par Thibaut Emme

Véhicules électriques : rectification du bonus

Le Ministre de l'Economie, du redressement productif et du numérique, Arnaud Montebourg, a annoncé mardi la correction d'un décret responsable, en grande partie, de la chute des ventes de ce type de véhicule.

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Le Ministre de l'Economie, du redressement productif et du numérique, Arnaud Montebourg, a annoncé mardi la correction d'un décret responsable, en grande partie, de la chute des ventes de ce type de véhicule.

Un décret-couac très mal venu

En effet, pour les entreprises qui n'achètent pas directement leur VE (véhicule électrique) mais qui ont recours à une location avec option d'achat (LOA) ou une location longue durée (LDD), le bonus était, par un décret de octobre 2013, amputé systématiquement de 2 000 euros. Cette somme conséquente par rapport aux 6 300 euros du bonus pour un VE a découragé bon nombre d'entreprises de franchir le pas de l'électrique ce qui explique selon les acteurs du secteurs la chute des ventes observée depuis le début de l'année (-26%).

"Un décret est en circulation en ce moment, qui entrera en vigueur le 1er juillet 2014, pour revenir au périmètre initial sur le bonus écologique : les ventes en contrat de location longue durée seront comprises dorénavant" déclare Arnaud Montebourg au Sénat. Le Ministre était devant la chambre haute pour défendre une loi favorisant l'installation de bornes de recharge sur le domaine public.

Les particuliers, non impactés par ces revirements de bonus, continueront de bénéficier des 6 300 euros d'aide de l'Etat. Maintenant, le Ministre ne fait-il pas un geste a minima pour la filière électrique ? Une augmentation substantielle du bonus permettrait de voir continuer de croître les ventes de ces véhicules, peu émetteurs de CO2 du puits à la roue grâce à notre parc nucléaire.

Pourquoi pas un bonus à 10 000 euros ?

Prenons un exemple simple, passer le bonus de 6 300 à 10 000 euros. Une Renault Zoe (version life d'entrée de gamme) verrait alors son prix passer de 15 190 euros à 11 490 euros devenant alors très alléchante. Une Nissan Leaf débuterait à 14 390 euros en version visia avec location de la batterie, ou 20 290 euros pour cette même visia avec la batterie inclue. La BMW i3 débuterait pour sa part à 24 290 euros. De quoi gommer les réserves émises sur le manque d'autonomie de ces véhicules.

Si on suppose que ce sont 13 000 (VP et VUL confondus) qui trouveraient preneurs chaque année mais le double, cela donnerait un bonus total de 260 millions d'euros (pour 26 000 véhicules et un bonus de 10 000 euros). Par une simple hausse de 1 centime sur la TICPE du diesel, l'Etat engrangerait entre 400 et 500 millions d'euros chaque année. De quoi largement financer un bonus plus généreux et l'installation de bornes de recharges un peu partout sur le territoire.

Las, il semble qu'en matière de mobilité électrique nos gouvernants restent très timorés et ce malgré un Ministre de l'Ecologie (Ségolène Royal) défendeur du VE devant l'éternel. A quand une vraie politique audacieuse de développement du VE en France ? A quand une modification des textes pour permettre à certains véhicules (quadricycles lourds) comme la Courb C-Zen made in France de bénéficier enfin du bonus écologique ? Aux Ministres citons Danton : "De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace".

Source : Sénat via AVEM, illustration : T. Emme/LeBlogAuto

Pour résumer

Le Ministre de l'Economie, du redressement productif et du numérique, Arnaud Montebourg, a annoncé mardi la correction d'un décret responsable, en grande partie, de la chute des ventes de ce type de véhicule.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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