malus. D'ailleurs, le seuil de déclenchement du malus, précédemment fixé à 127 grammes de CO2 par kilomètre parcouru, est abaissé cette année à 120 g/km. Pour le maxima, il est fixé à 185 g/km, contre 191 g/km précédemment.

Concernant la structure même du barème, elle est identique à celle de l'an passé. A savoir que chaque gramme de CO2 supplémentaire fait grimper la note. Et puisqu'il faut parler chiffres, le palier, pour 120 g/km, se monte à 50 euros, tout comme en 2016. En revanche, il en coûtera 10 290 euros pour 184 g/km, tandis que le malus maximal, à 185 g/km et plus, se monte à présent à 10 500 euros contre 10 000 euros l'an passé. Autre changement, qui aurait pu passer inaperçu, est que la grille comporte désormais 67 niveaux. C'est un de plus qu'en 2017.

Voici le barème complet en vigueur depuis janvier :

Malus 2018
Niveau d'émission de CO2 (g/km)Montant du malus (€)
inf. à 1190
12050
12153
12260
12373
12490
125113
126140
127173
128210
129253
130300
131353
132410
133473
134540
135613
136690
137773
138860
139953
1401 050
1411 153
1421 260
1431 373
1441 490
1451 613
1461 740
1471 873
1482 010
1492 153
1502 300
1512 453
1522 610
1532 773
1542 940
1553 113
1563 290
1573 473
1583 660
1593 853
1604 050
1614 253
1624 460
1634 673
1644 890
1655 113
1665 340
1675 573
1685 810
1696 053
1706 300
1716 553
1726 810
1737 073
1747 340
1757 613
1767 890
1778 173
1788 460
1798 753
1809 050
1819 353
1829 660
1839 973
18410 290
sup. à 18510 500

Des tours de passe-passe entre bonus écologique et prime à la conversion

Côté bonus, c'est principalement la disparition des 1 000 euros alloués lors de l'achat d'un véhicule hybride rechargeable qui est à noter. En revanche, le bonus de 6 000 euros consenti pour l'achat d'un véhicule électrique est pour sa part maintenu. Dans la limite de 27% du prix TTC du véhicule. En y ajoutant la prime à la conversion, l'aide totale peut atteindre 8 500 euros.

Les deux, trois roues et quadricycles électriques (de puissance supérieure à 3 kW), sont pour leur part éligibles à un bonus de 900 euros. La baisse de 100 euros (il était de 1 000 euros en 2017) est ici intégralement compensée par une prime à la conversion du même montant. Du moins pour les foyers imposables, car pour ceux non-imposables, le total des aides passe à 2 000 euros (900 euros de bonus écologique et 1 100 euros de prime à la conversion). Enfin, leurs homologues de puissance inférieure à 3 kW voient leur bonus de 200 euros supprimé au 1er février. C'est également le cas pour les vélos électriques.

En résumé, voici le comparatif des bonus 2017 et 2018 :

Bonus 2017 (€)Bonus 2018 (€)
Véhicule électrique neuf6 0006 000
Véhicule hybride rechargeable neuf1 0000
Deux, trois roues et quadricycles (puiss. < 3kw)1 000900
Deux, trois roues et quadricycles (puiss. > 3kw)2000

(depuis le 01/02/2018)

Les gagnants et les perdants du Bonus/Malus écologique cuvée 2018

L'abaissement du seuil de déclenchement du malus de 127 à 120g/km pénalise bien entendu les véhicules qui se trouvent entre ces deux valeurs. C'est par exemple le cas de la Citroën C3 Aircross. Dans sa version Puretech 110 EAT6 que nous avions pu essayer l'an passé, et qui rejette 126 grammes de CO2 par kilomètre. En 2017, elle se plaçait juste en-dessous de l'ancien barème. Mais de peu. Avec le nouveau, le malus s'élève à 140 euros.

Le malus augmentant de façon exponentielle à chaque gramme supplémentaire, certains modèles sont plus pénalisés que d'autres. C'est par exemple le cas du Volvo XC60 D5. Et de ses 144g/km. L'an dernier, le malus dont il était affublé s'élevait à 773 euros. Relativement négligeable vu le prix de 49 100 euros de ce SUV. Mais cette année, la note a quasiment doublé, et s'élève désormais à 1490 euros!

Et l'addition est toujours aussi salée pour les sportives émettant plus de 185g/km. Pour elles, le malus maximal augmente de 500 euros. Soit 5% d'augmentation par rapport à 2017. Parmi les modèles en-dessous en matière d'émissions, citons la Peugeot 308 GTI qui, avec ses 139g/km, écope de 953 euros de malus en 2018... Contre 410 euros l'an dernier, soit au final 132% d'augmentation !!!

A noter que certains constructeurs, pour ne pas (trop) pénaliser les sportives de leur gamme, compensent tout ou partie du malus. C'est le cas de Subaru, qui offre sur sa WRX STI un avantage de 10 000 euros couvrant la quasi-totalité du malus. Ou de Nissan, qui le prend en intégralité à sa charge pour la 370Z et la GT-R.

Concernant les voitures d'occasion, importées d'Allemagne par exemple, elles sont aussi pénalisées par le malus écologique, car il s’agit d’une nouvelle immatriculation en France. La taxe est dégressive en fonction de la date de première mise en circulation du véhicule importé.

L'électrique qui rit, l'hybride rechargeable qui pleure

Et la modification des bonus impacte aussi les hybrides rechargeables. Ainsi, la Toyota Prius Rechargeable perd non seulement le bénéfice de la prime de conversion, mais aussi celui du bonus 2017. Soit au total 2 000 euros. Bien entendu, les nouvelles règles sont là ont tout pour favoriser le développement du tout électrique. De cette façon, la Smart Fortwo électrique bénéficie à la fois de la prime à la conversion de 2 500 euros, et du bonus écologique maximal de 6 000 euros. Avec un tarif de base de 22 950 euros batteries incluses, cela place la puce des villes à 14 450 euros.

Conclusion

Un palier supplémentaire dans le barème, et un seuil minimum abaissé. Petits effets, grandes conséquences. Certes, les changements de cette année sont plus ténus que le grand chambardement intervenu entre 2016 et 2017. Mais ils tendent vers un seul objectif, la transition énergétique en matière de véhicules. Sans parler de la surtaxe additionnelle sur les véhicules de plus de 36 chevaux fiscaux.

Si l'intention de départ est louable, il reste encore trop de zones d'ombres pour que le consommateur plébiscite le tout électrique en matière d'automobile. Quid du recyclage des batteries? Et de la production/fourniture d'électricité en quantité suffisante ? Enfin pourquoi exclure, dans une logique de transition, les hybrides rechargeables du dispositif bonus/malus, elles qui représentent un vrai trait d'union entre les énergies fossiles et l'électrique ? Beaucoup de questions, donc... Il sera intéressant d'ici quelques mois d'observer les courbes de vente des différents modèles pour connaître les effets du nouveau barème...

Illustrations : Ministère, Renault, Le Blog Auto

[Article avec lien sponsorisé]

Pour résumer

Partie intégrante du Plan de finances 2018, le nouveau barème du bonus/malus écologique est entré en application le 2 janvier dernier. Toujours établi uniquement sur la base des émissions de CO2, il devient de plus en plus contraignant. Explications.

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