par Elisabeth Studer

Allemagne-Australie : étude de faisabilité d'un pont à hydrogène

Berlin décidément à fond sur l'hydrogène. Une étude conjointe entre l'Allemagne et l'Australie va examiner la faisabilité d'une chaîne d'approvisionnement en hydrogène dit vert, indique ainsi le ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche ( BMBF ).

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La faisabilité d'un pont hydrogène étudié de près

Le BMBF et le gouvernement australien financeront l'étude, qui se concentre sur la faisabilité technologiques, économiques et réglementaires d'un processus de «pont hydrogène» entre les deux pays.

L'Allemagne à la recherche de partenariats

«L'accès à l'hydrogène vert est déjà très compétitif. En tant que pays d'innovation, nous devons maintenant rechercher des partenariats internationaux appropriés ", a déclaré la ministre fédérale allemande de la Recherche, Anja Karliczek.

Ajoutant que cela serait" le seul moyen "d'assurer l'importation nécessaire d'énergie produite de manière durable et d'ouvrir des débouchés commerciaux aux technologies de l'hydrogène développées par les entreprises allemandes, encore à un stade précoce.

L'étude est menée par l'Académie nationale des sciences et de l'ingénierie (acatech) et la Fédération des industries allemandes ( BDI ) du côté allemand et l'Université de New South Wales du côté australien.

Stratégie nationale allemande sur l'hydrogène

En juin 2020, l'Allemagne a présenté sa stratégie nationale sur l'hydrogène .

L'hydrogène vert fabriqué à partir d'électricité renouvelable est considéré comme un élément essentiel de la transition énergétique, car il peut réduire les émissions dans des secteurs difficiles à décarboner.

Une grande partie de l’hydrogène de l’Allemagne sera importée

Une grande partie de l’approvisionnement futur en hydrogène de l’Allemagne devra être importée, a déclaré le gouvernement fédéral dans un communiqué en réponse à une question de la représentation parlementaire du Parti de gauche.

La question portait sur l’impact environnemental de la production d’hydrogène. Un sujet d’autant plus crucial qu’une grande partie de l’énergie hydrogène devra être importée, l’Europe du Sud, le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest et le Chili étant répertoriés comme fournisseurs potentiels d ‘«hydrogène vert» pour l’Allemagne.

Or, le Parti de gauche a souligné que ces zones sont souvent arides ou semi-arides et que beaucoup sont déjà affectées par le stress hydrique, qui s’aggrave en raison du changement climatique.

La production d’hydrogène vert pourrait également nécessiter un dessalement conventionnel de l’eau de mer, ce qui peut avoir des effets néfastes sur les écosystèmes marins locaux, car la saumure résultant du processus de purification est renvoyée à la mer.

L’Allemagne va construire des centrales de production d’hydrogène

En réponse, le gouvernement a déclaré que des centrales de production d’hydrogène d’une capacité allant jusqu’à cinq gigawatts seraient construites en Allemagne, ce qui signifie que 14 térawattheures (TWh) d’hydrogène vert pourraient être produits chaque année.

Mais la consommation totale d’hydrogène serait comprise entre 90 et 110 TWh. Pour combler la différence, le gouvernement finance des projets hydrogène avec des pays partenaires, un futur paquet hydrogène prévoyant à cet effet deux milliards d’euros. La déclaration citait le Maroc, la Tunisie, le Brésil, le Chili et l’Afrique du Sud comme fournisseurs potentiels. «En règle générale, cela nécessitera l’expansion des énergies renouvelables dans les pays partenaires», a-t-il déclaré.

Notre avis, par leblogauto.com

L'Allemagne a récemment déclaré que les projets de production d’hydrogène « vert » avec des pays partenaires ne devraient pas se faire au détriment des environnements locaux. Notamment en rendant plus complexe l’approvisionnement en électricité ou en eau.

Or, un grand oublié figure parmi la liste des partenaires cités par le gouvernement allemand : la République Démocratique du Congo … Et ce, alors même que le pays se situe au cœur des préoccupations des écologistes et personnes soucieuses de l’environnement.

Selon le Süddeutsche Zeitung, la République démocratique du Congo (RDC) et l’Allemagne pourraient bâtir ensemble un partenariat énergétique qui verrait le pays d’Afrique centrale fournir l’énergie hydraulique capable de produire de l’hydrogène vert pour les plans allemands de décarbonisation. Le tout via un projet de coopération de 20 milliards d’euros financé par l’Union européenne.

Plus encore, l’Allemagne veut faire de la RDC le premier pays fournisseur de l’hydrogène pour l’Union européenne. Ce projet bénéficie de toutes les garanties financières du gouvernement allemand.

Le barrage d’une capacité potentielle de 44000 mégawatts pourrait aider l’Allemagne à combler l’écart important entre la future demande d’hydrogène évaluée par Berlin et les modestes capacités de production allemandes, tout en dépassant la demande d’électricité en RDC.

Mais le projet est aussi une source de préoccupation dans le pays. Des dizaines de milliers de villageois pourraient perdre leurs maisons si le barrage était construit.

Les militants des droits de l’homme demandent une évaluation d’impact prenant en compte les intérêts de la société civile tandis que l’organisation environnementale International Rivers se demande si la RDC a les capacités financières pour financer le barrage, ou si elle devra s’endetter davantage pour obtenir les fonds nécessaires.

Rappelons enfin que la RDC est le premier producteur et le premier exportateur de cobalt dans le monde, matière première indispensable pour fabriquer des batteries de véhicules électriques. D’où également le très fort intérêt de l’Allemagne pour le pays ?

L'Australie est quant à elle le plus grand fournisseur mondial de lithium et possède d'importantes réserves de nickel et de cobalt - des composants clés des batteries pour véhicules électriques.

"Sur le moyen terme, en fonction de la technologie choisie, la quantité de nickel par voiture électrique pourrait en moyenne passer de 20kg à 40-50kg d’ici 2025", a récemment déclaré Jim Lennon, directeur général de Red Door Research et consultant de la banque d’investissement australienne Macquarie.

Sources : Ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche ( BMBF )

Pour résumer

Berlin décidément à fond sur l'hydrogène. Une étude conjointe entre l'Allemagne et l'Australie va examiner la faisabilité d'une chaîne d'approvisionnement en hydrogène dit vert, indique ainsi le ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche ( BMBF ).

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